Bourse en ligne : dix conseils pour bien débuter

Nouveaux petits porteurs ? Découvrez ci-après dix conseils de Jérôme Krausz, expert Banque & Crédit chez JeChange en vue d'éviter les principaux écueils sur lesquels un particulier débutant en bourse peut s'échouer.

  • Publié le 18/02/2015 (mis à jour le 15/11/2018)
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Alors même que les rendements des produits les plus sécurisés, comme les livrets d'épargne et les fonds en euros des assurances-vie, affichent un taux de plus en plus modeste, la bonne santé insolente des marchés boursiers peut légitimement susciter l'intérêt des épargnants.

Investir en Bourse est désormais à la portée de tout le monde, et ce notamment grâce à la multiplication des banques et courtiers en ligne qui permettent d'investir sur toutes les grandes places de marché du monde en quelques clics seulement. Les quelques conseils énumérés ci-dessous, si vous les suivez rigoureusement, vous permettront d'éviter les erreurs de jeunesse trop souvent commises par les nouveaux petits porteurs.

Jérôme Krausz - Expert Banque & Crédit chez jechange
Jérôme Krausz - Expert Banque & Crédit chez jechange

Définir son profil d'investisseur

Jérôme Krausz : Tous les investisseurs en Bourse sont différents : certains cherchent simplement à obtenir une rémunération un peu meilleure pour leur épargne, tandis que d'autres sont prêts à prendre plus de risques pour viser des rendements élevés, supérieur à 7 ou 8 % par an. En fonction de son degré d'aversion au risque, un épargnant sélectionnera ainsi un nombre plus ou moins important de valeurs stables et peu volatiles.

Toutefois, même les boursicoteurs les plus prudents seront bien inspirés de réserver une ou deux lignes à des valeurs plus risquées et spéculatives, susceptibles de bonifier le rendement global du portefeuille.

Par ailleurs, et selon qu'il est dans une optique de rente (par exemple à l'aube de la retraite) ou qu'il cherche au contraire une valorisation de long terme, un particulier se tournera vers des titres assurant, ou non, le versement de dividendes.

Investir dans ce que l'on connaît

J. K. : L'une des règles d'or de la Bourse consiste à n'investir son argent que dans les titres et supports dont vous saisissez parfaitement le fonctionnement. C'est la raison pour laquelle les débutants, et même beaucoup d'investisseurs aguerris se cantonnent aux produits les plus simples, comme les actions et les « trackers » ou « ETF », qui peuvent se définir comme des paniers d'actions dont les cours sont indexés sur ceux des grands indices boursiers.

Tous les supports qui proposent de jouer sur l'effet de levier ou de parier sur l'avenir (warrants, turbos, futures, trading sur CFD...) sont, dans l'idéal, à réserver aux seuls professionnels des marchés.

De la diversification, mais pas d'éparpillement !

J. K. : Pour obtenir un portefeuille sain et équilibré, tout est affaire de proportions. Il est tout autant déconseillé de limiter vos investissements à une ou deux lignes (pour des raisons évidentes de surexposition) que de vous disperser en achetant une poignée de titres dans un grand nombre de sociétés. Pour bénéficier d'un bon niveau de diversification, dix à quinze lignes sont idéales et vous permettent, en outre, d'assurer efficacement le suivi des entreprises concernées.

Vous aurez soin de diversifier vos lignes en tenant compte du secteur d'activités de chaque entreprise (télécoms, santé et pharmaceutique, agroalimentaire, finance...) et de son implantation géographique (France, Europe, monde...). Avec un compte-titres, il peut notamment s'avérer très intéressant d'être investi partiellement dans des places étrangères et d'autres monnaies, comme le dollar américain ou le franc suisse.

Prendre garde à la liquidité des titres

J. K. : Au même titre qu'une grande maison invendable, le fait d'investir massivement dans une action très illiquide peut vous réserver bien des désagréments ! Avant d'engager vos économies, vérifiez donc que les échanges concernant le titre convoité affichent une certaine vitalité : le meilleur moyen d'éviter les problèmes reste de se cantonner aux capitalisations grandes ou moyennes, c'est-à-dire supérieures ou égale à 250 millions d'euros environ. Le nombre de titres échangés chaque jour, et le nombre de transactions, peuvent également vous fournir un indice précieux sur le degré de liquidité du titre que vous vous apprêtez à acheter.

Optimiser la fiscalité applicable

J. K. : À tout le moins pour la partie européenne du portefeuille (Union européenne et Espace économique européen), il est fortement recommandé aux résidents fiscaux français d'ouvrir un plan d'épargne en actions (PEA). Sous réserve de n'effectuer aucun retrait pendant au moins cinq ans, les plus-values et dividendes générés par vos placements seront exonérés de toute imposition, hormis les prélèvements sociaux habituels de 15,5 %. Soit un avantage considérable par rapport au compte-titres ordinaire (CTO), qui taxe désormais le premier euro de plus-value à votre taux marginal d'imposition.

On peut noter aussi l'attrait potentiel des fonds en unités de compte, qui permettent de bénéficier des performances de grands fonds boursiers au sein de l'enveloppe fiscale très protectrice de l'assurance-vie.

Juger un titre à son potentiel, et pas à son historique

J. K. : Nombreux sont ceux qui s'imaginent anticiper les évolutions futures d'un cours de Bourse en examinant ses performances passées, et des dizaines de livres se font fort de vous enseigner tous les secrets de l'analyse « technique » ou « graphique ». Il convient de rappeler que le prix d'une action est déterminé non pas par son historique, mais par les perspectives de gains futurs. Autrement dit, un titre anciennement coté très haut pourra parfaitement ne jamais revenir au même niveau si la situation de l'entreprise a évolué défavorablement (perte d'un marché important, d'un brevet...).

Achetez donc seulement les parts d'entreprises que vous estimez saines, prometteuses et légèrement sous-évaluées.

Conserver la tête froide, même en cas de tempête sur les marchés

J. K. : Corollaire du conseil précédent : si vous êtes confiant dans vos choix d'investissement, vous supporterez avec beaucoup plus de sérénité les tempêtes, crises et autres krachs qui secouent ponctuellement les marchés boursiers. Dans tous les cas, il est fortement déconseillé de céder vos titres au cœur de la panique et dans un contexte baissier : vous ne feriez que concrétiser vos pertes, là où vous auriez pu serrer les dents et attendre des jours meilleurs, qui ne manqueront pas d'arriver.

L'investissement en Bourse suppose donc une bonne dose de rigueur et de maturité, et il serait d'autant plus dommage de vous laisser influencer par une bourrasque passagère que vos objectifs sont normalement à long, voire très long terme (dix ans ou plus).

Investir progressivement pour lisser la performance

J. K. : Vous disposez soudainement d'une forte somme à placer, par exemple suite à un héritage ou au versement d'un bonus important ? Même si vous êtes convaincu que les cours sont sous-évalués, résistez à la tentation de tout investir en bloc, et optez plutôt pour des achats périodiques, répartis sur douze mois ou même davantage. Cette précaution vous évite notamment d'investir tout votre argent au moment où les marchés sont au plus haut, et tend donc à lisser la performance globale de votre portefeuille.

Éviter les transactions quotidiennes et le boursicotage

J. K. : Contrairement à une idée répandue, la meilleure technique pour gagner en Bourse ne consiste pas toujours à guetter les moindres soubresauts pour acheter et vendre à tour de bras, le doigt frénétiquement rivé sur sa souris. À moins d'être un trader averti, les transactions quotidiennes et la tendance au « boursicotage » sont à proscrire : vous échouerez la plupart du temps à faire mieux que le marché, et les frais de transaction facturés par votre courtier vont exploser !

Pour un particulier, la détention de titres à long terme ou à très long terme (stratégie dite « buy & hold ») se révèle généralement plus profitable... et beaucoup moins consommatrice de temps et d'énergie.

Conserver un bon équilibrage des lignes du portefeuille

J. K. : Avec le temps, certaines lignes de votre portefeuille vont enregistrer des plus-values parfois considérables, tandis que d'autres peuvent suivre une évolution inverse, au point qu'un déséquilibre peut vite se créer. Dès lors que l'une de vos lignes représente, à elle seule, plus de 20 % du capital investi, il convient de réagir sans tarder : vendez une partie des lignes prépondérantes et prenez vos bénéfices. Vous pourrez ensuite utilement les réinvestir dans les lignes qui ont le plus baissé... si bien sûr vous êtes toujours convaincu de leur viabilité à long terme.

Connaissez-vous les clubs d'investissement ?

Sachez qu'il existe au sein de la plupart des établissements bancaires des clubs d'investissement, dont les membres se réunissent régulièrement, en vue d'échanger expériences passées comme bons conseils. Renseignez-vous auprès de votre propre banque !

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