La séparation des activités des banques fait débat

François Hollande a promis de séparer les activités de banque de détail et celles de marché. Cette démarche suscite des réactions contrastées...

Afin de protéger les épargnants, le candidat Hollande a promis de construire une ligne de démarcation entre les activités de détail et les activités de marché que les banques peuvent mener conjointement. Et le président élu le 6 mai dernier semble décidé à tenir cet engagement… Une loi devrait être votée lors de la session extraordinaire du Parlement qui se tiendra du 3 juillet au 2 août prochain, si le scrutin confirme l'alternance droite/gauche.

Des réactions contrastées

Certains banquiers se félicitant de cette initiative alors que d'autres préféreraient temporiser. Interrogé le 23 mai sur Europe I, Frédéric Oudéa, président de la Fédération bancaire française (FBF) et PDG de la Société Générale, estime notamment que s'il est légitime que l'argent des épargnants ne soit pas mis en danger, l'organisation des banques doit être traitée au niveau de la Commission européenne afin que les enseignes tricolores ne pâtissent pas d'une distorsion prudentielle plus restrictive qu'ailleurs. Pour le patron de la FBF, préserver le modèle de « banque universelle diversifiée » est une nécessité.

Même son de cloche du coté de Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France (BdF), pour qui la nouvelle équipe gouvernementale doit « éviter la précipitation ». Selon le patron de la BdF, il serait notamment préjudiciable de jeter le haro sur l'activité de teneur de marché des banques. Cette dernière consiste à jouer un rôle d'intermédiaire dans les échanges de produits financiers ne s'effectuant pas sur les marchés régulés, comme par exemple avec les obligations. Supprimer ce rôle de  « market maker », affirme-t-il, poserait des problèmes au financement de l'Etat et de l'économie française.

Plus favorable à l'édification rapide d'une muraille de Chine entre activités bancaires pour compte propre et activités de détail, Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas, affirme pour sa part qu'une réforme est incontournable si les banques veulent redorer leur blason auprès des particuliers. Interrogé par le Monde, il rappelle qu'avec la règle Volcker les Etats-Unis ont interdit aux banques la spéculation pour compte propre avec l'argent des clients, et que de son coté, avec la réforme Vickers le Royaume-Uni a séparé banque de détail et activités de marché. Selon lui, il appartient maintenant à la France de se doter d'une réglementation adaptée à la protection de sa clientèle bancaire.

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