Forte hausse des tarifs bancaires en vue pour 2016

Face à un contexte défavorable, la majorité des établissements bancaires a annoncé d'importantes hausses tarifaires en 2016. Quels services bancaires sont concernés ? Certaines banques font-elles exception ?

hausse des frais bancaires en 2016
Outre le plafonnement légal des commissions d'intervention qu'elles peuvent prélever, les banques doivent faire face aux effets de la politique monétaire.

Restés assez discrets ces dernières années, les tarifs des services bancaires devraient à nouveau faire parler d'eux en 2016, avec la hausse annoncée du coût du service dans un grand nombre de réseaux.

Parmi les sujets qui fâchent le plus, les frais de tenue du compte ! La facturation de la tenue de compte continue à se généraliser et n'épargne désormais plus qu'une minorité de banques, principalement des jeunes filiales 100 % en ligne : encore faut-il cependant pouvoir montrer patte blanche et y héberger un revenu minimal !

Au-delà de la seule question du compte courant, l'augmentation des tarifs est plus générale et trahit, chez les grandes banques, la recherche de nouvelles ressources dans un contexte difficile pour l'équilibre de leurs comptes.

Tenue du compte courant : une facturation qui se généralise

Tous les grands réseaux bancaires devraient se convertir aux comptes courants payants dès l'année prochaine. Les dernières hésitations sont notamment de l'histoire ancienne chez BNP Paribas et la Société Générale. Ces deux grandes banques ont annoncé la fin de la gratuité de la tenue des comptes dès le 1er janvier 2016. Les frais de tenus de compte s'élèveront à 30 € par an pour la première, et à 24 € par an pour la seconde. Même s'il n'a pas fait encore connaître son propre tarif, le groupe LCL a lui aussi d'ores et déjà prévenu que les comptes bancaires seraient facturés aux clients dans le courant de l'année 2016.

Ce mouvement de plusieurs poids-lourds du secteur intervient quelques années après des décisions similaires prises dans les antennes régionales des grandes banques mutualistes ou décentralisées, comme le Crédit Mutuel ou la Caisse d'Épargne. La seule des 17 Caisses d'Épargne qui résistait encore à la facturation des comptes courants, à savoir la Caisse d'Île-de-France, mettra fin elle aussi à son particularisme dès l'année prochaine et réclamera 15 € par an à ses clients.

Une nouvelle source de revenus indispensable pour les banques

À l'opposé d'une époque pas si lointaine où les établissements bancaires cherchaient à dissimuler ou à minimiser leurs augmentations, notamment en majorant des services rarement utilisés ou en inventant de nouveaux tarifs un peu obscurs, les différents réseaux semblent assumer cette fois totalement la hausse des tarifs pour le consommateur. Quitte à adopter parfois une communication un peu maladroite et à expliquer, comme l'a fait récemment le directeur général de LCL Yves Nanquette, qu'un service gratuit n'est pas apprécié à sa juste valeur par les clients, et qu'il équivaut à une « négation du service »…

Au-delà de cette communication officielle, la facturation des comptes courants représente en réalité un enjeu vital pour de nombreuses banques, qui subissent un stress de plus en plus important pour assurer l'équilibre de leurs comptes. La loi sur la compétitivité du secteur bancaire du 26 juillet 2013 s'est attaquée aux « commissions d'intervention » prélevées par les banques pour toute opération sur un compte en découvert important. Ces frais ne peuvent désormais pas dépasser un plafond de 8 € par commission et de 80 € par mois : un soulagement pour de nombreux foyers dans le rouge, mais aussi un véritable manque à gagner pour les banques. Ces dernières subissent par ailleurs de plein fouet les effets de la politique monétaire et les taux d'intérêt très bas qui ont cours actuellement, engendrant par exemple une concurrence féroce entre établissements sur les rachats de crédits immobiliers.

Face à ce contexte défavorable, les banques ne manquent pas de souligner méthodiquement les charges qui pèsent sur elles afin de justifier la pression accentuée sur la clientèle. LCL insiste ainsi sur le montant important de ses investissements dans les services de banque digitale, tandis que BNP Paribas préfère mettre en avant les moyens supplémentaires alloués à la « lutte contre la fraude ».

Banques en ligne : la gratuité demeure, mais elle se mérite !

L'augmentation du coût global des banques traditionnelles pourrait accélérer le mouvement de conquête entrepris par les nouvelles banques en ligne, qui sont d'ailleurs pour la plupart des filiales directes des mêmes réseaux. BforBank est détenu par le Crédit Agricole, tandis que des acteurs majeurs comme Boursorama, Fortuneo ou Hello Bank! appartiennent respectivement à la Société Générale, au Crédit Mutuel et à BNP Paribas.

La majorité des banques en ligne s'abstiennent toujours de prélever des frais de tenue de compte. Elles cumulent bien souvent cette amabilité avec la gratuité de la carte bancaire, à vie ou pour plusieurs années. Reste que ces établissements exigent un minimum d'autonomie de la part du client et, surtout, elles n'acceptent pas n'importe qui ! Pour valider un dossier client, Fortuneo exige par exemple la domiciliation d'un revenu mensuel d'au moins 1 200 € ou le virement d'une épargne d'au moins 5 000 €. Même son de cloche chez Boursorama, BforBank ou encore chez la néerlandaise ING Direct, qui demandent toutes un revenu minimal à peu près équivalent au SMIC.

À noter l'exception de Monabanq, filiale du groupe Cofidis, qui n'impose aucune condition de revenus à ses nouveaux clients. Son pack « Tout Compris » incluant le compte courant, la carte bancaire et une quarantaine d'autres services est néanmoins facturé à hauteur de 2 € par mois.

À lire également : Quels services proposent les banques en ligne ?

Dans le détail, quels sont les services qui augmentent ?

D'après un tableau comparatif dressé par le quotidien économique Les Échos, la hausse généralisée des frais de tenue de compte devrait être compensée par une plus grande modération des hausses de tarifs de certains services bancaires annexes. Aucune grande banque ne modifiera les tarifs relatifs aux alertes par mail ou SMS, aux destructions de chéquiers ou encore au nombre de retraits mensuels gratuits dans les distributeurs automatiques de billets hors réseau.

On ne peut pas en dire autant des cartes bancaires à débit immédiat, qui progressent presque partout sauf chez LCL et à la Société Générale. BNP Paribas va désormais les facturer 44,50 € par an, et devient la plus chère ex-æquo avec la Société Générale. Le CIC, la Caisse d'Épargne Île-de-France ou la Banque Postale augmentent tous la cotisation carte bancaire, mais restent plus compétitifs en faisant payer respectivement 39 €, 39,50 € et 40 €.

Souvent présentée et appréciée comme la plus « low cost » des grandes banques françaises, la Banque Postale risque d'ailleurs de susciter le mécontentement d'un grand nombre de clients en 2016 avec une augmentation tous azimuts de ses tarifs. L'établissement, qui facturait déjà la tenue du compte courant pour un montant modeste de 4,20 € par an, fait grimper ce tarif de plus de 47 % et le fixe désormais à 6,20 € au 1er janvier. Si le compte en question est « inactif », les frais annuels précédemment fixés à 6 € passent quant à eux à 8 € par an. Enfin, et outre l'augmentation de la carte bancaire à débit immédiat évoquée plus haut, la Banque Postale est la seule à majorer aussi le coût de la carte à débit différé, qui passe à 44,50 € par an.

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