Fusion des activités d'ING en France

Forte de plus de 900.000 clients et d’un encours total estimé à 15 milliards d’euros, ING Direct appartient incontestablement au cercle restreint des banques en ligne qui comptent dans le paysage français. Le groupe ING vient d’annoncer la fusion de cette activité de banque en ligne avec son autre branche présente en France, dédiée à la banque commerciale d’entreprise. Les enjeux de cette réorganisation, effective depuis le 1er mai 2013, méritent d’être abordés en détail.

Une nouvelle organisation interne pour renouveler un modèle en péril

Le groupe hollandais ING était représenté en France par deux filiales distinctes : ING Direct, la plus connue, assure des services de banque en ligne et d'assurance auprès des particuliers. L'autre branche, la ING Commercial Banking France, fournit une activité de financement auprès des grandes entreprises françaises depuis près de trente ans. La fusion des deux branches se manifeste notamment par la nomination de Benoît Legrand, ex-directeur d'ING Direct, à la tête du nouvel ensemble. Il sera secondé par deux directeurs adjoints : Sophie Heller pour l'activité de banque en ligne, et Paul-Emmanuel Aerts pour la banque commerciale d'entreprise.

Jusqu'à présent, les fonds placés par les épargnants sur les fameux livrets ING Direct étaient investis par la banque sur les marchés monétaires. Problème : la performance de ces derniers a considérablement chuté au cours des derniers mois, ce qui aurait pu conduire la banque en ligne à ne plus proposer des taux d'intérêt aussi attractifs. Les entreprises clientes de la banque commerciale, parallèlement, continuent à exprimer de lourds besoins de financement, ce qui contraignait la filiale française à se fournir en devises auprès de la maison-mère.

Quels enjeux pour les entreprises et les épargnants ?

La fusion, déjà opérée dans d'autres pays européens comme l'Allemagne ou le Luxembourg, va désormais permettre le financement direct des entreprises clientes par l'épargne des particuliers. Une union qui a pour intérêt d' « utiliser l'argent déposé en France pour le réinvestir en France », selon les propres termes de Benoît Legrand. Et qui, accessoirement, pourrait sauvegarder la rentabilité financière du groupe.

Rappelons que la filiale commerciale d'ING en France finance pas moins de 2000 entreprises clientes, dont une centaine des 200 plus grands groupes français (Lafarge, Bouygues, Air France, GDF Suez…), pour un engagement total de 10 milliards d'euros selon la direction.

Du côté des petits épargnants, la mini-révolution interne d'ING devrait passer quasiment inaperçue, et ne pas se répercuter sur le rendement des super livrets de la banque. Cette circulation plus fluide des capitaux au sein du groupe devrait, toutefois, permettre à terme le lancement d'une activité de crédit immobilier pour les particuliers, comme l'a fait Boursorama en début d'année.

0 commentaire - Soyez le premier à réagir
  • (obligatoire)
  • (obligatoire)

Soyez le premier à noter !

Merci d'avoir pris le temps de nous noter

☆ ☆ ☆ ☆ ☆