Au moins un découvert par an pour 61 % des Français

Le découvert bancaire constitue une pratique en augmentation constante pour une part significative des ménages. Un mode de gestion du budget fort coûteux pour les Français mais qui représente une niche extrêmement rentable pour les banques ! Explications.

Découvert bancaire
61 % des Français déclarent avoir constaté un découvert bancaire sur leur compte principal au moins une fois au cours des douze derniers mois.

Se connecter à son compte bancaire et voir apparaître un montant négatif affiché en rouge : une mauvaise surprise pas si rare que ça pour de nombreux Français, à en croire une étude récente pour RTL et Le Parisien. Après avoir interrogé près de 70 000 personnes entre mai 2015 et avril 2016, l'enquête de Panorabanques révèle que le découvert bancaire s'invite au moins une fois par an chez plus de la moitié des particuliers, quand ce n'est pas tous les mois pour une minorité non négligeable…

En cause ? Le plus souvent des revenus insuffisants pour couvrir les besoins du quotidien, mais pas uniquement. Dans bon nombre de cas, en effet, l'étourderie et la négligence semblent aussi jouer un rôle déterminant.

Un Français sur quatre dans le rouge chaque mois

Le chiffre a de quoi surprendre par son ampleur : tous revenus et catégories sociales confondus, 61 % des personnes interrogées déclarent avoir constaté un découvert bancaire non autorisé sur leur compte courant au moins une fois au cours des douze mois précédents. Une part importante de la population semble même avoir des difficultés chroniques à assurer le quotidien. 25 % des sondés avouent ainsi dépasser la limite autorisée par leur banque tous les mois et plonger dans le rouge pour tenir jusqu'au mois suivant.

Pour rappel, le découvert s'assimile à un crédit : il s'agit d'une somme d'argent avancée automatiquement par la banque pour permettre à son client de faire face à ses obligations ou à une difficulté passagère de trésorerie, même lorsque son compte est vide. À charge pour lui de le faire revenir à un montant positif aussi vite que possible.

Le découvert est jugé indispensable par une large majorité…

À l'inverse du crédit renouvelable, qui peine à s'implanter dans les usages, le découvert bancaire est la solution plébiscitée par une grande majorité des Français pour régler des fins de mois difficiles. 68 % des Français interrogés souhaitent obtenir une autorisation de découvert dans le cadre de leur offre bancaire. Plus révélateur encore : parmi la part – minoritaire – des sondés ayant déclaré ne jamais être en découvert, 42 % veulent tout de même pouvoir en bénéficier au cas où.

Ces chiffres confirment des données rendues récemment publiques par la Banque de France, qui estimait l'encours total des découverts à 7,6 milliards d'euros à la fin du premier trimestre 2016 : un montant qui stagne depuis le record historique atteint au cours de l'été 2015 (7,65 milliards).

…et coûte pourtant très cher

Le découvert bancaire, malgré sa popularité apparente, est un « service » excessivement onéreux pour le portefeuille des clients concernés. On distingue le « découvert autorisé », accordé à un taux d'intérêt préférentiel – mais qui se monte au moins à 8 ou 10 % tout de même – dans la limite d'un certain plafond (par exemple -500 €, -1 000 €) , du « dépassement » non autorisé, à partir duquel les pénalités s'envolent. En effet, en plus du prélèvement d'agios, les commissions d'intervention, d'un montant de 8 € par incident de paiement et plafonnées à 80 € par mois, font notamment vite exploser les frais bancaires des plus mal lotis.

Au final, et malgré l'encadrement légal de plus en plus strict des frais liés à un compte à découvert, le coût moyen représenté par ce dernier continue de grimper. Il représentait 59,80 € par an et par client au début de l'année 2016, contre 59,70 € en 2015 et 58,90 € en 2014.

En cause : un manque de ressources ou… de vigilance !

Sans surprise, les foyers qui disposent des plus faibles revenus sont également les plus exposés au risque de découvert bancaire. 28 % des Français gagnant moins de 1 500 € par mois (salaire, allocations et autres revenus inclus) passent dans le rouge mensuellement. Ils ne sont que 16 % à connaître le même problème parmi ceux gagnant plus de 3 000 € par mois.

Les revenus n'expliquent pourtant pas tout. Entre deux personnes touchant le même revenu, un minimum de vigilance et d'anticipation semble faire une grande différence. 52 % des sondés touchant plus de 3 000 € par mois se laissent ainsi « piéger » par un découvert au moins une fois par an, vraisemblablement parce qu'ils n'ont pas fait attention ou n'ont pas vu venir un problème de trésorerie.

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