Bilan des livrets défiscalisés en 2012

Alors qu'une nouvelle baisse de la rémunération des livrets réglementés vient d'être annoncée par le ministère de l'Economie, les supports d'épargne concernés (livret A, mais aussi LDD, LEP et livret "jeune") ne se sont sans doute jamais aussi bien portés. Particulièrement appréciés des Français, les livrets défiscalisés ont affiché l'année dernière un niveau record de collecte. Retour sur une année riche en rebondissements, au cours de laquelle notre bon vieux livret A aura disputé à l'or son statut de valeur refuge.

Un placement accessible, simple et sans risque

Il faut bien admettre qu'indépendamment des soubresauts observés sur les marchés financiers, le livret A et ses différentes déclinaisons ne manquent pas d'arguments. Parmi les raisons de leur succès, les épargnants se montrent généralement sensibles à leur souplesse d'utilisation. Distribués par toutes les banques, éléments incontournables dans la panoplie de l'investisseur, les livrets défiscalisés constituent le produit d'appel privilégié des grands réseaux. Accessibles à partir de quelques euros seulement, ils autorisent ensuite des retraits sans pénalité, et le calcul des intérêts est effectué chaque quinzaine. Cette simplicité a érigé le livret A au rang de placement préféré des Français, à côté l'assurance-vie.

On en compte aujourd'hui plus de 60 millions, avec un solde moyen de 3 500 euros. Ces livrets sont devenus un placement largement populaire, au point qu'ils se substituent parfois à un compte bancaire classique pour les ménages les plus fragiles. Dans le même esprit, la persistance de la crise financière a largement nourri l'intérêt renouvelé des Français.

L'impact de la crise

Dans les premiers mois de l'année 2012, la crise financière a atteint son paroxysme sur fond de marasme budgétaire européen. Les investisseurs ont pu alors, non sans raisons, questionner la solvabilité de certains Etats, la viabilité de la monnaie unique et la bonne santé des banques. Les livrets réglementés, qui bénéficient d'une garantie renforcée, ont par conséquent été particulièrement recherchés.

Sur ce point, les textes sont formels : si les sommes déposées dans les établissements financiers sont assurées à hauteur de 100 000 euros par un fonds de garantie interbancaire, l'épargne placée sur les livrets est déposée à la CDC et donc garantie par l'Etat lui-même. Au-delà de ces aspects juridiques, le rendement offert, quoique modeste, n'aura finalement rien à envier aux autres classes d'actifs, dont la performance aura le plus souvent été négative en 2012.

Les décisions d'arbitrage des ménages ont donc largement profité aux livrets défiscalisés, au détriment de placements plus risqués comme les actions, ou même les fonds en euros de l'assurance-vie, dont le caractère sécuritaire a été mis en doute. A cela s'ajoutent l'alourdissement de la fiscalité sur l'épargne (à laquelle échappent toujours ces livrets) et le relèvement des plafonds (à 22 950 euros sur le livret A et 12 000 euros sur le LDD), qui ont suscité un nouvel appel d'air.

Dans ce contexte, les livrets défiscalisés semblent avoir encore de beaux jours devant eux, et la décision de Pierre Moscovici d'abaisser leur taux de rendement à 1,75 % (2,25 % pour le LEP) ne devrait affecter qu'à la marge l'engouement des Français, du moins dans un premier temps. En effet, le rapport Duquesne, remis en septembre, recommande d'adopter un mode d'indexation qui, calculé sur la croissance économique, pourrait se révéler moins favorable. L'avenir dira bien assez tôt si le feu d'artifice n'aura été qu'un feu de paille.

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