Le microcrédit : faut-il exiger des intérêts aux bénéficiaires ?

Christine Lagarde voulait une définition juridique du micro crédit. Ce vendredi 9 avril une réunion s'est tenue à ce sujet et les débats ont pris une tournure plutôt étonnante.

La ministre de l'économie c'est entretenu ce vendredi avec l'Adie et France Initiative, les deux acteurs principaux du microcrédit. Lors de la présentation des dispositions du projet de loi sur le crédit à la consommation Christine Lagarde avait émis le souhait d'établir une définition juridique du microcrédit.

Donnons-en tout d'abord une définition pure et simple : le microcrédit c'est un prêt d'un faible montant destinés aux petites entreprises et aux artisans pour qu'ils développent leur activité.

Deux philosophies

L'Adie et France Initiative sont les deux principaux réseaux de financement pour les créateurs d'entreprises. Ils visent toutefois un secteur différent, l'Adie finance plutôt les microprojets, avec des prêts moyens de 2 800 euros alors que France Initiative s'intéresse aux projets un peu plus important avec des prêts de 7 800 euros en moyenne.

Un débat s'est engagé entre les deux protagonistes aux façons de pensée quelques peu différentes. L'Adie veut facturer les intérêts pour équilibrer son budget. Le fait de percevoir des intérêts lui permettrait d'assurer son indépendance financière. France Initiative a un tout autre point de vue, du fait que l'argent prêté provient des finances publiques ils veulent miser sur l'honneur des emprunteurs.

Il y a quelques mois, l'inspection générale des finances a fait des propositions aux banques pour qu'elles s'engagent dans le microcrédit et ainsi tenter d'en tirer une définition juridique. Un rapport en a été tiré, il restreint le microcrédit à un "prêt à titre onéreux." La réaction de France Initiative ne s'est pas faite attendre, l'organisme signale d'ailleurs que "la commission européenne dans sa définition de 2007 ne parlait pas d'intérêts !" Comme le rapporte le site internet Rue 89.

Paradoxe

Mais le débat de fond renvoie à la définition même de l'entrepreneur... Est-il seul au pied du mur à devoir se battre pour avoir ce qu'il veut ? Ou, du fait qu'il crée des richesses collectives il serait logique de lui faire profiter des biens publics ? Le débat est lancé !

Vendredi la question n'était pas réglée mais une définition très restrictive du microcrédit semblait tirer son épingle du jeu selon Rue 89. Le site internet conclut en parlant du "paradoxe actuelle qui ne ferait que s'amplifier avec ces nouvelles règles." Il le résume d'ailleurs très bien par cette phrase : "l'Adie prête plutôt cher à des personnes en difficulté, alors que France Initiative prête gratuitement à des personnes qui n'ont pas de graves problèmes... juste des projets"... Affaire à suivre...

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