Le plan social va-t-il sauver Bouygues Telecom ?

Le P-DG de Bouygues Telecom assure qu'en supprimant 1 500 postes et en réalisant d'importantes économies sur les frais de gestion il parviendra à conserver l'indépendance de l'opérateur. Ses concurrents n'y croient guère, tout comme le ministre de l'Économie ne veut pas entendre parler de destruction d'emplois dans un secteur en croissance...

Le siège social de l'entreprise Bouygues Telecom

Bien malin qui peut prédire ce que sera l'avenir de Bouygues Telecom dans quelques mois. En difficulté financière, sous la pression du pouvoir politique, et sous celle de ses concurrents qui envisagent sérieusement de le dépecer, l'opérateur vit une période cruciale et agitée. Contre vents et marées il a jusqu'à présent refusé toutes les propositions d'achat qui lui ont été transmises. Il a par ailleurs très fortement réduit ses marges sur son activité fixe, et continue d'affirmer qu'il compte bien survivre à cette mauvaise passe sans lier d'alliance avec l'un de ses concurrents. Difficile pourtant de croire que l'avenir lui donnera raison.

17 % des effectifs supprimés

Pour l'instant, sa stratégie consiste à redonner de l'oxygène à sa trésorerie. Pour cela il va une fois de plus tailler dans ses effectifs. Il vient d'en informer officiellement les représentants des salariés au cours du comité d'entreprise extraordinaire qui s'est tenu hier mercredi 11 juin 2014. Ces derniers s'y attendaient. Au lieu des 2 000 suppressions d'emplois qui avaient été envisagées il y a quelques semaines, c'est au final 1 516 postes qui seront détruits sur les 9 000 que compte l'opérateur, soit pas moins de 17 % du personnel. C'est un coup dur pour ses employés qui il y a tout juste 2 ans vivaient une situation comparable à la suite de l'arrivée de Free dans le secteur de la téléphonie mobile. Les ventes de forfaits avaient alors plongé. Pire, en quelques mois il perdait 200 000 clients. Bouygues Telecom ne tarda pas alors à annoncer 550 départs.

300 millions d'euros d'économies par an

Cette fois encore une partie des suppressions de postes se fera sur la base du volontariat a affirmé Olivier Roussat qui a voulu rassurer ses employés. Le P-DG de Bouygues Telecom leur a en effet affirmé que sa stratégie consistait à remettre l'entreprise à flot et lui permettre de « continuer en solo ». Olivier Roussat défend par ailleurs une organisation durable du marché des télécoms autour de 4 opérateurs. Pas question pour lui donc de se rapprocher ou de se fondre dans l'un ou l'autre de ses concurrents. Pour parvenir à ses fins il mise sur une restructuration profonde qui permette à l'entreprise de « vivre avec des revenus par abonnés inférieurs à ceux d'avant 2012 ». Pour cela Bouygues Telecom devra abaisser ses coûts fixes, économiser 300 millions d'euros par an et continuer à investir.

Relancer les ventes avec des offres plus abordables

On le voit, l'opérateur cherche à convaincre ses employés comme l'ensemble de la profession qu'il n'est pas question de jeter l'éponge et qu'il compte bien rebondir. Son P-DG se projette dans l'avenir et déclare qu'il va accélérer le dégroupage ADSL, lancer une nouvelle box et proposer de nouvelles offres d'accès Internet par la fibre qui reposeront sur son propre réseau. Il est également convaincu que la nouvelle stratégie qui consiste à mettre à bas le modèle ancien appliqué aux offres triple play portera ses fruits. De nouvelles offres, toujours moins chères, sont annoncées pour la fin juin. Olivier Roussat demande par ailleurs à ses équipes de refondre totalement les offres de téléphonie mobile qu'il juge trop nombreuses et inadaptées pour la plupart au marché actuel. Leur nombre devrait passer de 70 à « une poignée », ce qui permettra de réaliser d'importantes économies sur les frais de gestion. Cette opération se fera selon lui au bénéfice des clients qui devraient disposer grâce à cette mesure d'abonnements surclassés.

Des destructions d'emplois qui font réagir Arnaud Montebourg

Cette vision optimiste de l'avenir de Bouygues Telecom n'a pas convaincu tout le monde, à commencer par les représentants syndicaux du personnel. Ils déclarent d'ores et déjà vouloir se battre afin que l'ensemble du personnel concerné par cette restructuration soit reclassé au sein du groupe Bouygues. Ce plan social fait également grincer des dents du côté de Bercy. Arnaud Montebourg voit en effet dans cette suppression de 1 516 emplois une stratégie qui permet à Bouygues Telecom de « valoriser des intérêts de court terme au détriment des intérêts de long terme ». Au cours d'un colloque organisé par le journal Les Échos il a dans la foulée affirmé qu'il n'acceptait pas un secteur en croissance où il y a des destructions d'emploi. Autrement dit, le ministre de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique défend encore et toujours sa vision d'un marché des télécommunications réduit à 3 acteurs. C'est aussi l'hypothèse la plus fréquemment évoquée par les observateurs qui pour certains voient dans l'attitude de Bouygues Telecom une manoeuvre qui consiste à faire monter les prix, tout en préparant en douceur les uns et les autres à la transition qui se profile à l'horizon.

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