Résultats en hausse et accélération de la « digitalisation » pour Société Générale

Fort des résultats positifs observés pour le troisième trimestre 2015, le groupe Société Générale a annoncé une accélération de la transformation de son modèle de banque de détail en France pour rester en phase avec la révolution numérique du secteur.

Bernardo Sanchez Incera
Selon Bernardo Sanchez Incera, directeur général délégué de Société Générale, les banques de détail doivent s'adapter à la transformation extrêmement rapide des comportements des clients à l'ère du numérique. (Source : Les Échos)

Suite à la publication de ses bons résultats trimestriels, le groupe Société Générale a annoncé une accélération de son « projet de rationalisation » du réseau bancaire axé sur la digitalisation de ses activités.

Annoncé comme un nouveau modèle relationnel plus adapté aux nouveaux comportements à l'ère du numérique, ce projet inclut la fermeture d'une importante proportion des agences du groupe, ce qui n'est pas sans inquiéter les associations syndicales.

Des résultats très positifs au T3 2015 pour Société Générale

Dans son bilan publié le 5 novembre dernier, Société Générale se félicite de l'obtention de « résultats solides » au troisième trimestre 2015. Avec un résultat net part du groupe de 1 126 millions d'euros, le groupe enregistre une progression de 27,7 % par rapport à la même période en 2014, portant le cumul sur les neuf premiers mois de l'année à 3 345 millions d'euros.

Le produit net bancaire est également en hausse de 2,1 % par rapport au troisième trimestre 2014. Atteignant 6 026 millions d'euros au T3 2015, le total enregistré depuis le début de l'année s'élève à 18 870 millions d'euros, soit une hausse de 5,2 % par rapport aux neuf premiers mois de l'année précédente. Les activités de banque de détail confirment par ailleurs leur « très bonne tenue » avec une progression de 4,2 % en France (hors effet PEL/CEL) et de 5 % à l'international au T3 2015 par rapport au T3 2014.

Enfin, Société Générale met en avant les excellents résultats de sa filiale de banque en ligne, Boursorama, dont la croissance s'accélère et dépasse les objectifs initiaux de conquête client. Ces ambitions commerciales ont donc fort logiquement été relevées : dorénavant, Boursorama vise plus de 2 millions de clients d'ici la fin 2020 contre 712 000 clients aujourd'hui.

Vers une dématérialisation des services bancaires

Attribuant ce succès à « une bonne performance commerciale et une maîtrise continue des coûts et des risques », le directeur général de Société Générale, Frédéric Oudéa, a profité de l'occasion pour annoncer une accélération du déploiement du nouveau modèle relationnel du groupe. « En phase avec la révolution digitale qui s'accélère dans le monde bancaire, nous avons décidé d'aller plus vite et plus loin dans la transformation de notre modèle de banque de détail en France » a-t-il déclaré.

Interviewé par le journal Les Échos, le directeur général délégué Bernardo Sanchez Incera insiste sur la nécessité de faire évoluer les modèles de distribution pour s'adapter à la transformation des comportements. Selon lui, le premier point de contact avec les clients étant désormais le mobile, « la proximité physique n'est plus aussi déterminante ». Le directeur général délégué annonce une augmentation du nombre d'automates permettant de traiter le retrait et le dépôt d'argent, et, pour l'accompagnement des clients, une orientation vers la gestion à distance via des centres d'appels, les réseaux sociaux et des services bancaires sur mobile. « L'agence gardera un rôle important mais ce ne sera plus la seule colonne vertébrale de notre relation avec les clients ».

Bientôt un partenariat de Boursorama avec Orange ?

À une question portant sur une éventuelle alliance de Boursorama pour le lancement d'une banque Orange en France, Bernardo Sanchez Incera affirme que la filiale banque en ligne de la Société Générale ne s'interdit rien en termes de partenariat.

Insistant à nouveau sur la nécessité de « s'adapter à un monde dans lequel les frontières traditionnelles entre les métiers bougent », il tempère toutefois ses propos en expliquant que « toute la question est ensuite de savoir comment on partage cette valeur supplémentaire ».

Une vive inquiétude du coté des syndicats

L'enthousiasme du groupe Société Générale qui a déjà annoncé un investissement de 1,5 milliard d'euros pour atteindre ces objectifs de modernisation n'est cependant pas partagé par tous les acteurs du secteur. Si l'annonce de la fermeture de 20 % de ses agences et de la suppression de 2 000 postes sur les cinq prochaines années a engendré un envol de la valeur boursière du groupe, les syndicats dénoncent une « logique purement financière ».

S'invitant à la réunion des directeurs du groupe qui s'est tenue le 20 octobre à Deauville, la CFDT de la Société Générale a exprimé son vif mécontentement face à un projet qui « met la charrue avant les bœufs en anticipant les suppressions de postes avant même d'avoir parlé de l'outil informatique et de la réorganisation du travail qui en découlera ». Selon Mathieu Pué, délégué national du mouvement, « que le client demande un service physiquement en agence ou par internet, la charge de travail reste la même et les suppressions de postes ne sont pas justifiées ».

Même si Société Générale a affirmé qu'elle s'appuiera principalement sur le non-renouvellement de postes lors de départs à la retraite, les syndicats craignent également des licenciements ou des mobilités forcées. Des craintes que la volonté « d'accompagner [les] salariés dans la mutation de leur métier, qu'elle soit fonctionnelle, géographique ou les deux » formulée par Bernardo Sanchez Incera n'apaisera probablement pas.

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