Augmentation des frais bancaires en 2015

Délai légal de préavis oblige, les nouvelles grilles tarifaires des grands réseaux bancaires pour l'année 2015 sont maintenant connues dans leur intégralité.

Vers une hausse des frais bancaires en 2015
Face à une recrudescence à venir des frais bancaires, les Français pourraient être nombreux à tenter l'aventure de la banque 100 % en ligne.

Entre la hausse discrète mais significative de certains services peu visibles, la baisse voire la gratuité de quelques rares prestations et des lignes de facturations entièrement inédites, l'Observatoire des tarifs bancaires aura fort à faire pour démêler les bonnes pratiques et les tendances plus inquiétantes !

Sans même parler des clients eux-mêmes, pour lesquels l'évolution très hétérogène des tarifs bancaires devrait rendre plus difficile encore les comparaisons et la mobilité interbancaire.

Dans la jungle des nouveaux tarifs bancaires, il est toutefois possible de souligner quelques tendances lourdes.

Des banques en quête de nouvelles marges financières

Les nombreux changements de tarification pratiqués par les banques au 1er janvier 2015 ne sont pas un effet du hasard. Les grands réseaux tiraient, jusqu'à récemment, des marges confortables des commissions d'intervention facturées pour toute opération sur les comptes bancaires allant au-delà du découvert autorisé.

À compter de 2014, ces commissions sont limitées par la loi à 8 € l'unité et à un total de 80 € par mois. Toutes les grandes banques se conforment désormais à cette obligation, et ont donc dû baisser leurs tarifs pour certaines.

D'autres facteurs, comme la gratuité totale du traitement des chèques, jouent sur la rentabilité globale des banques et les obligent donc à chercher de nouvelles sources de bénéfices.

Peu de mouvement sur les prestations de base

Les clients ne devraient pas constater une évolution significative concernant le coût mensuel ou annuel de leur pack de services, du moins lorsqu'ils se limitent à des prestations classiques. Les cartes bancaires internationales notamment, qu'elles soient à débit immédiat, à débit différé ou à autorisation systématique, marqueront une stagnation assez marquée dans leurs tarifs, à quelques exceptions près comme la Société Générale ou la Caisse d'Épargne Île-de-France. Par ailleurs les cartes haut de gamme, dont les Visa Premier et Platinum, marquent quant à elles une hausse moyenne importante.

Les retraits dans un distributeur de billets hors réseau, de même, restent inchangés dans la plupart des établissements. On citera tout de même le cas de la Banque Postale, qui facturera désormais 0,65 € à partir du cinquième retrait par mois et non plus à partir du sixième.

Virements et banque à distance : une gratuité de plus en plus généralisée

Autre motif de satisfaction, la plupart des banques semblent se résigner à ne plus facturer certains services devenus extrêmement banals, à commencer par la mise en place et l'exécution de virements ou prélèvements automatiques. En effet, et depuis le passage à la norme SEPA au 1er août 2014, la tendance est à la gratuité dès que l'opération est réalisée en ligne. En agence, un virement occasionnel extérieur et en zone euro continuera cependant à être facturé entre 3 et 5 €, selon les établissements.

La tendance est exactement la même pour le service de banque à distance. Cette prestation élémentaire, pour le CIC, passe par exemple de 2,90 € par mois à la totale gratuité en 2015. Seules quelques exceptions demeurent, comme la Banque Populaire Occitane, qui fait tout de même l'effort de passer ce service de 22,8 à 18 € par an.

Les banques se rattrapent sur les frais moins visibles...

Pour compenser le manque à gagner sur certains autres postes, les banques n'ont pas hésité à pratiquer des augmentations tous azimuts, selon la bonne vieille méthode du saupoudrage. En fonction des réseaux concernés, les hausses touchent entre autres les frais de transfert d'un PEL (notamment à la Banque Postale et au CIC), la location d'un coffre-fort (à la Société Générale), la gestion des successions, les opérations réalisées à l'étranger, les envois de chéquier à domicile, les frais de dossier des crédits immobiliers, les frais de retour d'un courrier en NPAI et bien d'autres services peu connus ou utilisés ponctuellement.

Au vu des arbitrages très différents réalisés par les grands réseaux, il est recommandé à chaque client d'examiner la façon dont évolue sa situation personnelle avec la plus grande attention.

...et se permettent même d'innover !

Plusieurs banques ont rajouté, sur leurs grilles, des lignes correspondant à des services qui n'existaient pas auparavant ou étaient réalisés en toute gratuité. La Caisse d'Épargne Île-de-France avise ainsi ses clients qu'elle leur facturera la somme de 7,50 € s'ils ne viennent pas retirer en agence, dans les deux mois, un chéquier commandé, ces frais étant destinés à la destruction de l'objet.

Par ailleurs la Banque Populaire Occitane se montre créative en proposant, pour 3 € par mois, de leur adresser un double relevé de comptes en ligne et en version papier. Sachant que ces deux modes de transmission, pris à part, sont l'un et l'autre gratuits...

Vers le grand retour des frais de tenue de compte ?

Devenus, pendant un temps, marginaux ou réservés aux comptes inactifs pendant plus d'un an, le retour en force des frais de tenue de compte constitue l'une des principales - et mauvaises - surprises de cette année pour les clients. Une nouvelle banque, la Société Générale, abandonne ainsi la gratuité en ce domaine et demandera 24 € par an à compter du 1er janvier 2016 : un tarif comparable à celui du CIC-Banque Populaire, et à la moyenne nationale de 23 € par an.

Le comité consultatif du secteur financier (CCSF) avait déjà eu l'occasion de souligner le retour de ces frais assez impopulaires, et indique qu'ils ont été facturés par 61 % des banques françaises en 2014, contre 32 % à peine en 2010. Une tendance qui pourrait inciter un nombre croissant de clients mécontents à tenter l'aventure de la banque 100 % en ligne.

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