Clients Banque Postale : vos frais vont bondir en 2017 !

La Banque Postale a fait parvenir à sa clientèle un exemplaire des frais bancaires applicables à compter du 1er janvier 2017. Ces derniers bondissent, qu'il s'agisse des tarifs réglementés comme des frais de tenue de compte.

Frais bancaires de la Banque Postale
Cette augmentation des frais s'inscrit dans un mouvement plus général de hausse des tarifs bancaires pratiqués par une large majorité de banques. (Crédit : AFP)

Largement anticipée par l'UFC-Que Choisir depuis le début de l'année, la hausse des tarifs bancaires se précise alors même que la plupart des grands établissements planchent sur leur prochaine grille tarifaire. Actuellement dans le collimateur : la Banque Postale, dont la brochure des tarifs 2017 vient de fuiter de façon prématurée.

À en croire les éléments rapportés, et confirmés à demi-mot par l'établissement, les clients de la Banque Postale doivent s'attendre à une hausse drastique des frais de tenue de compte mais aussi à quelques autres « surprises » au passage, comme une augmentation des commissions d'intervention et des pénalités pour compte inactif. La Banque Postale, cependant, reste globalement moins chère que ses concurrentes et ne fait que s'inscrire dans un mouvement général d'augmentation des tarifs bancaires.

Banque Postale : une hausse généralisée des tarifs réglementés…

Mauvaise nouvelle pour les clients régulièrement à découvert. À compter du 1er janvier 2017 et suite à un incident de paiement – en cas de dépassement du découvert autorisé –, les commissions d'intervention prélevées par la Banque Postale seront facturées à 6,90 € l'unité, soit une augmentation de 30 centimes par rapport au tarif précédent. Un nouveau plafond quotidien s'applique par ailleurs, avec un maximum de 20,70 € de commissions d'intervention par jour contre 19,80 € auparavant.

Un bon point cependant : le plafond mensuel de ces commissions connaît quant à lui une baisse significative et est ramené à 75,90 €, contre 79,20 € cette année. Dans tous les cas, la Banque Postale reste sous les plafonds légaux de 8 € par opération et 80 € par mois, déjà appliqués par de nombreuses banques concurrentes.

Au-delà, les frais pour compte bancaire inactif ou « dormant » connaissent eux aussi une envolée, nettement plus spectaculaire cette fois. Le tarif devrait en effet atteindre 15 € par compte inactif au 1er janvier 2017, soit une augmentation de 87,5 % par rapport aux 8 € facturés en 2016. Un compte bancaire inactif subira donc à la fois cette retenue de 15 € et les frais classiques de tenue de compte, eux aussi en hausse. À noter cependant, là aussi, que la Banque Postale se maintient bien en deçà du maximum légal autorisé pour ces frais de compte inactif, fixé à 30 € par an.

…et des frais de tenue de compte

Appliqués automatiquement tous les trimestres à chaque détenteur de compte courant, les frais de tenue de compte continuent leur progression chez la Banque Postale. Ils étaient encore de 4 € par an en 2014, puis ont atteint 4,20 € en 2015 et 6,20 € en 2016. En 2017, le montant devrait être porté instantanément à 12 € par compte (1 € par mois), soit une multiplication par trois en trois ans ! Ces frais, par ailleurs, devraient désormais faire l'objet d'un prélèvement annuel et non plus trimestriel.

Des changements sont enfin à prévoir du côté des frais engendrés par un retrait aux distributeurs de billets extérieurs au réseau Banque Postale. La gratuité ne s'appliquera plus que pour trois retraits par mois, contre quatre auparavant. Chaque retrait payant, cependant, continuera à vous être facturé à hauteur de 65 centimes d'euros, sans changement. Aucune évolution à craindre non plus, semble-t-il, concernant le coût des cartes bancaires.

Les banques en quête de nouvelles sources de revenus

Force est de reconnaître que cette fuite en avant tarifaire n'est pas du seul fait de la Banque Postale. Les désillusions des clients devraient se succéder à mesure que les autres grands réseaux feront connaître leur grille tarifaire 2017 d'ici à la fin de l'année. Les établissements bancaires sont en effet les victimes directes de la politique monétaire actuellement très accommodante de la Banque centrale européenne (BCE), laquelle n'impose rien de moins qu'un taux négatif (-0,4 %) pour toutes les liquidités déposées par les banques à son guichet.

La diminution générale des taux d'intérêt assèche les sources de revenus traditionnelles des banques, comme les crédits immobiliers et les placements sur les marchés financiers. En lieu et place, les établissements font donc preuve d'ingéniosité pour compenser le manque à gagner, et multiplient les frais prélevés sur leur clientèle.