Coronavirus : le point sur l’école à distance et le risque de saturation du réseau Internet

Les fournisseurs d’accès à Internet et les hébergeurs s’attendent à une forte augmentation du trafic Internet dans les jours à venir, sans que cela semble pour autant les inquiéter.

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Les mesures de confinement prises par le gouvernement afin d’endiguer la propagation de l’épidémie de covid-19 laissent présager une hausse importante des activités en ligne.

Que ce soit pour assister à une réunion de travail à distance, se connecter au dispositif « Ma classe à la maison » ou se divertir devant un film ou une série, le réseau risque d’être mis à contribution plus que de coutume.

Y’a-t-il pour autant un risque de surchauffe, de congestion ? On fait le point sur la question.

Records de débit en vue partout dans le monde

Difficile pour le moment de quantifier précisément l’augmentation du trafic à prévoir.

Pour avoir un ordre d’idée, en Italie, suite au confinement total, le directeur général de Telecom Italia a constaté une hausse du trafic Internet sur le réseau fixe de plus de 70%.

En France, rien de comparable à l’heure actuelle, mais un peu partout en Europe, des pics inhabituels de débit sont enregistrés sur plusieurs nœuds majeurs d’échange Internet, avec déjà quelques records du monde à la clef.

Pour le moment, les datacenters et les hébergeurs se veulent plutôt rassurants.

Depuis plusieurs jours, leurs équipes sont à pied d’œuvre pour anticiper les connexions massives et mettre en place des protocoles spéciaux afin d’éviter une congestion du réseau et des ralentissements trop importants.

Les principaux acteurs du numérique français semblent avoir pris la mesure de l’événement en consolidant l’architecture du réseau pour le préparer à résister au choc.

Internet à la maison, des ralentissements à prévoir ?

Du côté des fournisseurs d’accès, on se montre optimiste et préparé.

La montée en puissance des connexions Internet domestiques pendant les horaires de bureaux, à des fins de télétravail, pour télécharger les devoirs des enfants ou tuer le temps devant une série, ne devrait pas poser de problème particulier.

« Nous sommes bien dimensionnés pour le pic de connexion habituel en fin de journées et les week-ends. Il n’y aura donc aucun souci pour accueillir plus de connexions à d’autres moments de la journée » déclare en ce sens Jean-Paul Arzel, directeur réseau chez Bouygues Telecom.

Chez Orange, on estime aussi que les capacités actuelles du réseau sont largement en mesure d’absorber la hausse attendue du trafic, d’autant plus que le télétravail n’est pas si gourmand en bande passante.

« Nos réseaux savent supporter les événements à très forte audience, comme les matchs de foot à grande visibilité ou des séries comme Game of Thrones. La charge liée au télétravail est relativement modérée. Il n’y a pas d’inquiétude pour nos clients s’ils doivent télétravailler ou bien passer plus de temps à la maison et regarder davantage de contenus pendant la journée. »

Et SFR d’ajouter qu’il n’y a pas d’augmentation de trafic à proprement parlé mais plutôt un déport du lieu de travail vers le domicile.

Rien à craindre donc pour le moment. Vous devriez pouvoir profiter pleinement de vos services Internet pendant toute la durée du confinement.

L’Arcep, l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes, se veut également très rassurante sur la capacité du réseau français.

Il dispose en effet d’une importante marge de manœuvre et pourra absorber sans difficulté majeure l’augmentation ou le déport des connexions.

Qu’en est-il du dispositif « Ma Classe à la maison » ?

Administrée par le CNED, la plateforme « Ma classe à la maison » doit fournir du matériel pédagogique aux parents dont les enfants sont confinés avec eux à la maison, à raison de 3 ou 4 heures d’activité par jour.

Ce dispositif peut supporter actuellement près de 6 millions de connexions simultanées, une capacité certes importante mais qui ne correspond pas au nombre d’élèves total que compte le système éducatif français, soit plus de 12 millions de la primaire à la terminale.

Toutefois, dans le second degré, les élèves sont invités à privilégier les espaces numériques de travail habituels utilisés tout au long de l’année, comme Pronote, afin de suivre les cours de leurs propres enseignants.

À priori, ces élèves n’auront donc pas besoin de se connecter au site du CNED, ce qui devrait permettre aux écoliers du primaire de s’y connecter sans rencontrer de difficulté.

Enfin, si la connexion est trop lente, voire impossible, n’hésitez pas à essayer à autre moment de la journée.

Un commentaire sur “Coronavirus : le point sur l’école à distance et le risque de saturation du réseau Internet

  1. effectivement ! OK pour le télétravail ! mais le télétravail n’est pas forcément la panacée ! on doit considérer également que le télétravail comporte aussi des risques professionnels, amplifiés par l’éloignement et l’isolement … il faut également des mesures de prévention !

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