Pas de coupure de gaz à redouter cet hiver selon GRTgaz

Alors même que la première vague de froid de cette fin d'année vient de s'abattre sur la France, les spécialistes du marché du gaz naturel s'accordent pour juger très improbable le risque d'une coupure ou d'une pénurie cet hiver.

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Les calculs prévisionnels de GRTgaz incluent le nouveau terminal méthanier de Dunkerque/Loon-Plage qui permettra d'importer jusqu'à 13 milliards de m3 de GNL supplémentaires par an.

Dans son communiqué « Winter Outlook » en date du jeudi 19 novembre 2015, l'un des deux gestionnaires du réseau de transport de gaz, GRTgaz, se montre très rassurant et annonce un important excédent énergétique, même dans le pire des scénarios.

Pour le principal transporteur de gaz du pays, qui gère un imposant réseau de 32 150 kilomètres, l'hiver 2015-2016 sera également marqué par l'entrée en vigueur d'une nouvelle obligation européenne relative à l'équilibrage du système, mais aussi par des mesures de sécurité renforcées suite aux attentats parisiens.

Les besoins en gaz naturel sont assurés pour cet hiver

GRTgaz, filiale à 75 % du fournisseur historique Engie (ex-GDF Suez), a fait ses calculs et estime que les foyers français ne subiront aucune pénurie de gaz naturel au cours de l'hiver 2015-2016. Soit une situation satisfaisante et identique à celle qui s'était déjà présentée au cours de l'hiver précédent.

La consommation totale pour la « période de chauffe », de la mi-novembre à la fin du mois de mars, est estimée à un total de 222 TWh. Le pic de consommation est attendu comme d'habitude pour le mois de janvier si les températures sont conformes aux normales saisonnières : il pourrait atteindre jusqu'à 84,7 GWh selon le transporteur.

Les projections rassurantes de GRTgaz valent même dans l'hypothèse où le pays connaîtrait une vague de très grand froid, comme le pays n'en connaît qu'une à deux fois par siècle. La capacité totale du réseau s'élève pour cet hiver à 4 711 GWh, et une période de froid intense pousserait la consommation jusqu'à environ 4 066 GWh. Soit une marge d'erreur très confortable de 645 GWh.

Un renforcement des infrastructures gazières...

Même s'il n'entrera officiellement en service qu'au début de l'année 2016, le nouveau terminal méthanier de Dunkerque/Loon-Plage a été inclus dans les calculs prévisionnels de GRTgaz. Ses capacités sont estimées à 245 GWh, ce qui constitue donc un ajout précieux pour les infrastructures gazières du pays.

Le nouveau terminal méthanier est le résultat d'un projet copiloté par EDF, TOTAL et Fluxys, et a été raccordé au réseau de transport de GRTgaz la semaine dernière. Utilisé en synergie avec les terminaux méthaniers de Fos et de Montoir-de-Bretagne, il permettra d'importer désormais une plus grande quantité de gaz naturel liquéfié (GNL), soit 13 milliards de mètres cubes supplémentaire par an, puis de le regazéifier pour l'injecter dans le réseau national.

Le réseau de transport lui-même, enfin, a connu quelques améliorations ou extensions au cours des derniers mois, notamment en Picardie et dans l'est de la France.

...et une réduction des inégalités territoriales

La qualité des infrastructures de transport, mais aussi les tensions particulières qui secouent le marché international du gaz peuvent entraîner des écarts de tarifs importants entre les différentes zones tarifaires du gaz sur le territoire. Toutefois la situation apparaît plus saine qu'auparavant selon le communiqué de GRTgaz. Les améliorations apportées récemment au réseau permettent notamment d'exclure tout risque de congestion entre l'ouest et l'est du pays.

La différence de prix du kWh de gaz naturel entre le nord et le sud, par ailleurs, n'est plus que de 0,2 à 0,5 € en faveur de la zone nord, alors qu'elle pouvait atteindre jusqu'à 12 € il y a deux ou trois ans. Une amélioration que l'on doit surtout à la fin de la pénurie de GNL dans le sud de la France, qui avait été causée par les besoins accrus du Japon après la catastrophe de Fukushima.

Une obligation d'équilibre sur le réseau depuis le 1er octobre

Le marché du gaz naturel doit s'adapter à une nouvelle disposition communautaire entrée en vigueur le 1er octobre 2015. Environ 130 « expéditeurs d'équilibre » ont été recensés par GRTgaz. Ces producteurs, qui injectent le gaz sur le réseau de transport national, devront désormais s'assurer que ces émissions correspondent exactement à la quantité consommée par les clients finaux.

Il s'agit d'une évolution importante pour les professionnels par rapport à la situation antérieure, dans laquelle les producteurs envoyaient le gaz sans calculer précisément le volume nécessaire, à charge pour le transporteur de pallier un déficit ou de gérer un éventuel surplus. GRTgaz pourra toujours intervenir mais cela devrait devenir exceptionnel.

Vers un relèvement du niveau de sécurité de GRTgaz

Chacun peut saisir le caractère particulièrement sensible des installations françaises de gaz naturel. Aussi, et à la suite des attentats terroristes récemment commis en région parisienne, le directeur général de GRTgaz Thierry Trouvé a déjà annoncé la mise en œuvre de mesures de sécurité renforcées sur le réseau qui pourraient durer au moins tout l'hiver.

Ces mesures, adoptées à la demande des autorités, ne devraient malheureusement pas être sans incidence sur le tarif d'utilisation du réseau de transport. Cette contribution faisant partie intégrante de la facture finale adressée au consommateur, elle risque de contrarier la volonté de faire payer le gaz moins cher. GRTgaz a déjà annoncé que les nouvelles mesures de sécurité seront prises en compte dans le cadre des prochaines discussions menées avec la commission de régulation de l'énergie (CRE) pour la revalorisation du tarif dans les années à venir.

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