L'assurance représente plus de 10 % du budget auto des Français

Les chiffres relevés par l'Automobile Club Association (ACA) sont sans appel. Indépendamment du modèle du véhicule ou du kilométrage annuel, le montant moyen de la prime d'assurance auto a augmenté en 2015. Explications.

Photo Renault Clio
La prime d'assurance moyenne d'une Renault Clio essence, modèle le plus vendu par le constructeur français, est passée de 633 € en 2014 à 642 € en 2015. (Crédit : Renault)

L'Automobile Club Association (ACA), comme chaque année, a publié récemment son étude relative aux dépenses moyennes consenties par les Français pour leurs véhicules personnels. Et les bonnes surprises ne manquent pas à la lecture du document, qui relève notamment plusieurs centaines d'euros d'économies sur certains modèles comme la 308 diesel grâce notamment à la diminution des prix du carburant. L'assurance auto, à l'inverse, continue à représenter une part toujours plus importante du budget des conducteurs, à la fois en proportion et en valeur absolue. Un phénomène lié en grande partie à l'augmentation des coûts divers supportés par les assureurs, mais aussi au poids croissant des taxes.

L'assurance : un poids de plus en plus lourd dans le budget auto

Les chiffres obtenus par l'ACA auprès des assureurs sont sans appel : la dernière étude de l'Automobile Club Association, publiée le 18 mai, pointe en 2015 une augmentation nette de la prime d'assurance auto payée par le conducteur français moyen. Pour se prémunir des conséquences d'un sinistre sur la route, les automobilistes doivent désormais consacrer à leur assurance 10,9 % de leur budget auto, soit une augmentation de plus de 1 % en seulement un an.

Il pourrait être tentant d'expliquer cette augmentation du poids relatif de l'assurance dans le budget auto par une baisse des autres postes de dépenses, et notamment du carburant. L'analyse plus détaillée des budgets des cinq modèles de véhicules sélectionnés pour l'étude prouve, cependant, qu'il n'en est rien : la prime d'assurance augmente bel et bien en valeur absolue, même si cette évolution reste modérée.

  • L'assurance auto moyenne d'une Clio essence passe de 633 € en 2014 à 642 € en 2015, soit une augmentation de 1,4 %.
  • Pour une Clio diesel, la tendance est comparable avec une prime qui passe de 669 à 678 € (+1,3 %).
  • L'assurance d'une 308 diesel s'est élevée en moyenne à 785 € en 2015, contre 774 € en 2014 (+ 1,4 %).
  • Pour une Dacia Logan diesel, il fallait compter 621 € en 2015, soit 9 € de plus que l'année précédente (+1,5 %).
  • La Toyota Prius hybride, enfin, a entraîné en 2015 le paiement d'une prime moyenne de 908 €, contre 895 € en 2014 (+1,5 %).

Comment expliquer cette évolution ?

De nombreux facteurs se conjuguent actuellement pour favoriser l'augmentation du prix de l'assurance auto en 2015, et ont été rappelés après la parution de l'étude par Céline Genzwurker-Kastner, directrice juridique de l'ACA. L'« accidentalité en progrès », dûment constatée par les chiffres de la sécurité routière, implique tout d'abord que les assureurs ont dû faire face à un nombre plus élevé d'indemnisations et de sinistres.

L'indemnisation des préjudices corporels, sans surprise, coûte de plus en plus cher en raison de l'« accroissement des coûts médicaux », qui constitue une constante depuis plusieurs décennies. Toutefois même les simples accidents matériels ont désormais tendance à devenir des gouffres financiers pour les assureurs en raison de la « complexification des véhicules à réparer », souvent bardés de systèmes informatiques. D'autres augmentations comme celles du coût de la main d'œuvre, du prix des pièces de rechange et des frais de remise en peinture des carrosseries ont aussi une influence défavorable sur les tarifs pratiqués par les assureurs auto. Notons enfin l'impact négatif d'une réforme de la fiscalité de l'assurance auto, qui a fait grimper l'ensemble des contrats de 2 € supplémentaires en 2015.

Le contexte d'« inflation zéro » traversé par l'économie nationale en 2015 n'a pas arrangé les choses, et a fait que l'augmentation des assurances auto, d'un niveau pourtant assez classique, a été ressentie plus durement que d'habitude par les Français.

Les gros rouleurs favorisés

L'étude de l'ACA, pour éviter les biais d'analyse causés par des différences de kilométrage annuel, a fait volontairement la distinction entre trois modèles d'assurance « petits rouleurs » (avec une hypothèse retenue de 8 344 km parcourus pour la Clio essence, la Clio diesel et la Logan diesel) et deux modèles de « gros rouleurs » (15 430 km retenus pour la 308 diesel et la Toyota Prius).

Cette méthode permet de souligner, assez logiquement, que l'assurance auto représente une part un peu moins élevée du budget pour les gros rouleurs. La prime s'élève par exemple à « seulement » 9,9 % du budget consacré à la 308 diesel. La Dacia Logan, à l'inverse, remporte la palme de l'assurance la plus lourde avec 13,1 % du budget global : les conducteurs occasionnels, de fait, amortissent moins bien le coût de leur assurance en raison du faible nombre de kilomètres parcourus à l'année.

D'importantes disparités régionales

L'étude 2016 confirme que des disparités significatives subsistent entre les différentes régions françaises pour qui veut assurer son automobile. Dans le cas d'un véhicule essence, la région la plus chère est ainsi Provence-Alpes-Côte d'Azur, où la moyenne constatée est de 726 €. Rien à voir donc avec les conducteurs du Limousin, qui n'ont à débourser que 550 € par an pour le même niveau de protection ! L'Île-de-France (643 €), Rhône-Alpes (681 €) et le Nord-Pas-de-Calais (656 €) offrent quant à elles des tarifications intermédiaires.