Contrats d'assurance-vie : dix astuces pour mieux les comparer

  • Publié le 12/11/2012
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La souscription d’un contrat d’assurance-vie est à la portée de tout le monde, mais son optimisation demande de maîtriser un certain nombre de règles et, surtout, d’éviter certaines erreurs malheureusement trop communes. Les dix astuces ou bons conseils de Jérôme Krausz, expert Banque & Crédit chez JeChange.fr, devraient vous mettre à l’abri de la plupart des erreurs les plus fréquemment commises.

Jérôme Krausz - Expert Banque & Crédit chez JeChange.fr
Jérôme Krausz - Expert Banque & Crédit chez JeChange.fr

Avant de signer, vérifiez tous les frais du contrat…

Tout contrat se traduit par la facturation de frais sur l'assurance-vie, et il est important de tous les connaître avant de s'engager. Un bon contrat, de nos jours, ne saurait prélever plus de 3 % sur les versements effectués par l'assuré (les « frais d'entrée »). Les frais de gestion, quant à eux, sont les plus lourds sur le long terme puisqu'ils sont dus chaque année : on considère généralement qu'une assurance-vie est bon marché lorsque ses frais de gestion sont inférieurs ou égaux à 0,60 % par an, pour un fonds en euros ; à 0,90 % pour un fonds en unités de compte. Il est facile, enfin, de trouver des contrats proposant la gratuité des frais d'arbitrage, comme c'est le cas par exemple pour une majorité d'offres commercialisées par les établissements bancaires en ligne.

…ainsi que l'historique de ses performances

De nombreux assureurs attirent des nouveaux clients en leur faisant miroiter un taux minimal garanti (TMG) sur leurs fonds en euros pour l'année en cours (3 %, par exemple). Ces offres sont bien sûr bonnes à prendre, à la condition toutefois que le fonds présente en outre de bonnes performances sur cinq ou dix ans, ce qui constitue votre horizon réel d'investissement. En d'autres termes, il est important de ne pas céder à une campagne promotionnelle et de vous engager dans l'aventure de l'assurance-vie avec un contrat médiocre. Prenez le temps de comparer chaque formule dans le détail, en consultant au besoin des comparatifs d'assurances-vie.

Ouvrez plusieurs contrats, le plus tôt possible

Le bon sens consiste à ouvrir plusieurs contrats d'assurance-vie auprès de différents assureurs (un minimum de deux ou trois est à conseiller), cela afin de diversifier vos risques et lisser le rendement de votre épargne entre plusieurs fonds. Cela vous préservera partiellement, par ailleurs, des conséquences dommageables liées à la défaillance de l'un des assureurs : les fonds investis ne bénéficient d'une garantie publique qu'à hauteur de 75 000 € par assureur. Réalisez ces formalités le plus tôt possible, même si vous n'avez pas les moyens d'alimenter régulièrement ces contrats pour l'instant. En «  prenant date » dès maintenant, vous vous ménagez en effet de très bons supports d'investissement défiscalisés pour l'avenir : la fiscalité de l'assurance-vie est d'autant plus avantageuse que l'horloge fiscale tourne.

Soignez la rédaction de la clause bénéficiaire…

Renseignez-vous abondamment sur la question de la clause bénéficiaire de l'assurance-vie, car la qualité de sa rédaction est primordiale si vous souhaitez que la bonne personne hérite de votre épargne à votre décès. Vous aurez soin de désigner plusieurs bénéficiaires par ordre de priorité (premier rang, puis à défaut deuxième, troisième rang…), par leur statut ou par leur nom (« mon conjoint » ou « mon partenaire pacsé » ou « M. Untel »). À noter la possibilité de déposer le nom du ou des bénéficiaires directement auprès du notaire de famille, qui se chargera alors de mener la transmission à son terme en cas de décès de l'assuré.

…et modifiez-la aussi souvent que nécessaire

La modification de la clause bénéficiaire, dans les termes de votre contrat, est entièrement gratuite et il ne faut donc pas hésiter à y recourir dès que le besoin s'en fait sentir. Ce sera le cas par exemple si l'un de vos enfants décède avant vous et que vous souhaitez transmettre sa part à ses propres descendants : la représentation des petits-enfants, en effet, ne se présume pas. Dans tous les cas, il est recommandé d'éviter certains termes pouvant prêter à confusion, comme « ayants-droits » ou encore le verbe « léguer », qui suppose une réintégration du capital épargné dans l'actif successoral (avec taxation au taux standard).

Diversifiez vos versements

Les fonds en euros, en 2014, affichent à nouveau une baisse moyenne de l'ordre de 0,5 %. Pour préserver la rentabilité de votre contrat sans prendre des risques inconsidérés, il est conseillé d'investir 30 à 50 % des versements dans des fonds en unités de compte, du moins en début de vie du contrat. Une fois que le contrat et l'assuré lui-même auront gagné en ancienneté, une rentabilité plus faible mais plus sécurisée pourra être obtenue en arbitrant une plus grande partie du capital vers les fonds en euros.

Prenez du recul face aux fluctuations du marché

L'investissement dans des unités de compte suppose que la valeur des parts va connaître une certaine volatilité à la hausse ou à la baisse, et il convient de s'y préparer mentalement. À défaut, le risque est de céder à la panique et de tout revendre au moment le moins opportun, ce qui vous empêchera de bénéficier ensuite de la remontée des cours, qui surviendra inévitablement ! N'oubliez pas que l'assurance-vie est un placement de long terme et que les soubresauts quotidiens des marchés ne doivent pas vous effrayer. À ce titre, l'option « stop loss » (arrêt automatique des pertes), proposée par certains assureurs, peut s'avérer plus nuisible que réellement utile.

Planifiez vos rachats pour minimiser l'impact fiscal

Dès lors que votre foyer est imposable, l'idéal consiste à n'effectuer aucun rachat avant les huit ans du contrat. Même au-delà, il est recommandé de ne pas racheter l'intégralité du capital en une seule fois : vous pourrez ainsi profiter à plusieurs reprises de l'abattement annuel total sur les plus-values de 4 600 € pour une personne seule ou de 9 200 € pour un couple. Dans tous les cas, pensez à préciser à votre assureur le mode d'imposition choisi (c'est-à-dire le prélèvement forfaitaire, qui sera le plus souvent la meilleure solution). À défaut, c'est votre taux marginal d'imposition qui sera appliqué !

Conservez vos plus vieux contrats

Vous avez souscrit un contrat d'assurance-vie avant novembre 1991 ou, mieux encore, avant 1983 ? Ces très vieux contrats sont associés à des avantages devenus hors-norme, notamment en ce qui concerne la défiscalisation de la succession, encore plus favorable qu'aujourd'hui. Il est donc conseillé de conserver ces supports, et même au besoin de les garnir davantage pour optimiser la transmission de votre patrimoine à vos descendants. À l'inverse, et si vous souhaitez réaliser de nouveaux versements sur une assurance-vie au-delà de 70 ans, sachez que le cadre fiscal relatif aux droits de mutation sera moins favorable pour les bénéficiaires du contrat en question. 

Mesurez les conséquences d'une sortie en rente

Arrivée à maturité au bout de huit ans, une assurance-vie peut être transformée à la demande de son propriétaire en une rente viagère perpétuelle, qui lui sera versée jusqu'à sa mort et selon une fiscalité plus ou moins favorable en fonction de l'âge du rentier lorsqu'il commence à la percevoir. Même devenu virtuellement inaccessible, le capital à l'origine de la rente continue à être pris en compte dans l'assiette de l'impôt sur la fortune (ISF). Les personnes qui sont soumises à cet impôt doivent donc éviter autant que possible une sortie en rente.

Connaissez-vous l'avance ?

En cas de besoin pressant d'argent, procéder à une avance en lieu et place d'un rachat total de votre capital peut être une solution bien plus avantageuse : une avance consiste en effet à ce que votre assureur vous accorde un prêt dont le montant ne peut excéder un pourcentage de l'épargne, généralement compris entre 60 et 80 % de la valeur du contrat. Dans le même temps, votre assurance-vie continue à générer normalement des intérêts. Pensez-y !
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