Free Mobile à la conquête de l’Amérique

Free s'est porté acquéreur du quatrième opérateur de téléphonie mobile américain T-Mobile US. Pour en prendre le contrôle, et détenir 56,6 % de son capital, sa maison-mère est prête à verser 15 milliards de dollars…

Voilà qui n'a pas fini de faire couler de l'encre. Free part à la conquête du marché américain. Iliad, sa maison-mère, vient en effet d'annoncer au travers d'un communiqué de presse que le groupe confirmait son intérêt pour l'un des opérateurs de téléphonie mobile américains, à savoir T-Mobile US.

Prise de contrôle du quatrième opérateur américain

Qu'est-ce qui a bien pu piquer Xavier Niel, pour le pousser à se lancer dans une telle aventure ? La perspective de réaliser une bonne opération financière et stratégique, à coup sûr. En effet si Free n'est que l'un des 140 opérateurs télécoms européens à se partager les 500 millions de clients établis sur le Vieux Continent, en s'implantant outre-Atlantique il deviendra l'un des quatre grands acteurs d'un marché rassemblant à lui seul 320 millions de consommateurs.

Un autre prétendant sur les rangs

Il n'est pas le premier à s'être laissé séduire par une telle perspective. L'opérateur historique allemand, Deutsche Telekom, en a fait autant il y a une dizaine d'années. Il détient à ce jour 67 % des parts du même T-Mobile US. Par ailleurs il n'est pas le seul sur les rangs. Sprint, le troisième des quatre grands opérateurs américains, derrière Verizon et AT&T, se disait lui aussi intéressé par l'acquisition de la filiale américaine de Deutsche Telekom. En juin dernier il proposait à ce dernier de lui acheter ses parts pour 32 milliards de dollars.

Mais comme le souligne Free, un dossier déposé par un opérateur européen a plus de chances d'être validé par le régulateur du marché américain. Aucun problème d'entrave à la concurrence ne viendrait en effet chatouiller ce dernier en pareil cas.

Une bonne opération pour les actionnaires américains

Pour prendre le contrôle de T-Mobile US Free a mis sur la table 15 milliards de dollars (11 milliards d'euros) en numéraire. Il compte ainsi acquérir 56,6 % du capital. Cela revient à payer 33 $ l'action, et permet aux actionnaires qui conserveront les 43,4 % restants de bénéficier d'une synergie qui portera l'action T-Mobile US à 32,6 $, soit une prime de 42 % par rapport à la valeur actuelle de l'action estimée à 25,4 $.

Free a les moyens de ses ambitions

Pour financer cette acquisition la maison-mère de Free s'appuie sur un montage financier au coeur duquel se trouve une holding dont elle détiendra 100 % du capital. Cette dernière empruntera la somme de 5 milliards d'euros. Iliad apportera les 6 milliards manquants en versant 2 milliards sur ses fonds propres et en empruntant 4 milliards d'euros.

Cela n'empêchera pas le groupe de continuer ses investissements sur le marché français assure-t-il. C'est crédible, l'opérateur fait partie des moins endettés d'Europe. Sa dette ne représente que 0,7 fois son Ebitda (bénéfice avant intérêts). Cette précision n'a pas suffi cependant à rassurer les marchés. L'annonce de cette probable acquisition a fait chuter son cours en bourse. À l'ouverture, le titre a connu son plus-bas à moins 10 %.

L'ancienne ministre déléguée à l'Économie numérique est en revanche nettement plus enthousiaste. Immédiatement après la publication du communiqué de presse Fleur Pellerin tweetait « Bravo à Xavier Niel qui incarne l'esprit de conquête dont nous avons besoin ! ».

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