Une technologie neutre, un usage qui ne l'est pas

L'IPTV désigne la télévision distribuée par internet, celle qui arrive par la box plutôt que par l'antenne ou la parabole. Le régulateur écrit noir sur blanc que « l'IPTV n'est pas illégale en soi. Comme d'autres technologies, elle est neutre ». Netflix, Prime Video et myCanal reposent exactement sur la même technique, en toute légalité, comme le rappelle notre guide sur la télévision par internet.

La bascule tient à une seule condition, et elle n'a rien de technique. Une offre devient illicite quand les contenus sont diffusés sans l'autorisation des titulaires de droits, quel que soit le tuyau emprunté. Un service de vidéo à la demande parfaitement légal et un service pirate se ressemblent à l'écran. Cette confusion est précisément ce que les revendeurs entretiennent au moment de la vente.

L'Arcom liste six signaux qui trahissent une offre sans autorisation, tous visibles avant le moindre paiement.

  • Des publicités intempestives, qui s'ouvrent seules pendant la navigation ou pendant la lecture d'un programme.
  • Un catalogue extrêmement large, sans rapport avec ce qu'un diffuseur peut détenir en droits sur un même territoire.
  • Des films encore à l'affiche en salles, alors que leur exploitation par abonnement intervient bien plus tard.
  • Un paiement qui n'offre aucune sécurité, sans les garanties d'un site de commerce en ligne déclaré.
  • Une qualité de contenus médiocre, avec des coupures et des définitions très inférieures à celles annoncées.
  • Le logo d'une chaîne étrangère incrusté dans l'image, signe que le flux a été repris ailleurs et redistribué.

Le régulateur énumère aussi ce que ces services font courir à leurs clients. Virus, vol d'informations confidentielles et attaques informatiques malveillantes figurent dans la liste officielle, au même rang que le risque juridique. Un paiement sans sécurité expose d'abord la carte, et notre page sur la fraude à la carte bancaire précise ce que la banque doit rembourser.

Le piratage recule partout, sauf sur l'IPTV

Le bilan annuel de l'Arcom, publié le 23 mars 2026, décrit un piratage en repli net. La consommation illicite de contenus culturels et sportifs a reculé de 34 % entre 2021 et 2025. Elle concerne encore 14 % de la population internaute, soit environ 7,7 millions de personnes, du film au match de Ligue 1+.

La demande de blocage, elle, se déplace. La part des saisines de l'Arcom visant l'IPTV est passée de 6 % en 2023 à 40 % sur les trois premiers trimestres 2025. L'étape intermédiaire, en 2024, était de 28 %. Les 391 noms de domaine d'IPTV bloqués pèsent encore peu dans le total des blocages. La courbe des saisines, elle, dit où se porte l'effort des ayants droit.

0122435472023 : 6 %620232024 : 28 %2820243 premiers trimestres|2025 : 40 %403 premiers trimestres2025
Part des saisines adressées à l'Arcom qui visent une offre d'IPTV, en pourcentage du total des demandes de blocage. Source : bilan de l'Arcom sur le piratage en 2025, publié le 23 mars 2026.La demande de blocage se déplace vers l'IPTV plus vite que le reste du piratage ne recule.

Le décompte reste dominé par le sport. 12 606 noms de domaine de services sportifs ont été bloqués depuis 2022, dont 6 496 pour la seule année 2025. La hausse atteint 71 % sur un an. Les sites miroirs suivent la même pente, avec 2 583 blocages depuis 2022 dont 1 154 en 2025, en hausse de 37 %. Les chaînes de sport comme beIN Sports sont au cœur de ces saisines.

Deux mesures coexistent, issues de deux publications distinctes du même régulateur, et elles ne se cumulent pas. Les 11 % portent sur le seul recours à une IPTV illicite, les 14 % sur la consommation illicite tous contenus confondus. Leur proximité suffit à situer la place prise par l'IPTV dans un piratage qui, par ailleurs, se vide.

Deux mesures de l'Arcom, deux publications différentes
Ce qui est mesuré Le chiffre La publication
Internautes qui déclarent utiliser une offre d'IPTV sans autorisation11 %Page du 28 avril 2026
Parmi eux, ceux qui ont commencé depuis moins de trois ansDeux tiersPage du 28 avril 2026
Internautes concernés par une consommation illicite, tous contenus confondus14 %, soit environ 7,7 millions de personnesBilan du 23 mars 2026
Évolution de cette consommation illicite entre 2021 et 2025En baisse de 34 %Bilan du 23 mars 2026
Manque à gagner annuel pour les secteurs culturels et sportifs1,5 milliard d'euros, dont 300 millions pour le sportBilan du 23 mars 2026
La télévision par internet : box, décodeurs et bouquets Comment la télévision arrive par la box, ce que contiennent les bouquets inclus dans une offre et ce qu'il faut ajouter pour recevoir le sport.

Le foyer qui paie finance seul les droits

Ce déplacement a un coût, et le régulateur le chiffre. Le manque à gagner est estimé à 1,5 milliard d'euros pour l'ensemble des secteurs culturels et sportifs, dont 300 millions d'euros pour le seul sport. Ce montant ne s'évapore pas : il pèse sur l'économie des droits, celle que financent les abonnés restés dans le circuit légal.

L'addition légale, elle, se compare poste par poste. Notre article sur l'addition réelle pour suivre tout le foot cette saison détaille ce que coûte une saison complète. Celui consacré au modèle économique du streaming explique où part cet argent. La voie légale n'est pas un bloc unique mais un assemblage que chaque foyer ajuste, et c'est précisément ce que la comparaison permet de faire.

Le poste télévision est celui qui bouge le plus vite quand la box change. Une offre renégociée au bon moment absorbe une partie de ce que coûtent les droits sportifs. Notre article sur les offres qui incluent Netflix ou Disney+ mesure l'écart entre deux formules voisines.

Top 3 des box avec Netflix ou Disney+ gratuit ou en réduction au meilleur rapport débit-prix en octobre 2026

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8 Gb/s Fibre TV incluse Sans engagement
Selectra Score B

Vérifié 07/10/2026

45,99€/mois

Prix stable, sans hausse programmée
3
LIVEBOX MAX FIBRE 2,4 /5 · 20 235 avis
8 Gb/s Fibre TV incluse Engagement 12 mois
Selectra Score B

Vérifié 07/10/2026

47,99€/mois

−120 € économisés la 1ʳᵉ année

Puis 57,99 €/mois après 1 an

SFR BOX SFR FIBRE POWER 3,8 /5
2 Gb/s Fibre TV incluse Engagement 12 mois
Selectra Score B

36,99€/mois

Prix stable, sans hausse programmée
SFR BOX SFR FIBRE PREMIUM 3,8 /5
8 Gb/s Fibre TV incluse Sans engagement
Selectra Score B

45,99€/mois

Prix stable, sans hausse programmée
Orange LIVEBOX MAX FIBRE 2,4 /5
8 Gb/s Fibre TV incluse Engagement 12 mois
Selectra Score B

47,99€/mois

−120 € économisés la 1ʳᵉ année

Puis 57,99 €/mois après 1 an

Sélection non exhaustive, mise à jour en continu via le comparateur Selectra. Les économies affichées correspondent à la première année, par rapport au prix hors promotion de l'offre.

Le signe  et le numéro indiquent une offre suivie par nos conseillers. Les numéros affichés sont non-surtaxés. En savoir plus sur notre méthodologie de score.

Janvier 2027, le calendrier qui change le rapport de force

La loi n° 2026-725 du 3 août 2026 a été publiée au Journal officiel le 4 août 2026. Elle porte sur l'organisation, la gestion et le financement du sport professionnel. Elle réforme l'article L. 333-10 du code du sport et installe un système automatisé de blocage en temps réel piloté par l'Arcom. La saisine est ouverte aux organisateurs de compétitions étrangers, et le dispositif doit être pleinement opérationnel en janvier 2027.

Le blocage s'exécute chez les fournisseurs d'accès, et il porte aussi sur les annuaires qui traduisent le nom d'un site en adresse. Le texte sanctionne désormais l'intermédiaire technique qui n'exécute pas une mesure de blocage, ce qui déplace la contrainte des seuls diffuseurs vers toute la chaîne.

Ce que la loi du 3 août 2026 prévoit au maximum, et pour qui
Qui est visé Le maximum prévu par le texte Ce qu'il faut savoir
Celui qui fournit un service de télévision pirate3 ans de prison et 300 000 €Plafond prévu par la loi, pas la peine qu'un tribunal prononce
Celui qui le fournit en bande organisée7 ans de prison et 750 000 €Circonstance aggravante introduite par le texte du 3 août 2026
L'intermédiaire technique qui n'exécute pas un blocage75 000 € ou 1 % du chiffre d'affaires mondial150 000 € ou 2 % en cas de nouveau manquement dans les cinq ans
L'abonné qui regarde7 500 €, plafond inchangé, au titre de la loi de 1986Aucune sanction nouvelle créée par la loi du 3 août 2026

Ce tableau aligne des maximums, et la précision n'est pas un détail de vocabulaire. Une peine encourue est le plafond prévu par le texte, jamais celle qu'un tribunal prononce. La condamnation réelle dépend des faits, du profil de la personne poursuivie et de la procédure suivie, et elle reste très en deçà de ces plafonds.

Rien dans ce dispositif ne vise l'abonné. La loi du 3 août 2026 n'a créé aucune sanction nouvelle contre l'utilisateur final. Le plafond applicable à l'abonné reste fixé à 7 500 € par l'article 79-4 de la loi du 30 septembre 1986. La ministre des Sports Marina Ferrari avait pourtant une autre intention le 20 mai 2026. Elle souhaitait que « la sanction fasse prendre conscience que le recours au piratage contribue à affaiblir l'économie du sport », sans que le texte adopté la suive.

L'équilibre installé depuis 2022 repose donc sur une asymétrie simple, que janvier 2027 va accentuer. Le risque juridique pèse sur ceux qui fournissent, la facture sur ceux qui paient. Le second terme reste le seul que le foyer maîtrise, et notre comparatif des offres fibre est l'outil qui permet d'y revenir.

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