Les Français inégaux pour leur effort d’épargne

Quel traitement les Français ont-ils réservé à leurs livrets d'épargne réglementée (Livret A, LDD, LEP) au cours de l'année 2013 ? C'est tout l'enjeu du dernier rapport récemment publié par l'Observatoire de l'Épargne Réglementée (OER), une institution d'étude et de prospective placée sous la direction de la Banque de France. Et certaines de ses conclusions se révèlent étonnantes.

Bilan de l'épargne réglementée pour l'année 2013

2013 : retour sur une année d'épargne

Le nombre total de livrets A en légère baisse...

Pour la première fois depuis la création de ce rapport, le nombre total de livrets A détenus est en baisse. L'observatoire comptabilise en effet seulement 2,9 millions d'ouvertures de compte sur près de 3,2 millions de clôtures, soit un différentiel négatif de 300 000 livrets. Au total, 63 millions de livrets A sont détenus à la fin 2013. La tendance s'explique en large partie par la nouvelle procédure de lutte contre la multidétention, qui a conduit à la suppression automatique de nombreux doublons.

Le Livret d'Épargne Populaire (LEP) connaît une diminution nettement plus marquée (- 800 000 comptes), à l'inverse du Livret de Développement Durable (LDD) (+ 400 000).

...mais avec un taux de détention toujours aussi universel

La légère contre-performance du livret A ne remet aucunement en cause son statut de produit préféré des Français : avec 95,5 % des personnes physiques détentrices d'un livret contre 96 % en 2012, la faiblesse de son taux d'intérêt n'a pas suffi à détourner l'attention portée à ce produit par l'écrasante majorité des Français. Les conditions d'ouverture d'un LEP tout comme d'un LDD font de ces livrets des produits moins universels, avec respectivement 14 % (en baisse) et 37,8 % (en hausse) de la population concernée.

Un encours total et moyen en nette hausse...

L'encours total des livrets A marque une évolution très marquée en 2013 : il passe de 240,2 à 256 milliards d'euros, soit une belle augmentation de 6,57 %. Cela se répercute logiquement sur l'encours moyen, qui passe de 3 796 € à la fin 2012 à 4 063 € par personne physique à la fin 2013 (+7 %). Un phénomène à mettre naturellement en rapport avec les deux hausses successives du plafond, en octobre 2012 puis en janvier 2013.

Plus garnis, les livrets A sont aussi de plus en plus actifs. Le nombre moyen de mouvements effectués sur un livret A au cours de l'année 2013 (soit la moyenne du nombre total de versements et retraits) s'établissait à 3,4, contre 3,3 en 2012. On continue bien sûr à observer que les comptes les moins remplis sont aussi les plus actifs, puisqu'ils servent souvent comme un compte courant à leurs détenteurs.

Le LDD connaît une hausse comparable de son encours moyen (de 3 734 à 4 056€, soit +9 %). Seul le LEP connaît une baisse relative de 1 % (de 5 291 à 5 250 €).

...avec des extrêmes plus marqués

L'augmentation récente du plafond du livret A semble favoriser une plus grande concentration dans les extrêmes, avec d'un côté un nombre important et stagnant de livrets peu remplis et, de l'autre, une proportion croissante de comptes approchant du nouveau plafond.

Ainsi, on observe que la proportion de livrets crédités de moins de 150 € est quasiment stable et représente pas moins de 45,1 % des livrets, pour seulement 0,4 % des encours. La proportion de livrets supérieurs à 15 300 € (l'ancien plafond) est passée quant à elle de 10,5 à 11,7 %, pour 58,4 % des encours !

Les inégalités en fonction de l'âge et de la CSP

Inégalités générationnelles : rien de très nouveau

La répartition du nombre de livrets A par tranche d'âge n'évolue pas de façon significative depuis 2012 et continue à refléter fidèlement la réalité démographique du pays. 54 % des livrets sont ainsi détenus par des personnes âgées de 25 à 65 ans, avec 55 % des encours. Les mineurs détiennent quant à eux 18 % des livrets, mais pour seulement 7 % des encours. Le nombre de comptes détenus par les plus de 65 ans continue à augmenter, mais n'est que le résultat logique du vieillissement de la population.

Inégalités selon les CSP

Concernant les comparaisons selon les catégories socio-professionnelles, le rapport se contente d'analyser les chiffres liés aux ouvertures de compte, et ne propose donc pas une étude comparée des encours moyens.

Sans surprise, les ouvertures surviennent tôt dans la vie active ou dans la vie tout court, et sont donc majoritairement le fait d'étudiants ou de parents pour leurs enfants mineurs (à 30 %). À noter, au même titre, la montée en puissance de la catégorie « Autres », qui regroupe notamment les personnes à la recherche d'un emploi et qui cumule près de 25 % des nouvelles ouvertures, contre 18 % un an plus tôt.

Les inégalités régionales face à l'effort d'épargne

Même si l'encours moyen du livret A a progressé partout en France, on continue d'observer des disparités assez fortes entre les différentes régions.

Le palmarès de l'épargne revient ainsi à l'Auvergne, avec un encours moyen de 4 700 € par détenteur de livret, suivie de près par le Limousin et l'Alsace, où le chiffre est d'environ 4 600 € (rappelons que la moyenne nationale est de 4 063 €). Les régions les moins épargnantes sont la Corse (3 100 €), la Picardie (3 200 €) ou encore la Haute-Normandie (3 300 €).

L'Île-de-France affiche une bonne moyenne de 4 400 € mais est plus difficile à classer, dans la mesure où les banques en ligne y déclarent l'ensemble des livrets de leurs clients, indépendamment du lieu de domiciliation de ces derniers.

À lire également : quel livret d'épargne réglementée choisir ?

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