Une année négative pour l'assurance-vie

En dépit d'atouts certains, il semble bien qu'en ce début d'année 2013, l'assurance-vie ne fasse plus l'unanimité parmi les investisseurs. Lors de la présentation de son bilan annuel, le président de la FFSA a commenté les mauvais chiffres du placement préféré des Français. Bernard Spitz a notamment annoncé que la décollecte avait atteint l'année dernière le chiffre inédit de 3,5 milliards d'euros (soit une diminution de près de 8%).

Entre la baisse des rendements, la préférence pour la liquidité et l'instabilité fiscale, l'année 2012 fait clairement figure d'"annus horribilis" pour l'assurance-vie.

Les fonds en euros

En ce qui concerne les fonds en euros (le support sécuritaire), le désamour s'explique par les incertitudes entourant la pérennité du système monétaire européen. Ces incertitudes ont lourdement pesé sur les marchés, qui ont pu craindre un temps l'éclatement de la zone euro, et douter de l'avenir même de la monnaie unique. La "crise de la dette" des pays périphériques (Portugal, Italie, Grèce, Espagne) a refroidi nombre d'investisseurs qui estimaient courir un risque avec un produit majoritairement composé d'obligations souveraines.

Parallèlement à ces données conjoncturelles, les épargnants ont été particulièrement exaspérés de constater une énième érosion du rendement des contrats en euros. Si les placements à risque sont toujours sujets à une certaine volatilité (et donc à une possible dépréciation d'une année sur l'autre), le support favori des épargnants délivre en 2012 une performance moyenne d'environ 2,8%, en baisse de 0,3 point par rapport à l'année précédente (avec des écarts non négligeables entre compagnies). Cette dernière s'inscrivait déjà dans une tendance structurellement déclinante et, dans un environnement de taux particulièrement bas, tout porte à croire que les choses ne s'amélioreront pas en 2013.

Les unités de compte

En ce qui concerne les unités de compte (le compartiment risqué investi en valeurs mobilières), la baisse des principaux indices boursiers a également entraîné une désaffection pour les OPCVM éligibles à l'assurance-vie, et donc à des demandes accrues de "rachat" partiel ou total. En somme, les clients ont procédé à des retraits significatifs, quand ils n'ont pas purement et simplement fermé leur contrat.

Montée de l'épargne réglementée

Dans ce contexte macro-économique défavorable, l'assurance-vie a dû en outre affronter la concurrence de l'épargne réglementée. Les livrets A et le LDD ont en effet bénéficié d'un relèvement de leur plafond. Or, ces placements présentent un taux quasi identique à celui des fonds en euros, si l'on tient compte de la fiscalité, des prélèvements sociaux et des frais parfois élevés sur les contrats l'assurance-vie. Les sommes déposées restent par ailleurs totalement liquides et disponibles sans pénalités, solution privilégiée par des épargnants inquiets et engagés dans une course à l'épargne courte. Enfin, des rumeurs persistantes ont pu laisser entendre que certains avantages de l'assurance-vie pourraient être rognés dès 2013, ce que le gouvernement semble toutefois désormais exclure.

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