Livret A ou assurance-vie ?

Faut-il encore se contenter du maigre rendement des livrets réglementés ou se tourner vers d’autres produits ?

  • Publié le 05/09/2012 (mis à jour le 07/08/2015)
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Livret A ou assurance-vie
Livret A ou assurance-vie : deux placements pour deux stratégies d'épargne différentes !

Le livret A, rémunéré à 0,75 % net depuis le 1er août 2015, n'a certes plus le succès qu'il a pu avoir par le passé, mais reste l'un des placements préférés des Français : l'encours, dopé par le passage du plafond à 22 950 €, reste ainsi de 260,5 milliards d'euros en juin 2015. Les fonds en euros des assurances-vie, quant à eux, se maintiennent pour la plupart au-delà de 3 % de rendement annuel net.

Le choix semble donc évident, mais tout est-il aussi simple, et ces produits répondent-ils vraiment aux besoins des mêmes épargnants ? Tour d'horizon des avantages comparés de chacun.

Le livret A est plus souple que l'assurance-vie…

Peu de différences entre les deux concurrents sur les conditions d'ouverture. Le livret A et l'assurance-vie peuvent être ouverts par toute personne physique majeure, avec la même possibilité offerte aux parents de souscrire au nom de leur enfant mineur. Le montant minimum exigé à l'ouverture du livret A est très faible dans la plupart des banques (de 1,50 à 10 €), et à peine plus élevé dans le cas de l'assurance-vie (premier chèque de 50 ou 100 € pour les formules de base).

Le choix du livret réglementé reste néanmoins le plus souple : les sommes déposées sont en effet défiscalisées et immédiatement disponibles, ce qui fait que de nombreux Français utilisent cette enveloppe comme un fonds de trésorerie rémunéré. Le retrait total ou partiel des fonds d'une assurance-vie, appelé « rachat », est plus long et contraignant, et entraîne surtout une imposition sur les plus-values, plus ou moins élevée selon l'ancienneté du contrat (cf. infra). Notez par ailleurs que pour certains contrats, un versement minimum annuel est rendu obligatoire. De même, sachez que dans la plupart des cas, chaque versement fait l'objet d'un pourcentage de retenue financière de la part de votre organisme assureur. À vous de bien négocier cette clause à la signature de votre contrat !

…mais est globalement moins rémunérateur

Le faible rendement du livret A est la contrepartie directe de sa défiscalisation et de la disponibilité garantie des fonds déposés. Le taux de rémunération à moyen terme, de plus, fait l'objet d'une constante incertitude pour les épargnants, puisqu'il est fixé deux fois par an par l'État en tenant (plus ou moins) compte de l'évolution de l'inflation.

« Le rendement d'une assurance-vie est meilleur – sur le papier – que celui d'un Livret A ; mais attention toutefois aux pertes en capital ! »

La performance des fonds en euros est meilleure sur le papier, quand bien même les rémunérations annuelles affichées par les assureurs ne sont pas amputées, à la source, des 15,5 % de prélèvements sociaux. Toutefois l'épargnant sera fortement pénalisé s'il souhaite retirer ses fonds avant l'arrivée du contrat à pleine maturité : il subira ainsi un prélèvement libératoire de 35 % sur les plus-values pour un rachat avant quatre ans, et de 15 % entre quatre et huit ans. Au-delà, le prélèvement libératoire n'est que de 7,5 %, avec en plus un abattement annuel jusqu'à 4 600 € de plus-value (9 200 € pour un couple).

Les unités de compte des assurances-vie constituent des placements plus volatils : ils peuvent générer des gains intéressants mais aussi des pertes en capital, avec des règles d'imposition proches concernant les plus-values.

Quelles différences en matière de succession ?

Le livret A n'est régi par aucune disposition particulière en cas de décès de l'épargnant. Le capital épargné, par conséquent, sera reversé au sein de l'actif successoral et soumis à la fiscalité de droit commun, qui peut se révéler particulièrement lourde selon le montant à transmettre à l'héritier. En outre le choix du bénéficiaire, s'il ne s'agit pas de l'héritier légal, impose une disposition testamentaire explicite.

L'assurance-vie, à l'inverse, est conçue dès l'origine pour faciliter la transmission d'une partie de votre patrimoine, avec notamment la désignation formelle et nominative du bénéficiaire dans le contrat de souscription. L'exonération de droits de succession est totale dans le cas d'une transmission au conjoint survivant. Dans la plupart des autres cas, une exonération est accordée pour une transmission allant jusqu'à 152 500 € (ou seulement 30 500 € si les versements avaient été réalisés après les 70 ans de l'assuré). La taxation est ensuite de « seulement » 20 % pour une seconde tranche allant jusqu'à 700 000 €.

L'assurance-vie comme garantie

À l'inverse du livret A, dont le montant est amené à varier régulièrement en fonction des besoins de trésorerie de l'épargnant, l'assurance-vie constitue un élément tangible de son patrimoine personnel. Il lui est donc possible de s'en servir comme d'une garantie, par exemple en acceptant le nantissement de son fonds en euros en échange d'un crédit immobilier plus avantageux.

Concrètement, le prêteur a la garantie de récupérer le capital de l'assurance-vie en cas de non-remboursement du prêt : il prend donc moins de risques, et propose alors un taux d'intérêt plus faible. Tout le monde est gagnant, puisque la banque sécurise son prêt tandis que l'emprunteur obtient des conditions avantageuses, tout en continuant à faire fructifier son épargne.

Assurance-vie et livret A : diversité contre uniformité

Rien ne ressemble davantage à un livret A qu'un autre livret A ! S'agissant d'un produit strictement réglementé, il présente les mêmes caractéristiques d'une banque à une autre en termes de rémunération ou de plafonnement. La seule différence éventuelle est celle du solde minimum accepté. Chaque particulier est, en outre, limité à un seul livret.

« Opter en faveur d'une assurance-vie rend possible une gestion autonome de votre épargne de votre part »

L'univers des assurances-vie est d'une bien plus grande richesse. Il est tout d'abord possible de choisir une ou plusieurs assurances-vie parmi un grand nombre d'assureurs ou de banques, dont les fonds en euros affichent des rendements assez variables. Le choix d'un contrat multisupport permet par ailleurs de cumuler un fonds en euros avec un ou plusieurs fonds en unités de compte. L'assuré, dans ce cas, est libre de déterminer la ventilation de son capital (par exemple 60 % fonds euros et 40 % unités de compte) mais aussi de sélectionner, une par une, les unités de compte dans lesquelles il souhaite investir (parts de FCP,  actions de SICAV, SCI…).

Cette diversité du multisupport implique un engagement plus important de l'assuré dans le choix de ses investissements. S'il le souhaite, il peut néanmoins faire appel à un courtier en assurance-vie, qui se chargera de lui proposer un portefeuille idéal en fonction de son profil.

La solution ? Un équilibrage en fonction de vos objectifs personnels

Le livret A reste à ce jour l'enveloppe idéale pour une épargne de précaution. Mieux rémunéré qu'un livret non réglementé et entièrement défiscalisé, il est parfait pour abriter quelques milliers d'euros en anticipation d'une dépense imprévue ou d'un coup dur, que ce soit par exemple pour provisionner le prochain tiers de l'impôt sur le revenu ou pour préparer les vacances. Il est en revanche déconseillé d'y conserver de fortes sommes si vous n'en avez pas l'utilité immédiate ou potentielle, car vous pourrez obtenir une bien meilleure rémunération sur le long terme au sein d'une assurance-vie.

Cette dernière dispose d'une réglementation fiscale spécifique, qui doit vous inciter à l'utiliser pour une épargne de long terme (au-delà de huit ans) et pour vos projets lointains les plus importants : achat d'une maison, retraite, mais aussi préparation de la succession pour vos enfants ou petits-enfants.

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