Fonds en euros ou en unités de compte ? Optez pour un contrat multisupport !

L'époque, pas si lointaine, où la plupart des Français ne souscrivaient une assurance-vie que pour son fonds garanti en euros semble bel et bien révolue. L'autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a pu ainsi relever que 36 % des nouveaux versements réalisés au cours des neuf premiers mois de l'année 2014 ont été investis directement dans... des fonds en unités de compte.

  • Publié le 14/10/2013 (mis à jour le 15/11/2018)
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Fonds en euros ou en unités de compte
Le choix d'un fonds en euros comme en unités de compte est directement lié à l'aversion au risque de l'épargnant, mais également à sa stratégie d'investissement.

C'est quasiment trois fois plus qu'il y a seulement deux ans ! Au vu des rendements toujours plus faibles des fonds en euros, de nombreux épargnants se tournent en effet, avec raison, vers un contrat multisupport qui leur permet de diversifier leurs placements et d'améliorer le rendement de leur capital.

Les fonds en euros

Des investissements sûrs et un capital garanti

Du point de vue de l'épargnant, le fonds en euros fonctionne tout simplement comme un livret d'épargne amélioré, avec toutefois quelques spécificités. En investissant sur ce support, il confie son argent à l'assureur lui-même ou à un gestionnaire de fonds, qui se charge d'investir ce capital sur les marchés financiers pour le faire fructifier. Les sommes versées, cependant, bénéficient d'une garantie en capital : cela signifie non seulement que l'épargnant ne peut pas perdre d'argent, mais aussi que les intérêts générés chaque année par son investissement sont définitivement acquis (effet « cliquet »).

Cette exigence contraint évidemment le gestionnaire du fonds à faire preuve d'une grande prudence, et à investir massivement dans des produits financiers assez peu rémunérateurs mais très sûrs. Les fonds en euros, en moyenne, sont investis à 80 % dans des obligations à rendement fixe. Le solde est généralement constitué par quelques positions sur le marché actions (pour doper un peu le rendement) et par un fonds de trésorerie qui permet au gestionnaire de rester réactif pour prendre de nouvelles positions.

Calcul de la rémunération nette

La plupart des fonds en euros s'engagent, dès le début de l'année, sur un « taux minimum garanti », c'est-à-dire sur la rémunération minimale que les épargnants peuvent attendre d'ici la fin de l'exercice (2 %, par exemple). À la différence de la plupart des livrets d'épargne où les intérêts sont calculés par quinzaine et versés au 1er janvier, le TMG est crédité en temps réel et tous les jours sur le fonds en euros.

En cas de performance supérieure au TMG, une rémunération complémentaire appelée « participation aux bénéfices » est versée au début de l'exercice suivant. Elle sera toutefois grevée par le prélèvement préalable des frais de gestion (0,5 à 1 % sur la totalité du capital) et par une éventuelle provision au titre de la participation aux excédents (une réserve destinée à lisser la performance du fonds sur plusieurs années).

Les fonds en unités de compte

Composition des fonds en unités de compte

Le saviez-vous ?

Sur un contrat en unités de compte, les prélèvements sociaux ne s'appliquent qu'en cas de rachat, à la différence des contrats en fonds euros pour lesquels ces derniers sont captés chaque année.

À la différence des fonds en euros qui, comme leur nom l'indique, affichent un montant exprimé en euros, les fonds en unités de compte permettent à l'épargnant d'investir dans des parts de différents produits financiers. Seul le nombre de part détenus par le détenteur du contrat est garanti par l'assureur. La valeur de chaque part, en revanche, peut connaître une moins-value ou une plus-value en fonction de la performance des marchés boursiers. Il s'agit donc d'un investissement plus risqué et plus volatil que les fonds garantis en euros, mais qui offre en contrepartie la perspective d'une rentabilité plus importante.

Un contrat multisupport récent et performant propose typiquement un très grand nombre d'unités de compte différentes, parfois jusqu'à plusieurs centaines. Il peut s'agir de sociétés d'investissement à capital variable (SICAV) ou de fonds communs de placement, qui seront essentiellement investis sur les marchés boursiers (actions, obligations, trackers…). Certaines assurances-vie permettent toutefois aussi d'acheter des parts de fonds immobiliers (parts de SCPI, parts ou actions d'OPCI, etc.).

Avantages

Les fonds en unités de compte détenus au sein d'un contrat multisupport donnent à l'épargnant une bien plus grande marge de manœuvre dans le choix de ses supports d'investissement. Il est libre de comparer les assurances-vie selon les différents fonds disponibles, d'étudier leur composition exacte, de retracer l'historique de leurs performances et de sélectionner les supports qui correspondent le mieux à sa stratégie patrimoniale à long terme. Chaque support disponible au sein d'un fonds en unités de compte affiche généralement des frais de gestion distincts de ceux de l'assurance-vie elle-même : il convient de bien les prendre en compte au moment du choix du type d'investissement.

L'attrait principal d'un fonds en unités de compte est de proposer, en moyenne, un rendement nettement plus élevé qu'un fonds en euros, ce qui se traduit bien sûr par un investissement dans des actifs plus risqués, une plus forte volatilité et un risque de moins-value. Lorsque l'épargnant réalise les bons choix, cependant, il est doublement gagnant puisqu'il réalise une excellente performance tout en bénéficiant des avantages relatifs à la fiscalité de l'assurance-vie.

Monosupport et multisupport : quelle différence ?

Contrat multisupport : idéal pour répartir vos investissements

Il existe une distinction traditionnelle entre l'assurance-vie « monosupport », qui ne propose que l'une des deux grandes familles de fonds (uniquement en euros ou, à titre très exceptionnel, uniquement en unités de compte), et l'assurance-vie « multisupport », qui donne accès aux deux. Attention : le choix d'une assurance-vie multisupport n'entraîne pas l'obligation d'investir dans des unités de compte, mais en donne juste la possibilité. Il est donc très fortement recommandé d'opter pour un contrat multisupport, même si vous n'avez pas l'intention dans l'immédiat de vous intéresser aux unités de compte.

Le contrat multisupport est adapté à tous les profils d'épargnants, quelles que soient leurs compétences en matière financière. Les assureurs proposent en effet différents modes de gestion du contrat : l'épargnant confirmé peut choisir de piloter lui-même ses investissements (gestion libre ou « directe »), mais peut aussi se contenter d'effectuer les versements et de confier la répartition des fonds à son assureur ou à une société spécialisée (gestion sous mandat). Une dernière solution consiste à définir lui-même ses préférences, puis à s'en remettre à une gestion automatisée.

Comment passer du monosupport au multisupport ?

Même si vous êtes détenteur d'un contrat monosupport et n'avez donc pas accès aux unités de compte, il est désormais possible de transformer ce produit en contrat multisupport auprès du même assureur, sans subir la perte de la précieuse antériorité fiscale. Le transfert dit « Fourgous », introduit par la loi en 2005, offre effectivement cette option, à la condition expresse de transférer l'intégralité de l'ancien contrat et d'investir au moins 20 % du capital dans des unités de compte.

Le transfert est susceptible d'entraîner la facturation de frais, lesquels pourront cependant être plus que compensés par la rentabilité accrue de votre nouveau contrat d'assurance-vie.

L'arbitrage : équilibrer votre prise de risque

Focus sur la « garantie plancher »

Certains contrats en unités de compte prévoient qu'en cas de décès de leur titulaire survenu concomitamment à une baisse durable des marchés boursiers, l'assureur garantisse au bénéficiaire de l'assurance-vie le versement du capital investi dans la limite d'un certain plafond mais également sous condition d'âge.

Les spécialistes sont unanimes : il est tout autant déconseillé d'investir 100 % de votre capital dans un fonds en euros, avec à la clé une performance stable mais médiocre, que dans un fonds en unités de compte, avec tous les risques que cela comporte. La juste proportion entre l'un et l'autre constitue un sujet de préoccupation récurrent pour les détenteurs d'assurance-vie, d'autant qu'il n'existe aucune réponse universelle : tout dépend notamment du degré d'aversion au risque manifesté par l'épargnant, mais aussi de son âge (les personnes jeunes peuvent se permettre des placements un peu plus spéculatifs) et de ses motivations et objectifs personnels (générer un complément de revenu à la retraite, défiscaliser sa succession, économiser pour le voyage d'une vie…).

Une étude réalisée par le quotidien Le Monde, sur une période de référence s'étalant de 2008 à fin 2013, a démontré à quel point des stratégies d'investissement différentes peuvent se traduire par des écarts spectaculaires : entre la rentabilité annuelle de 3 % pour une assurance-vie investie à 100 % en fonds euros et son exact opposé, qui affiche un taux annuel compris entre 7,5 et 11 %, il existe heureusement une vaste palette de choix intermédiaires.

Selon une opinion assez largement répandue, un épargnant avisé pourra investir 30 à 50 % de son capital en unités de compte pour conserver une certaine sécurité tout en bénéficiant du dynamisme des marchés boursiers.

Il doit par ailleurs veiller à maintenir cette répartition sur le long terme : si par exemple les unités de compte connaissent une valorisation importante et deviennent prépondérantes dans le portefeuille, il conviendra d'en arbitrer une partie vers le fonds en euros pour conserver une répartition équilibrée. De nombreux assureurs autorisent leurs clients à effectuer gratuitement jusqu'à deux ou trois de ces arbitrages tous les ans.

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