Gaz de schiste : l’exploration des gisements français suspendue

Les forages pour rechercher le gaz de schiste en France attendront un peu… Ainsi en a décidé la ministre de l’Ecologie. Elle retarde les autorisations jusqu’aux conclusions d’une mission chargée d’évaluer l’impact écologique de l’exploitation de ce gaz. José Bové peut souffler un peu. L’Europe, elle, apparaît divisée sur le sujet.

Ecologistes et élus locaux ont remporté une victoire… mais pas la guerre. En effet, suite à leur mobilisation, le gouvernement a décidé de suspendre les forages de prospection de gaz de schiste, en tout cas jusqu'à la remise d'un rapport commandé par les ministères de l'Ecologie et de l'Industrie, attendu pour juin. La mission devra notamment  évaluer les enjeux environnementaux de la production de ce gaz. La ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a prévenu qu'« aucune autorisation de travaux sur le gaz de schiste ne sera donnée ni même instruite avant le résultat de cette mission ».

Il faut dire que ce gaz de schiste fait parler de lui depuis quelques jours. Depuis surtout que le groupe pétrolier Total a évoqué l'exploration de réserves de gaz près de Montpellier, dont il a obtenu les droits d'exploitation en 2010. Les écologistes et les élus – José Bové en tête – sont montés au créneau, évoquant les désastres environnementaux aux Etats-Unis, induits par l'extraction de ce gaz, et alors que se développent partout dans le monde les électricités vertes. Cette énergie fossile, disséminée dans la roche au lieu d'être concentrée dans des poches, est extraite grâce à des forages horizontaux qui fracturent la roche en injectant d'énormes quantités d'eau, de sable et de produits chimiques. Comme cela fait dix ans que ces procédés sont utilisés aux Etats-Unis, médias et associations de défense de la nature ont déjà tiré la sonnette d'alarme : le précieux gaz, certains des habitants de Fort Worth (ville dans le nord du Texas proche d'un gisement) l'ont retrouvé jusqu'à la sortie de leur robinet. L'eau contient même des traces de produits chimiques injectés dans les puits de gaz, selon des analyses indépendantes menées par le documentariste américain Josh Fox, dont le film Gasland fait le buzz sur internet.

Pour le gaz de schiste, l'affaire est donc repoussée à l'été. De toutes façons, les groupes pétroliers n'avaient envisagé, pour le moment, que l'exploration des gisements. Nous n'en étions pas encore à l'exploitation. En revanche, le problème risque de se poser beaucoup plus vite pour les huiles de schiste, forme de pétrole lui aussi piégé dans la roche et qui nécessite des techniques d'extraction semblables au gaz de schiste. Un premier forage de la compagnie pétrolière américaine Hess est prévu en mars près de Château-Thierry (Aisne), et là, les autorisations de travaux ont été données…

A Bruxelles s'ouvre aujourd'hui le conseil européen, dont l'un des thèmes centraux sera la question de l'énergie. Nul doute qu'énergie renouvelable et non renouvelable (comme le gaz et les huiles de schiste) seront au centre de la discussion des 27. Quant à savoir s'ils arriveront à adopter une position commune sur la  pertinence de la production de ce gaz de schiste…rien n'est moins sûr. Des pays comme la Pologne ne cachent pas leur volonté d'exploiter ce qui peut apparaître comme le nouvel or noir.

Sources : La Tribune, Le Monde

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