Biogaz : bientôt un soutien public, attendu de longue date

Le biogaz, une énergie encore peu exploitée qui promet pourtant un bel avenir dans le secteur. Un soutien du gouvernement possible ?

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L’Europe connaît de plus en plus de doutes sur l’approvisionnement en gaz russe. La situation est de plus en plus instable, et l’arrêt de fourniture pour la Pologne et la Bulgarie le confirme. La France, de son côté, prend des mesures pour accélérer les avancées dans le biogaz. Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, vient de publier un cahier des charges pour un premier appel d’offres.

Il y aura la mise en place de mesures de soutien public, qui sont attendues depuis longtemps dans la filière. Elles devraient permettre à des projets de production de grande taille d’émerger, portés par des agriculteurs, mais aussi par des énergéticiens, comme Engie par exemple.

Les grands méthaniseurs, ayant une production supérieure à 25 gigawattheures par an, auront alors des contrats d’achat avec l’Etat, comme les champs éoliens ou solaires. Cela permet d’avoir un tarif de vente sécurisé sur quinze ans. Jusqu’à ce jour, ce soutien de l’Etat était réservé aux méthaniseurs de petite taille, cet élargissement est « une très bonne nouvelle qui atteste de la volonté des pouvoirs publics d’accélérer », se réjouit le syndicat des énergies renouvelables.

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Biogaz : quasi 1 % de la consommation française

Cet appel d’offres pourrait permettre à la filière de la méthanisation de changer d’échelle. En effet, aujourd’hui, le biogaz représente environ 1 % de la consommation de gaz en France, soit 4.3 térawattheures. L’appel d’offres lancé en trois phases vise les deux tiers des capacités de biométhane raccordées en France entre 2020 et 2021. La filière connaissait un ralentissement. Depuis 2020, le gouvernement a mis en place une baisse des tarifs de rachat sur le biogaz. Alexandre Roesch, délégué du syndicat des énergies renouvelables, dénonce qu’il y a « 19 térawattheures de projets dans les tuyaux, la révision des tarifs de 2020 a entraîné un très fort ralentissement de cette file d’attente ».

De fait, les acteurs du biogaz plaident pour la mise en place de nouvelles mesures. Entre autres, ils demandent un raccourcissement des délais d’obtention des autorisations pour les projets, un tarif d’achat réévalué, et une mise en œuvre plus rapide de certificats de production, instaurés par la loi climat et résilience de 2021.

Alexandre Roesch ajoute en effet que « toutes ces mesures permettraient d’aller plus vite. Nous avons largement assez de matière méthanogène en France dans l’agriculture ou dans la filière déchets pour produire bien plus et ainsi se substituer aux 77 térawattheures de gaz russe consommés en France chaque année ».

Un taux d’injection, une obligation de commercialisation par les fournisseurs

En début de semaine, le gouvernement a publié un décret visant les certificats de production de biogaz. Ces derniers devraient aider au financement. En effet, il devraient imposer aux fournisseurs un taux minimum de biométhane.

En revanche, les chiffres quant à eux ne sont pas encore définis. Le taux de biogaz imposé et le rythme de mise en œuvre de cette obligation devraient être précisés par décret ultérieurement.

De nombreux projets en développement

Le potentiel de la filière reste énorme, avec près de 800 projets en cours de développement. « Si tous les obstacles économiques et réglementaires étaient levés, nous pourrions injecter 70 térawattheures en 2030, soit 20 % de la consommation. De quoi nous passer totalement du gaz russe ».

En revanche, le court terme reste problématique, même si l’injection supplémentaire dans le réseau prévue pour 2024 reste intéressante. La filière demande donc un coup de pouce du gouvernement. La directrice de GRDF, Laurence Poirier-Dietz, explique que le réseau attend « la mise en place rapide des certificats de production de biogaz ».

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Avec la crise, le biogaz est très compétitif

Avec la décision de 2020, le gouvernement réduisait le coût des subventions. Le biométhane coûtait en moyenne plus de 90 euros le mégawattheure. Cela représente l’équivalent du triple voire quadruple du prix du gaz naturel fossile en temps normal. La crise énergétique a changé la donne. Le gaz naturel issu des énergies fossiles est coté à plus de 100 euros le mégawattheure, avec des pics à 200 euros.

Laurence Poirier-Dietz explique qu’aujourd’hui, « le biogaz est très compétitif, mais il est évidemment impossible de prévoir l’évolution des cours à moyen terme ».

L’Etat devrait prendre en charge une plus importante part des coûts de raccordement au réseau. « On regarde aussi comment les installations existantes peuvent éventuellement produire plus, au moins transitoirement », annonce le cabinet de Barbara Pompili.

La CRE soutient l’essor du biogaz

Le cahier des charges mis en place par Barbara Pompili a pour but d’accompagner cette dynamique. Aussi, le CRE a rendu un avis favorable à ce dernier. Il prévoit de mettre en place des appels d’offres d’ici fin 2023.

L’appel d’offres sera lui-même déployé en trois périodes :

  • Une première jusqu’en décembre 2022
  • La deuxième jusqu’en juin 2023
  • Enfin, le troisième quant à elle, devrait porter jusqu’en décembre 2023.

La CRE appelle de même à l’accélération des démarches administratives pour l’obtention des diverses autorisations.

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