Le détail du chèque : 208 €, 152 € et 92 €
Le rapport décompose ce transfert en trois lignes, selon le pays fournisseur et la nature du combustible. La première surprend, parce qu'elle place le gaz devant le pétrole.
Le gaz pèse plus lourd que le pétrole dans ce transfert, avec 300 € cumulés contre 152 € pour le brut. Le rapport arrondit ce total à 450 €, chiffre repris dans sa synthèse. La ligne russe subsiste parce que le gaz liquéfié est resté partiellement autorisé à l'importation, contrairement à d'autres flux énergétiques visés par les sanctions européennes.
La France est devenue le premier client européen du gaz liquéfié
En 2025, aucun pays du continent n'a importé plus de gaz naturel liquéfié que la France. Près de la moitié de ces volumes provenaient des États-Unis, et plus d'un quart de Russie.
Cette position se traduit par trois classements que le pays ne revendique pas :
- Premier marché européen pour le gaz russe liquéfié, alors même que l'Union européenne cherche à en sortir.
- Deuxième marché européen pour le gaz américain, dont le prix suit les arbitrages commerciaux décidés à Washington.
- Premier fournisseur de pétrole : les États-Unis, devant le Kazakhstan, l'Algérie et la Libye.
Chaque tension géopolitique se répercute donc directement sur le prix du gaz payé en France, via l'indice de marché européen détaillé sur le guide du prix du gaz au PEG.
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La facture nationale atteignait 58 milliards d'euros en 2024
Rapporté au pays entier, ce transfert nourrit un déficit commercial structurel. Les importations d'énergie avaient dépassé 100 milliards d'euros lors de la crise de 2022. Elles représentaient encore 58 milliards d'euros en 2024.
Près de 60 % de l'énergie consommée en France reste fossile, malgré une électricité décarbonée à 95 %. Le pétrole pesait 37 % de la consommation finale d'énergie et le gaz 21 %, ce que le rapport qualifie de paradoxe énergétique français.
Ce déséquilibre a une traduction domestique simple : 13 millions de logements sont encore chauffés au gaz ou au fioul, et près de 89 % des véhicules en circulation roulent encore à l'essence ou au diesel. Le sujet dépasse donc le chauffage, comme le montre l'écart mesuré entre le plein et la prise quand le carburant dépasse 2 € le litre.
L'origine du gaz ne se choisit pas, son prix se négocie
Un abonné au gaz naturel ne peut pas sélectionner la provenance des molécules qui arrivent à son compteur. Le réseau est mutualisé : le gaz américain, norvégien, algérien et russe s'y mélange avant d'atteindre les logements. Souscrire une offre dite verte finance de la production de biométhane, sans modifier le contenu physique du réseau, comme l'explique le guide du gaz vert.
Trois paramètres échappent totalement au consommateur :
- L'origine des molécules livrées, mélangées sur un réseau unique avant d'arriver au compteur.
- Le niveau de l'indice de marché européen, qui réagit à chaque tension internationale.
- La part du gaz liquéfié dans l'approvisionnement national, arbitrée par les importateurs et non par les abonnés.
Le seul paramètre réellement négociable reste le prix du kilowattheure inscrit au contrat. Au moment de la publication, l'offre de marché la moins chère revient 194 € par an moins cher que le prix repère de la Commission de régulation de l'énergie, pour la consommation de référence d'un foyer chauffé au gaz. Cet écart bouge chaque mois, comme lors de l'épisode où Engie et EDF sont repassés sous le barème de référence.
Le fonctionnement de ce barème est détaillé sur le guide du prix repère du gaz, et les démarches pour en sortir sur celui pour changer de fournisseur de gaz.
Top 5 des offres de gaz les moins chères en octobre 2026
Vérifié 01/10/2026
1 860155,00€/an
−15512,96 € économisés /anAbo. 341,4028,45 € · kWh 0,1336 €
Vérifié 02/10/2026
1 891157,58€/an
−12510,40 € économisés /anAbo. 360,7230,06 € · kWh 0,1346 €
Vérifié 01/10/2026
1 922160,17€/an
−947,86 € économisés /anAbo. 360,7930,07 € · kWh 0,1373 €
Vérifié 01/10/2026
1 934161,17€/an
−826,82 € économisés /anAbo. 517,4443,12 € · kWh 0,1246 €
Vérifié 01/10/2026
1 946162,17€/an
−705,85 € économisés /anAbo. 360,7230,06 € · kWh 0,1394 €
Vérifié 01/10/2026
1 860155,00€/an
−15512,96 € économisés /anAbo. 341,4028,45 € · kWh 0,1336 €
Vérifié 02/10/2026
1 891157,58€/an
−12510,40 € économisés /anAbo. 360,7230,06 € · kWh 0,1346 €
Vérifié 01/10/2026
1 922160,17€/an
−947,86 € économisés /anAbo. 360,7930,07 € · kWh 0,1373 €
Vérifié 01/10/2026
1 934161,17€/an
−826,82 € économisés /anAbo. 517,4443,12 € · kWh 0,1246 €
Vérifié 01/10/2026
1 946162,17€/an
−705,85 € économisés /anAbo. 360,7230,06 € · kWh 0,1394 €
Profil : consommation de 11 370 kWh de gaz par an, dans la zone tarifaire de la commune de Nantes.
Les écarts de tarifs sont calculés par rapport au Prix Repère Gaz, via le comparateur Selectra.
Le signe indique que le fournisseur est partenaire de JeChange pour l'offre. Les numéros affichés sont non-surtaxés.
Réduire le volume, le seul levier qui coupe vraiment le chèque
Négocier le prix réduit la facture, pas le volume importé. Le rapport insiste sur ce point : seule la baisse de la consommation fossile fait reculer le montant envoyé à l'étranger. Il chiffre à 8 millions le nombre de logements qui pourraient quitter le gaz et le fioul d'ici 2032, à condition que le rythme d'installation atteigne à terme 1,5 million de pompes à chaleur par an.
Trois chantiers agissent sur ce volume, par ordre de coût croissant :
- Le réglage et l'entretien de la chaudière existante, qui jouent sur quelques centaines de kilowattheures, avec les ordres de grandeur du guide de la consommation de gaz.
- L'isolation des points faibles du logement, combles et menuiseries en tête, qui réduit le besoin avant même de changer d'équipement.
- Le remplacement de la chaudière par une pompe à chaleur, seul geste qui supprime la ligne gaz de la facture.
Ce dernier arbitrage se heurte au reste à charge, et la fiscalité ne l'encourage pas encore : l'accise reste aujourd'hui presque deux fois plus lourde sur l'électricité que sur le gaz, un déséquilibre qu'un basculement fiscal envisagé par le même rapport propose de corriger. En attendant, comparer reste le geste le plus rentable, un écart que les relevés successifs face au prix repère confirment mois après mois.
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