Ce que l'arrêté du 13 juillet 2026 a changé
L'article 92 de la loi de finances pour 2026 a fait entrer les pompes à chaleur air/air réversibles fixes dans le champ du taux réduit de l'article 278-0 bis A du code général des impôts, celui des travaux de rénovation énergétique. L'arrêté du 13 juillet 2026, paru au Journal officiel le 17 juillet, en a fixé les critères techniques. Le dispositif s'applique depuis le lendemain.
Jusque-là, l'administration fiscale rangeait la climatisation parmi les gros équipements, au même titre qu'un ascenseur ou une chaudière collective. La conséquence était directe sur votre facture : le matériel était taxé au taux normal de 20 %, et seule la main-d'œuvre profitait du taux de 10 % réservé aux travaux dans un logement achevé depuis plus de deux ans. Un même devis portait donc deux taux différents, ce qui explique pourquoi les particuliers s'y retrouvaient rarement.
Le passage à 5,5 % supprime cette distinction. Le taux réduit couvre maintenant la totalité du devis, fourniture de l'équipement comprise, à condition que la même entreprise vende et installe l'appareil. C'est de là que vient l'économie.
L'hypothèse retenue ici, 65 % de matériel et 35 % de pose, correspond à une installation mono-split courante. Plus la part de l'équipement est élevée dans votre devis, plus le gain augmente, puisque c'est précisément la ligne qui supportait 20 % de taxe.
Calculez le gain sur votre propre devis
Le montant récupéré dépend de deux paramètres seulement : le total hors taxes de votre devis et la répartition entre le matériel et la main-d'œuvre. Cette répartition figure sur tout devis correctement détaillé.
Les quatre conditions à vérifier avant de signer
L'arrêté a inséré un 1° bis à l'article 30-0 D ter de l'annexe IV du code général des impôts. Les critères y sont cumulatifs : un seul manquant fait sortir tout le devis du taux réduit.
- La classe énergétique : pour un appareil d'une puissance inférieure ou égale à 12 kW, il faut au minimum A++ pour un mono-split et A+ pour un multi-split, en chauffage (SCOP) comme en refroidissement (SEER). Les deux modes comptent.
- Le fluide frigorigène : il doit respecter strictement les seuils de potentiel de réchauffement planétaire et le calendrier d'interdiction du règlement européen sur les gaz fluorés, appréciés à la date de signature du devis.
- La connectivité : l'appareil doit pouvoir se raccorder à un réseau numérique pour recevoir des consignes de température par plages horaires et changer de mode de fonctionnement à distance.
- Un appareil fixe et réversible : le texte vise les installations permanentes dans le bâtiment. Les monoblocs mobiles sur roulettes restent au taux normal.
Au-delà de 12 kW, le raisonnement bascule sur l'efficacité énergétique saisonnière, avec des seuils de 145 % en chauffage et 250 % en refroidissement pour un appareil en toiture, abaissés à 130 % et 150 % pour les modèles multifonctions intégrant ventilation et surventilation nocturne. Ces puissances concernent surtout les commerces et les grands volumes, rarement une maison individuelle.
La connectivité, le critère qui va éliminer le plus de modèles
C'est la condition la plus inattendue du texte, et probablement la plus discriminante. Un split correct sur le papier, mais dépourvu de module Wi-Fi ou de passerelle domotique, ne coche pas la case. Le fisc exige que l'appareil sache recevoir des consignes horaires à distance dans les deux modes, chauffage et refroidissement, ce qui exclut les télécommandes infrarouges classiques.
Cette exigence n'est pas gratuite. Un climatiseur réversible pilotable devient un actif effaçable : il peut être programmé pour éviter les heures les plus chères de la journée. La logique du texte est de réserver l'avantage fiscal aux équipements capables de s'effacer aux moments où le réseau électrique est tendu.
Attention à la date de signature : la conformité du fluide frigorigène s'apprécie au jour où vous signez le devis, pas au jour de l'installation. Le calendrier européen d'interdiction se resserre par paliers, si bien qu'un modèle éligible aujourd'hui peut ne plus l'être dans quelques mois. Un devis daté qui traîne plusieurs semaines avant signature est un risque réel.
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Une clim réversible change aussi votre contrat d'électricité
L'économie fiscale ne doit pas masquer l'autre moitié de l'équation. Une pompe à chaleur air/air consomme de l'électricité toute l'année, en chauffage l'hiver et en rafraîchissement l'été, et son appel de puissance au démarrage n'est pas anodin.
Deux points méritent d'être vérifiés avant la mise en service. D'abord la puissance souscrite : beaucoup de foyers équipés d'un compteur 6 kVA doivent passer à 9 kVA pour éviter les disjonctions, ce qui alourdit l'abonnement d'une soixantaine d'euros par an. Ensuite l'option tarifaire, car un appareil programmable se prête particulièrement bien aux heures creuses, à condition d'avoir un contrat qui les propose.
Un changement de puissance de compteur est le bon moment pour réexaminer l'offre elle-même, l'écart entre les fournisseurs se creusant à mesure que la consommation augmente.
Top 5 des offres d'électricité les moins chères en octobre 2026
Vérifié 01/10/2026
94078,33€/an
−625,20 € économisés /anAbo. 238,5619,88 € · kWh 0,1823 €
Vérifié 02/10/2026
94078,33€/an
−625,19 € économisés /anAbo. 238,5619,88 € · kWh 0,1823 €
Vérifié 18/08/2026
94178,42€/an
−615,09 € économisés /anAbo. 239,8819,99 € · kWh 0,1823 €
Vérifié 19/08/2026
96380,25€/an
−403,30 € économisés /anAbo. 261,2421,77 € · kWh 0,1823 €
Vérifié 01/10/2026
96880,67€/an
−342,82 € économisés /anAbo. 234,7219,56 € · kWh 0,1907 €
Vérifié 01/10/2026
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Vérifié 01/10/2026
96880,67€/an
−342,82 € économisés /anAbo. 234,7219,56 € · kWh 0,1907 €
Profil : option Base avec une puissance de 9 kVA et une consommation de 3 848 kWh par an.
Les écarts de tarifs sont calculés par rapport au Tarif réglementé d'EDF, via le comparateur Selectra.
Le signe indique que le fournisseur est partenaire de JeChange pour l'offre. Les numéros affichés sont non-surtaxés.
Les situations qui font retomber le devis au taux normal
Les critères techniques ne sont que la moitié du parcours. Les conditions générales du taux réduit s'appliquent aussi, et elles écartent des cas plus fréquents que prévu.
- Un logement de moins de deux ans : le taux réduit suppose une habitation achevée depuis plus de deux ans à la date des travaux.
- L'achat du matériel seul : si vous achetez le climatiseur de votre côté et ne faites appel à un professionnel que pour la pose, l'équipement reste taxé à 20 %. La même entreprise doit fournir et installer.
- Une chaudière fossile dans le même chantier : depuis mars 2025, un chantier comprenant la fourniture ou l'installation d'une chaudière fonctionnant aux énergies fossiles est exclu du taux réduit, systèmes hybrides compris.
- L'attestation manquante : vous devez certifier sur le devis ou la facture que les conditions sont réunies. Sans ce document signé, l'entreprise applique le taux normal.
En pratique, le réflexe utile tient en une phrase à envoyer à votre installateur avant de signer : demandez-lui d'indiquer noir sur blanc la référence exacte du modèle, sa classe SCOP et SEER, le fluide frigorigène utilisé et le taux de TVA appliqué. Un professionnel qui refuse de détailler ces quatre points sur son devis vous expose à un redressement, car c'est vous, en tant que client, qui signez l'attestation.
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