Quatre prix au lieu de six, et un plancher à 6 centimes
La grille en vigueur croise trois couleurs de jour et deux plages horaires, ce qui donne six prix du kWh, revalorisés au 1er août 2026.
La proposition abandonne ce découpage par couleur au profit d'un découpage par saison, avec les mêmes bornes horaires que l'option heures pleines / heures creuses réformée : pointe de 6 h à 9 h et de 18 h à 21 h, creux partout ailleurs. La nouveauté tient dans la tranche de 11 h à 17 h, calée sur la production solaire, où le kWh ne coûterait plus que 6 centimes pendant sept mois.
Ce que chaque usage coûterait selon le créneau
L'écart entre le prix plancher et le prix dissuasif atteint un facteur douze. Voilà ce que cela donne sur des consommations que la plupart des foyers peuvent programmer, à commencer par la recharge d'une voiture électrique.
Le chiffre qui frappe est celui des 100 km de voiture électrique : 1,20 € en milieu de journée d'été, contre 3,31 € au tarif bleu actuel et 14,40 € s'ils sont branchés au mauvais moment un jour de tension. Un plein d'essence équivalent coûte aujourd'hui plusieurs fois ce montant.
Les offres d'électricité les moins chères, toutes options confondues Le classement du moment en Base, en heures pleines / heures creuses et en horosaisonnier, avec le prix du kWh de chaque plage.Les jours rouges deviendraient des « jours sobriété », dissuasifs six heures au lieu de seize
C'est probablement le changement le plus utile pour qui a renoncé à Tempo. Aujourd'hui, un jour rouge impose le tarif fort de 6 h à 22 h sans interruption, ce qui suppose de vider sa journée. La proposition conserve le nombre de jours, mais en ramène la contrainte à deux fenêtres de trois heures.
- Le prix véritablement dissuasif ne dure plus que trois heures de suite : de 6 h à 9 h puis de 18 h à 21 h, au lieu de seize heures consécutives.
- Le reste de la journée reste à 24 centimes, un niveau élevé mais loin des 72,95 centimes actuels d'un jour rouge.
- Jamais plus de cinq jours sobriété consécutifs, du lundi au vendredi, samedis et dimanches exclus.
- Le déclenchement changerait de logique : les jours rouges visent la pointe de demande brute, les jours sobriété viseraient la demande nette de la production éolienne et solaire, autrement dit les épisodes sans vent en plein hiver.
2 033 € aujourd'hui, 1 663 € pour qui déplace ce qui peut l'être
Le rapport chiffre un abonné Tempo type, qui consomme 1 kW en continu et le double aux heures de pointe, soit près de 11 000 kWh par an. Sa facture s'élève aujourd'hui à 2 033 € hors abonnement. Après la réforme et sans le moindre changement d'habitude, elle atteint 2 035 €, une variation invisible sur un prélèvement mensuel. Le même foyer qui reporte le surplus de ses heures de pointe vers les heures super-creuses d'avril à octobre, et vers les heures creuses le reste de l'année, retombe à 1 663 €, soit 370 € de moins.
Le curseur ci-dessus mesure la part de la consommation de pointe effectivement décalée : à zéro, la facture ne bouge pas ; à cent, tout ce qui pouvait l'être a été reporté. Ajustez votre consommation annuelle pour retrouver votre propre ordre de grandeur. Le même exercice sur l'option heures pleines / heures creuses réformée donne des gains deux fois plus faibles.
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Qui aurait intérêt à basculer, et qui n'y gagnerait rien
Tempo réformé récompense une chose et une seule : la capacité à programmer. Le niveau de consommation compte moins que la part qui peut attendre.
- Une voiture électrique rechargée à domicile : c'est le profil qui encaisse le plus gros écart, avec un kWh à 6 centimes sept mois par an contre 16,54 aujourd'hui.
- Un ballon d'eau chaude reprogrammable : basculer sa chauffe de la nuit vers le début d'après-midi divise son coût par plus de deux d'avril à octobre.
- Un foyer présent en journée : télétravail, temps partiel, retraite. Cuisine, lessive et pompe à chaleur tombent naturellement dans la tranche à 6 centimes l'été.
- Un logement climatisé : la climatisation tourne précisément quand le solaire produit, donc quand le kWh est au plus bas.
- Un foyer sans appareil programmable : sans reprogrammation des gros postes, la grille ne fait quasiment rien bouger.
- Un chauffage électrique piloté à la main l'hiver : les heures super-creuses n'existent pas de novembre à mars, et la relance du soir tombe dans la tranche haute.
- Un foyer souvent absent, y compris les jours sobriété : il ne profite ni du plancher d'été, ni de la souplesse retrouvée des jours tendus, et son kWh de nuit passe de 13,56 à 14 centimes.
Pourquoi le plancher à 6 centimes s'arrête le 31 octobre
Le prix cassé de la mi-journée n'a de sens que tant que le soleil produit. De novembre à mars, la production photovoltaïque s'effondre au moment où le chauffage tire le plus, et la tranche de 11 h à 17 h perd toute raison d'être moins chère. La logique est la même que celle qui fait, en Espagne, tomber le tarif réglementé près de zéro l'été l'après-midi.
Derrière ce plancher se joue aussi une question budgétaire. La valeur captée par les installations photovoltaïques s'effondre depuis 2023, ce qui fait mécaniquement gonfler les aides publiques versées à la filière. Le rapport chiffre à 450 millions d'euros le gain pour les finances publiques d'une remontée de 20 points du taux de capture, soit à peu près la hausse des charges de soutien attendue pour 2027.
Les prix cités ne sont que des suggestions. La construction des barèmes revient à la Commission de régulation de l'énergie, par empilement des coûts d'approvisionnement, d'acheminement et de commercialisation, et leur validation aux pouvoirs publics. Le montant de l'abonnement, lui, est explicitement laissé au débat.
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