Pourquoi le tarif réglementé ignore le prix du jour
Le prix de l'électricité se forme sur deux marchés distincts, et les confondre mène à des contresens réguliers. Le marché spot cote l'électricité livrée le lendemain, heure par heure : c'est lui qui affiche des pointes spectaculaires en soirée et des creux, parfois négatifs, au milieu de la journée ensoleillée. Le marché à terme cote au contraire des blocs d'énergie livrés sur des mois ou des années entières.
Le fournisseur qui alimente un client au tarif réglementé n'achète pas au jour le jour : il constitue son portefeuille par acquisitions successives, étalées sur environ deux ans avant la livraison. La Commission de régulation de l'énergie reconstitue ce comportement d'achat pour bâtir la composante énergie du tarif. Le prix retenu est donc une moyenne lissée, et non la cotation d'un jour donné.
- Le marché spot reflète l'équilibre instantané entre production et consommation : il pilote les offres à tarification dynamique, pas le tarif réglementé.
- Le marché à terme cote le produit calendaire de l'année suivante, celui qui pèse le plus lourd dans la construction du tarif de février.
- Le lissage sur deux ans amortit les chocs : une flambée de quelques semaines ne déforme qu'une fraction du portefeuille déjà constitué.
La courbe qui décide vraiment du tarif de février
Le graphique ci-dessous retrace le prix du calendaire 2027 mois après mois depuis juin 2024, c'est-à-dire exactement la fenêtre d'achat que le régulateur reconstitue. Chaque point correspond à ce que coûtait, ce mois-là, un mégawattheure livré en 2027.
La moyenne de cette courbe sur 28 mois ressort à 60,50 € le mégawattheure, alors que la dernière cotation atteint 92,80 € : c'est la première de ces deux valeurs qui alimente le calcul du tarif, pas la seconde. Le pic de septembre ne pèse qu'un vingt-huitième de la fenêtre, ce qui explique qu'une flambée de 45 % sur un mois se traduise par quelques dixièmes de pourcent sur la facture.
Le raisonnement vaut dans les deux sens, et c'est ce qui rend le mécanisme inconfortable. Une détente durable des cours mettrait tout autant de temps à parvenir jusqu'à votre facture qu'une flambée met à s'y inviter.
Le tableau montre par ailleurs que le mouvement touche toutes les échéances, y compris 2028 et 2029. Si ce niveau se maintenait pendant plusieurs mois, la moyenne lissée monterait mécaniquement, et le rendez-vous d'août 2027 serait plus exposé que celui de février.
Top 5 des offres d'électricité les moins chères en octobre 2026
Vérifié 01/10/2026
94278,50€/an
−1068,86 € économisés /anAbo. 190,3215,86 € · kWh 0,1753 €
Vérifié 01/10/2026
97881,50€/an
−705,86 € économisés /anAbo. 190,3215,86 € · kWh 0,1837 €
Vérifié 02/10/2026
97881,50€/an
−705,84 € économisés /anAbo. 190,4415,87 € · kWh 0,1837 €
Vérifié 01/10/2026
97881,50€/an
−705,82 € économisés /anAbo. 190,3215,86 € · kWh 0,1838 €
Vérifié 18/08/2026
97881,50€/an
−705,82 € économisés /anAbo. 190,8015,90 € · kWh 0,1837 €
Vérifié 01/10/2026
94278,50€/an
−1068,86 € économisés /anAbo. 190,3215,86 € · kWh 0,1753 €
Vérifié 01/10/2026
97881,50€/an
−705,86 € économisés /anAbo. 190,3215,86 € · kWh 0,1837 €
Vérifié 02/10/2026
97881,50€/an
−705,84 € économisés /anAbo. 190,4415,87 € · kWh 0,1837 €
Vérifié 01/10/2026
97881,50€/an
−705,82 € économisés /anAbo. 190,3215,86 € · kWh 0,1838 €
Vérifié 18/08/2026
97881,50€/an
−705,82 € économisés /anAbo. 190,8015,90 € · kWh 0,1837 €
Profil : option Base avec une puissance de 6 kVA et une consommation de 4 287 kWh par an.
Les écarts de tarifs sont calculés par rapport au Tarif réglementé d'EDF, via le comparateur Selectra.
Le signe indique que le fournisseur est partenaire de JeChange pour l'offre. Les numéros affichés sont non-surtaxés.
Les quatre briques qui feront le tarif de février
La révision du 1er février ne se résume jamais à la seule composante énergie. Le tarif réglementé additionne quatre éléments, dont trois obéissent à des logiques totalement étrangères au marché de gros.
- La fourniture d'énergie, issue des prix à terme lissés, avec le produit calendaire 2027 comme pièce maîtresse.
- Le coût d'acheminement, c'est-à-dire le tarif d'utilisation des réseaux publics qui rémunère Enedis et RTE : il évolue selon son propre calendrier et pèse sur l'abonnement comme sur le kilowattheure.
- Les taxes, accise sur l'électricité en tête, dont le niveau relève d'un arbitrage budgétaire et non d'un calcul de marché.
- Le mécanisme de capacité, qui rémunère la disponibilité des moyens de production en hiver et laisse chaque année un reliquat à régulariser.
Cette dernière brique mérite l'attention. Un reliquat de capacité se solde toujours avec un décalage, et il peut ajouter ou retrancher quelques dixièmes de pourcent au tarif sans rapport avec la tendance du marché de gros. La consultation publique ouverte par le régulateur porte précisément sur la façon d'intégrer ces régularisations au mouvement de février.
Ce que donne la modélisation, scénario par scénario
Aucune projection sérieuse ne peut annoncer aujourd'hui le chiffre exact de février. En revanche, encadrer le résultat dans une fourchette réaliste permet de raisonner utilement. Un foyer de référence consomme 4 287 kWh par an en 6 kVA et paie 190,32 € d'abonnement annuel, soit une facture de 1 048 € aux conditions d'août 2026.
Dans une fourchette de plus ou moins 5 %, l'écart annuel reste contenu sous les 43 €, soit moins de 3,60 € par mois. Cet ordre de grandeur, utile à garder en tête, est très inférieur à l'écart que produit un simple changement d'offre.
Ajustez la simulation à votre propre consommation : un foyer chauffé à l'électricité consomme fréquemment trois fois le volume de référence, et les mêmes pourcentages y prennent une tout autre ampleur.
Ce que vous pouvez faire avant le 1er février
Attendre la publication du tarif pour réagir revient à subir la décision. Les leviers disponibles aujourd'hui sont connus et se chiffrent immédiatement, sans attendre l'arbitrage du régulateur.
- Vérifier la puissance souscrite : un compteur en 9 kVA alors que 6 kVA suffisent coûte plusieurs dizaines d'euros d'abonnement inutile chaque année.
- Arbitrer entre prix fixe et prix indexé : un contrat à prix bloqué neutralise la révision de février, dans les deux sens.
- Exploiter les heures creuses si l'eau chaude, la recharge d'un véhicule ou le lave-linge peuvent basculer la nuit.
- Comparer les offres de marché : plusieurs fournisseurs affichent une remise durable sur le prix du kilowattheure par rapport au tarif d'EDF.
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- Démarche gratuite
- En 10 minutes
- Sans engagement
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- Tous les fournisseurs
- À jour de octobre 2026
- 3 millions de clients conquis
- Noté 4,9/5 sur Trustpilot
Un point mérite d'être souligné pour ceux qui envisagent de bloquer leur prix maintenant. Les offres à prix fixe commercialisées aujourd'hui sont construites sur les cotations actuelles, donc sur un calendaire 2027 à plus de 90 € le mégawattheure, quand le tarif réglementé reste adossé à une moyenne de 60,50 €. Signer un prix bloqué à ce moment précis revient à acheter une protection au plus haut du marché, ce qui n'a de sens que pour un foyer qui ne peut absorber aucune hausse. Le raisonnement vaut aussi pour la partie gaz de la facture, où les cotations du PEG jouent le même rôle directeur. Et il rappelle une réalité souvent oubliée dans le débat sur les prix : les tensions géopolitiques qui agitent les cours ne se transmettent au tarif réglementé qu'avec un retard de plusieurs trimestres. C'est une protection quand les marchés s'emballent, et un handicap quand ils se détendent, puisque la baisse met alors tout autant de temps à parvenir jusqu'à votre facture. Ceux qui veulent capter un repli des cours sans attendre passent par une offre de marché indexée, quitte à en accepter la volatilité.
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