Un poste qui pèse 8 % du panier et plus de la moitié de l'inflation
L'énergie représente 764 millièmes du panier de l'Insee, soit moins de 8 % des dépenses suivies. Multipliée par sa hausse de 21,2 %, cette part explique à elle seule 1,6 point d'inflation sur les 3,0 points mesurés en septembre. Sans l'énergie, l'inflation française serait restée nettement sous les 2 %, au niveau où elle se trouvait au printemps.
- Énergie : +21,2 %, après +16,7 % en août et +12,6 % en juillet, « tirée par les produits pétroliers et le gaz » selon l'institut.
- Alimentation : +1,5 %, avec des produits frais à +9,9 %.
- Services : +2,2 %, la baisse saisonnière des hôtels et des transports étant moins marquée qu'en 2025.
- Produits manufacturés : −0,3 %, seul poste en baisse.
La courbe raconte une année en deux temps. En février, l'énergie coûtait encore 3 % de moins qu'un an plus tôt. Le retournement date du printemps, avec le conflit au Moyen-Orient et les tensions sur les marchés de gros du pétrole et du gaz que nous suivons depuis le bond du prix repère du gaz en septembre. Le repli de juin n'a duré qu'un mois, et chaque mois depuis juillet a marqué un nouveau sommet.
Carburants et fioul en tête, l'électricité presque stable
L'estimation provisoire ne détaille pas les énergies une par une : ce détail arrive avec les résultats définitifs, le 15 octobre. Les chiffres définitifs d'août, publiés mi-septembre, donnent en revanche la hiérarchie, et elle est très inégale. Entre le fioul et l'électricité, l'écart de rythme va de 1 à 43.
Le gazole grimpe deux fois plus vite que l'essence, au point que le litre de gazole coûte désormais 24 centimes de plus que le SP95-E10. Le fioul suit le pétrole avec un effet amplifié : le plein d'automne de 1 000 litres coûte 700 € de plus qu'en 2025. Le gaz, lui, dépend du prix repère de la CRE, révisé chaque mois, qui vient de battre son record au 1er octobre avec +6,3 %.
L'électricité fait exception pour une raison de construction : le tarif réglementé ne suit pas les marchés au jour le jour mais une moyenne lissée sur deux ans, révisée une fois par an au 1er février. Le choc du printemps sur les marchés de gros n'a donc pas encore atteint la facture d'électricité, alors que le gaz et les carburants le répercutent en quelques semaines.
Prix de l'électricité : tarif réglementé, offres de marché et révision de février Comment le tarif réglementé est calculé, pourquoi il bouge une fois par an et comment les offres de marché se positionnent.Ce que +21,2 % représente sur des dépenses réelles
Un pourcentage d'indice ne dit rien tant qu'il n'est pas appliqué à une dépense. Le tableau reprend des montants que nous avons déjà relevés dans nos actualités, aux dates indiquées dans chaque article. Sur les énergies fossiles, la hausse se compte en centaines d'euros par an ; sur l'électricité, en dizaines.
Le cumul dépend du profil. Un foyer qui roule au gazole et se chauffe au fioul additionne les deux postes les plus touchés. Un foyer tout électrique qui prend les transports en commun ne voit presque rien. Le calculateur applique à vos propres dépenses les hausses mesurées par l'Insee, énergie par énergie, pour obtenir le surcoût d'une année à consommation identique.
Pour le foyer type du calculateur, 150 € de gazole par mois, 1 500 € de gaz et 900 € d'électricité, le surcoût atteint 880 € sur un an, soit 21 % d'un budget énergie de 4 200 €. Remplacer le gaz par le fioul dans ce même foyer porte la note au-delà de 1 300 €. Ces ordres de grandeur rejoignent notre estimation des 450 € par ménage versés en 2025 aux pays exportateurs pour se chauffer et se déplacer, un montant que 2026 dépassera largement.
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L'électricité, seule énergie à ne pas flamber, et jusqu'à quand
La stabilité de l'électricité n'est pas acquise pour 2027. Les prix à terme ont pris 44,7 % en un mois sur le contrat calendaire 2027, et le lissage sur deux ans du tarif réglementé finira par les intégrer, en partie, au 1er février. La fenêtre actuelle est donc celle où l'électricité est bon marché par rapport aux autres énergies, et où les offres de marché creusent l'écart avec le tarif réglementé.
- Comparer les offres à prix de marché : pour 4 287 kWh en 6 kVA, le tarif réglementé revient à 1 048 € par an, et l'offre la moins chère du moment, chez Ekwateur, à 942 €, soit 106 € de moins.
- Bloquer un prix fixe : il protège de la révision de février, au prix d'un kWh parfois un peu plus cher aujourd'hui.
- Déplacer les usages en heures creuses : chauffe-eau, lave-linge et recharge de voiture pèsent jusqu'à la moitié de la consommation.
- Remplacer le fioul par une pompe à chaleur : c'est l'écart le plus large du tableau, et il s'élargit chaque mois.
Top 3 des offres d'électricité les moins chères en octobre 2026
Vérifié 01/10/2026
94278,50€/an
−1068,86 € économisés /anAbo. 190,3215,86 € · kWh 0,1753 €
Vérifié 02/10/2026
97180,92€/an
−776,43 € économisés /anAbo. 190,3215,86 € · kWh 0,1821 €
Vérifié 01/10/2026
97881,50€/an
−705,86 € économisés /anAbo. 190,3215,86 € · kWh 0,1837 €
Vérifié 01/10/2026
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−1068,86 € économisés /anAbo. 190,3215,86 € · kWh 0,1753 €
Vérifié 02/10/2026
97180,92€/an
−776,43 € économisés /anAbo. 190,3215,86 € · kWh 0,1821 €
Vérifié 01/10/2026
97881,50€/an
−705,86 € économisés /anAbo. 190,3215,86 € · kWh 0,1837 €
Profil : option Base avec une puissance de 6 kVA et une consommation de 4 287 kWh par an.
Les écarts de tarifs sont calculés par rapport au Tarif réglementé d'EDF, via le comparateur Selectra.
Le signe indique que le fournisseur est partenaire de JeChange pour l'offre. Les numéros affichés sont non-surtaxés.
Ce qui peut faire redescendre l'indice, et quand
L'indice de l'énergie réagit à deux variables : le cours du pétrole, qui se répercute sur les carburants en quelques jours, et le prix du gaz sur les marchés européens, que le prix repère traduit avec un mois de décalage. Un apaisement au Moyen-Orient ferait d'abord baisser le gazole, puis le fioul, et le gaz seulement le mois suivant. L'électricité, à l'inverse, monterait après les autres, par le jeu du lissage.
Deux rendez-vous permettront de le vérifier. Le 15 octobre, l'Insee publie les résultats définitifs de septembre, avec la hausse exacte du gaz, de l'électricité et de chaque carburant. Le 30 octobre, l'estimation provisoire d'octobre intégrera la hausse de 6,3 % du prix repère du gaz. D'ici là, le seul poste sur lequel un foyer garde la main est le contrat d'électricité, et notre guide pour changer de fournisseur d'électricité rappelle que la démarche prend quelques minutes, sans coupure ni frais.
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