Un indicateur officiel qui ne bouge pas

La mesure de référence repose sur un taux d'effort : un ménage est considéré en précarité énergétique quand ses dépenses d'énergie dépassent une part donnée de ses revenus, en tenant compte de sa composition. Sur ce critère, la part des ménages concernés oscille autour de 10 % depuis une décennie.

Cette stabilité apparente masque un changement de comportement massif. Un ménage qui cesse de chauffer une pièce, baisse le thermostat ou renonce à l'eau chaude fait mécaniquement reculer sa dépense d'énergie. Il sort donc de l'indicateur au moment même où sa situation se dégrade.

Trois arbitrages très courants peuvent faire sortir un foyer de la statistique sans rien régler :

  • Fermer une ou plusieurs pièces pour ne chauffer que la surface strictement nécessaire.
  • Abaisser le thermostat sous le seuil de confort, souvent d'un ou deux degrés pendant tout l'hiver.
  • Limiter l'eau chaude sanitaire, poste peu visible mais qui pèse dans une facture de chauffage.

Le rapport en tire une conclusion directe : le thermomètre officiel enregistre le montant payé, pas le confort abandonné pour y parvenir.

Les interventions pour impayés ont doublé

Le médiateur national de l'énergie publie une autre série, beaucoup plus mouvante. En 2024, le nombre d'interventions déclenchées pour factures impayées a progressé pour la quatrième année consécutive, de près d'un quart sur un an.

Interventions pour impayés d'énergie en 2024
Type d'intervention Nombre Sur un an
Réductions de puissance électrique 937 223 + 25 %
Coupures d'électricité ou de gaz 308 943 + 16 %
Total des interventions 1 246 166 4ᵉ hausse

La réduction de puissance est devenue le mode d'action dominant, loin devant la coupure sèche. Le compteur continue d'alimenter le logement, mais à une puissance si faible que les usages simultanés deviennent impossibles. Le suivi complet de ces données est publié par le médiateur national de l'énergie.

Pourquoi les deux courbes divergent

Les enquêtes déclaratives donnent la clé de l'écart. Elles mesurent ce que les ménages vivent, quand l'indicateur officiel mesure ce qu'ils dépensent.

  • Le froid subi a plus que doublé : 35 % des personnes interrogées ont déclaré avoir eu froid chez elles durant l'hiver 2024-2025, contre 14 % en 2020.
  • La cause est financière pour 37 % de celles qui ont eu froid, et non le seul manque d'isolation.
  • Les difficultés de paiement se sont généralisées : 36 % des Français en ont rencontré en 2025, contre 10 % en 2013.

Trois dynamiques se cumulent derrière ces courbes : la hausse durable du prix de l'énergie depuis 2021, le poids des taxes sur la facture, et la persistance de logements mal isolés. La composante fiscale reste d'ailleurs discutée, notamment depuis que 2,4 milliards issus de la taxe sur l'électricité financent des dépenses hors du secteur énergétique. Le même rapport propose d'ailleurs un rééquilibrage de la fiscalité entre l'électricité et le gaz.

Top 5 des offres d'électricité les moins chères en octobre 2026

Offre Caractéristiques Score Facture Simulation
Verte standard Prix fixe 1 an
Selectra Score A

Vérifié 01/10/2026

94278,50€/an

−1068,86 € économisés /an

Abo. 190,3215,86 € · kWh 0,1753 €

Indexé TRV
Selectra Score C

Vérifié 01/10/2026

97881,50€/an

−705,86 € économisés /an

Abo. 190,3215,86 € · kWh 0,1837 €

Verte standard Prix fixe 2 ans
Selectra Score A

Vérifié 02/10/2026

97881,50€/an

−705,84 € économisés /an

Abo. 190,4415,87 € · kWh 0,1837 €

Verte standard Prix fixe 1 an
Selectra Score B

Vérifié 01/10/2026

97881,50€/an

−705,82 € économisés /an

Abo. 190,3215,86 € · kWh 0,1838 €

Verte standard Prix fixe 3 ans
Selectra Score B

Vérifié 18/08/2026

97881,50€/an

−705,82 € économisés /an

Abo. 190,8015,90 € · kWh 0,1837 €

Verte standard Prix fixe 1 an
Selectra Score A

Vérifié 01/10/2026

94278,50€/an

−1068,86 € économisés /an

Abo. 190,3215,86 € · kWh 0,1753 €

Indexé TRV
Selectra Score C

Vérifié 01/10/2026

97881,50€/an

−705,86 € économisés /an

Abo. 190,3215,86 € · kWh 0,1837 €

Verte standard Prix fixe 2 ans
Selectra Score A

Vérifié 02/10/2026

97881,50€/an

−705,84 € économisés /an

Abo. 190,4415,87 € · kWh 0,1837 €

Verte standard Prix fixe 1 an
Selectra Score B

Vérifié 01/10/2026

97881,50€/an

−705,82 € économisés /an

Abo. 190,3215,86 € · kWh 0,1838 €

Verte standard Prix fixe 3 ans
Selectra Score B

Vérifié 18/08/2026

97881,50€/an

−705,82 € économisés /an

Abo. 190,8015,90 € · kWh 0,1837 €

Profil : option Base avec une puissance de 6 kVA et une consommation de 4 287 kWh par an.

Les écarts de tarifs sont calculés par rapport au Tarif réglementé d'EDF, via le comparateur Selectra.

Le signe  indique que le fournisseur est partenaire de JeChange pour l'offre. Les numéros affichés sont non-surtaxés.

Ce que la trêve hivernale protège, et ce qu'elle ne protège pas

La protection légale s'ouvre le 1er novembre et se referme le 31 mars. Elle découle de l'article L115-3 du code de l'action sociale et des familles et de la loi du 15 avril 2013. Sa portée est souvent surestimée.

Ce que la trêve interdit :

  • Toute coupure d'électricité pour impayé dans une résidence principale, quelle que soit la situation du foyer.
  • Toute baisse de puissance pour les bénéficiaires du chèque énergie, dont l'abonnement reste intact du 1er novembre au 31 mars.

Ce qu'elle autorise malgré tout :

  • La réduction de puissance à 3 kVA pour les foyers non bénéficiaires du chèque énergie, environ 35 jours après l'échéance impayée, voire 2 kVA sur les petits abonnements.
  • La reprise des procédures dès le 1er avril, sachant que depuis 2023 une coupure ne peut intervenir qu'après 60 jours au moins de réduction de puissance.

À 3 kVA, un chauffage d'appoint et une plaque de cuisson suffisent à faire disjoncter l'installation, comme l'explique le guide de la puissance 3 kVA. Les règles complètes figurent sur le guide de la trêve hivernale.

Comparez en 5 minutes. Économisez dès demain.

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JeChange

Les démarches qui coupent court à la procédure

Une facture impayée déclenche une séquence balisée, et chaque étape offre une porte de sortie. L'inaction est le scénario qui mène le plus sûrement à la réduction de puissance.

  1. Appeler le fournisseur avant l'échéance pour demander un échéancier, une démarche détaillée sur le guide des factures d'énergie impayées.
  2. Vérifier son droit au chèque énergie, qui vaut à la fois aide au paiement et protection de la puissance souscrite pendant l'hiver, sur le guide du chèque énergie.
  3. Saisir le fonds de solidarité pour le logement du département, qui peut prendre en charge tout ou partie de la dette énergétique.
  4. Contrôler le titulaire du contrat en cas de logement partagé, un point qui se règle avant l'impayé et non après, comme le montre le cas de la colocation et du nom inscrit sur le compteur.

Le chèque énergie ouvre par ailleurs des droits méconnus, dont l'afficheur déporté gratuit qui montre la consommation en temps réel. Sur le montant lui-même, deux leviers restent accessibles toute l'année : le comparateur d'électricité la moins chère et les gestes détaillés dans le guide pour réduire sa facture. Un déménagement reste le moment le plus risqué du parcours, comme le rappelle la procédure pour ouvrir ses compteurs sans subir de coupure.

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