Ce qu'une semaine de cotations donne réellement

Les prix horaires du marché de gros français sont publics et fixés la veille pour le lendemain. Voici ce qu'ils ont donné sur les sept derniers jours de cotation.

Une semaine de cotations horaires, du 8 au 14 septembre
Jour Moyenne Creux Pic
Mardi 8149,7 €/MWh39,2 € à 13 h213,7 € à 7 h
Mercredi 9149,5 €/MWh67,5 € à 14 h218,4 € à 19 h
Jeudi 10172,8 €/MWh19,6 € à 13 h271,5 € à 20 h
Vendredi 11176,7 €/MWh60,0 € à 13 h272,9 € à 19 h
Samedi 12130,8 €/MWh0,0 € à 12 h210,2 € à 20 h
Dimanche 13129,9 €/MWh0,0 € à 12 h233,8 € à 20 h
Lundi 14216,3 €/MWh150,4 € à 13 h305,8 € à 20 h

La moyenne de la semaine ressort à 160,8 € le mégawattheure. Mais cette moyenne ne raconte rien de ce qui compte : 16 heures sont passées sous 50 € et 49 heures au-dessus de 200 €, dont quatre heures à zéro ou en territoire négatif le week-end. Le prix moyen n'existe pour personne, puisque personne ne consomme uniformément.

La malédiction du profil de consommation

C'est le point que les comparaisons rapides oublient systématiquement. Un foyer ne consomme pas à plat : il consomme quand il rentre du travail, allume la lumière, lance le four et la machine. Exactement au moment où le marché est le plus cher.

Sur la semaine étudiée, la moyenne horaire suit une courbe en cuvette très marquée.

  • Le creux de mi-journée tombe à 48 € le mégawattheure en moyenne à 13 heures, porté par la production solaire.
  • Le pic du soir atteint 244 € en moyenne à 20 heures, soit cinq fois le creux, quand le solaire disparaît et que la demande domestique culmine.
  • Le petit pic du matin, autour de 214 € à 7 heures, frappe au lever, avant le départ au travail.

Rapporté à un profil résidentiel réaliste, qui concentre un tiers de sa consommation entre 18 et 23 heures, le prix effectivement payé sur cette semaine n'est pas 161 € mais environ 176 € le mégawattheure. Un ménage au spot paie structurellement son électricité 10 % de plus que la moyenne affichée du marché, simplement parce qu'il vit aux heures chères.

En France, ces offres restent l'affaire d'une poignée de fournisseurs. Sobry répercute le prix horaire du marché sur la part énergie et facture un abonnement mensuel pour se rémunérer, au lieu d'une marge au kilowattheure. Frank Énergie applique le même principe et donne accès au prix heure par heure la veille pour le lendemain. Leur modèle suppose que le client pilote réellement ses usages : le fournisseur ne garantit plus rien sur le prix, il vend un accès au marché.

Top 5 des offres d'électricité à prix bloqués les moins chères en octobre 2026

Offre Caractéristiques Score Facture Simulation
Verte standard Prix fixe 1 an
Selectra Score A

Vérifié 01/10/2026

94278,50€/an

−1068,85 € économisés /an

Abo. 190,3215,86 € · kWh 0,1753 €

Verte standard Prix fixe 2 ans
Selectra Score A

Vérifié 02/10/2026

97881,50€/an

−705,85 € économisés /an

Abo. 190,4415,87 € · kWh 0,1837 €

Verte standard Prix fixe 1 an
Selectra Score B

Vérifié 01/10/2026

97881,50€/an

−705,85 € économisés /an

Abo. 190,3215,86 € · kWh 0,1838 €

Verte standard Prix fixe 3 ans
Selectra Score B

Vérifié 18/08/2026

97881,50€/an

−705,85 € économisés /an

Abo. 190,8015,90 € · kWh 0,1837 €

Verte premium+ Prix fixe 3 ans
Selectra Score B

Vérifié 19/08/2026

99582,92€/an

−534,43 € économisés /an

Abo. 207,9617,33 € · kWh 0,1837 €

Verte standard Prix fixe 1 an
Selectra Score A

Vérifié 01/10/2026

94278,50€/an

−1068,85 € économisés /an

Abo. 190,3215,86 € · kWh 0,1753 €

Verte standard Prix fixe 2 ans
Selectra Score A

Vérifié 02/10/2026

97881,50€/an

−705,85 € économisés /an

Abo. 190,4415,87 € · kWh 0,1837 €

Verte standard Prix fixe 1 an
Selectra Score B

Vérifié 01/10/2026

97881,50€/an

−705,85 € économisés /an

Abo. 190,3215,86 € · kWh 0,1838 €

Verte standard Prix fixe 3 ans
Selectra Score B

Vérifié 18/08/2026

97881,50€/an

−705,85 € économisés /an

Abo. 190,8015,90 € · kWh 0,1837 €

Verte premium+ Prix fixe 3 ans
Selectra Score B

Vérifié 19/08/2026

99582,92€/an

−534,43 € économisés /an

Abo. 207,9617,33 € · kWh 0,1837 €

Profil : option Base avec une puissance de 6 kVA et une consommation de 4 287 kWh par an.

Les écarts de tarifs sont calculés par rapport au Tarif réglementé d'EDF, via le comparateur Selectra.

Le signe  indique que le fournisseur est partenaire de JeChange pour l'offre. Les numéros affichés sont non-surtaxés.

Sur douze mois, le pari a été presque nul

Un mauvais mois ne condamne pas une offre. Le bon test consiste à regarder une année entière, et à la comparer à ce que le tarif réglementé de vente facture réellement au titre de l'énergie, soit environ 85 € le mégawattheure une fois retirés l'acheminement et les taxes.

Douze mois de prix spot français, moyenne mensuelle
Mois Moyenne Comparé aux 85 €/MWh du tarif réglementé
Septembre 202539,6 €/MWh− 53 %
Décembre 202568,7 €/MWh− 19 %
Janvier 2026100,7 €/MWh+ 18 %
Avril 202639,8 €/MWh− 53 %
Juillet 202695,2 €/MWh+ 12 %
Août 2026122,8 €/MWh+ 44 %
Septembre 2026147,5 €/MWh+ 74 %

Sur les douze mois écoulés, le spot français s'est établi à 67,6 € le mégawattheure en moyenne, soit 20 % de moins que la composante énergie du tarif réglementé. Le pari, sur le papier, a donc été gagnant. Mais l'écart réel fond dès lors que la majoration de profil s'applique, et il disparaît une fois ajoutée la marge du fournisseur.

Ce que cela donne pour un foyer de 4 500 kWh

Le calcul ci-dessous isole la seule part énergie, celle qui varie d'une offre à l'autre : l'abonnement, l'acheminement et les taxes sont identiques quelle que soit la formule choisie.

Spot ou tarif réglementé : l'écart sur la part énergie

Écart annuel sur la part énergie

 €

Au spot, votre énergie coûte  € contre  € au tarif réglementé. Le pari est perdant à ce niveau de prix.Le pari est gagnant à ce niveau de prix.

Majoration de profil de 9,5 % appliquée au spot, hors abonnement, réseau et taxes identiques

JeChange

Avec la moyenne des douze derniers mois, un foyer de 4 500 kWh économise une cinquantaine d'euros. Avec le niveau de septembre 2026, il perd près de 350 €. Entre les deux scénarios, l'écart annuel approche 400 € pour une consommation identique et un logement identique, et le ménage découvre la facture après coup, pas avant.

Le vrai risque n'est pas la moyenne, c'est la saison

La difficulté tient à une coïncidence défavorable : les mois où le marché est cher sont aussi les mois où vous consommez le plus. En janvier 2026, le spot a dépassé 100 € le mégawattheure au moment précis où le chauffage tournait à plein.

Ce risque est asymétrique. Une année douce fait gagner quelques dizaines d'euros, une vague de froid prolongée peut coûter plusieurs centaines d'euros en quelques semaines, sans plafond contractuel. Le tarif réglementé, lui, ne bouge qu'à dates fixes, et son prochain mouvement n'interviendra qu'au 1er février 2027, quelles que soient les cotations d'ici là. Cette protection est le service que vous payez implicitement.

Ce qui fait monter le spot en ce moment : le gaz fixe le prix de l'électricité une partie des heures de la journée, et les tensions sur les détroits pétroliers se transmettent donc au kilowattheure français, comme nous l'expliquions à propos du blocage d'Ormuz et de Bab el-Mandeb. Et la trajectoire ne s'annonce pas favorable : notre analyse des cours de l'énergie à l'approche de l'hiver décrit un marché durablement tendu, pendant que les prix de marché actuels préparent le tarif réglementé de 2027.

Prix fixe ou prix indexé : comment trancher Les deux logiques comparées sur la durée, avec les profils de consommation auxquels chacune convient.

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JeChange

Pour qui ces offres gardent malgré tout du sens

Le tarif dynamique n'est pas une mauvaise offre en soi : c'est une offre qui suppose un usage particulier. Elle récompense les foyers capables de déplacer une part importante de leur consommation vers les heures creuses du marché.

  • Une voiture électrique rechargée la nuit ou à midi déplace 2 000 à 3 000 kWh par an vers les heures les moins chères, ce qui inverse complètement la majoration de profil.
  • Un ballon d'eau chaude piloté et des appareils programmables permettent de viser le creux solaire de mi-journée, celui qui tombait à 48 € cette semaine.
  • Un logement bien isolé réduit la part de consommation subie l'hiver, c'est-à-dire exactement celle qui coûte cher au spot.
  • Une batterie domestique change complètement l'équation : c'est le seul équipement qui permet d'acheter à 0 € le samedi à midi pour restituer à 20 heures, quand le marché cote 300 €. Couplée à des panneaux ou seule, elle transforme la volatilité en ressource au lieu de la subir, et c'est précisément le modèle des acteurs qui captent aujourd'hui l'essentiel de ces écarts.
  • Un chauffage électrique dans un logement mal isolé concentre la consommation sur les heures et les mois les plus chers : c'est le profil le plus exposé.
  • Un budget mensuel serré s'accommode mal d'une facture qui peut doubler d'un mois sur l'autre sans préavis.
  • Une absence totale de pilotage des usages transforme l'offre en simple pari sur la météo européenne.

Pour les autres, les formules intermédiaires restent les plus rationnelles : l'option heures pleines et heures creuses capture une partie du même écart avec un prix connu à l'avance, et les offres à prix fixe verrouillent le coût sur plusieurs années. Notre comparatif prix fixe ou prix indexé détaille cet arbitrage, et nos pages électricité la moins chère et changer de fournisseur permettent de le mettre en pratique.

Un dernier chiffre pour mesurer le chemin parcouru : le marché français a connu 513 heures de prix négatifs en 2025. Ces heures existent toujours, mais elles se concentrent le week-end à midi. Encore faut-il pouvoir consommer à ce moment-là.

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