Les six travaux qui quittent le geste isolé lundi soir
L'annexe qui liste les dépenses éligibles à la prime est purement et simplement remplacée. En métropole, les postes les plus demandés des cinq dernières années disparaissent du financement à l'unité, dans la logique de priorité donnée à l'électrification du chauffage.
Sont retirés du parcours par geste :
- Les poêles à bois et à granulés, ainsi que les chaudières biomasse, en chauffage principal comme en appoint.
- Le chauffe-eau solaire et le chauffage solaire combiné, qui restent financés uniquement en outre-mer.
- Le chauffe-eau thermodynamique, désormais exclu par la nouvelle définition, qui réserve l'aide aux pompes à chaleur produisant du chauffage.
- La ventilation mécanique contrôlée double flux, qui renouvelle l'air en récupérant la chaleur sortante.
- L'isolation des toitures, des combles et des toitures-terrasses, contre les déperditions par le haut.
- Le remplacement des fenêtres, du simple vitrage vers un vitrage isolant.
Un changement voisin est souvent confondu avec celui-ci, alors qu'il s'applique déjà : l'isolation des murs est sortie du parcours par geste depuis le 1er janvier 2026. Pour ce poste, le monogeste n'était de toute façon plus une option.
Cinq gestes restent finançables à l'unité, aux mêmes montants
La réforme resserre le périmètre, elle ne rabote pas les barèmes. Les forfaits des gestes conservés sont repris à l'identique dans le nouveau tableau, avec les mêmes plafonds de dépense éligible.
Deux précisions changent la portée réelle de ce tableau. Les ménages aux revenus supérieurs sont exclus de ces cinq gestes, sans exception. Et la dépose d'une cuve à fioul n'est plus finançable qu'accompagnée d'une pompe à chaleur ou d'un raccordement à un réseau de chaleur : un ménage qui quittait le fioul pour un poêle à granulés perd désormais les deux aides d'un coup.
Ce qui compte, c'est la date de dépôt : ni la signature du devis, ni la date des travaux. Une demande enregistrée jusqu'au 31 août reste instruite sous les anciennes règles, même si le chantier démarre en octobre.
Le même jour, les primes CEE sont multipliées par sept sur trois de ces gestes
Le calendrier réserve une contradiction remarquable. Pendant que l'État retire le chauffe-eau thermodynamique, le chauffe-eau solaire et le système solaire combiné du geste isolé, un second guichet fait exactement l'inverse sur ces trois équipements, à la même date du 1er septembre 2026.
Il s'agit des certificats d'économies d'énergie, financés par les fournisseurs d'énergie et non par le budget de l'État. Un arrêté du 17 août 2026 bonifie fortement ces primes jusqu'au 31 décembre : le montant est multiplié par sept pour un ménage aux revenus modestes et par quatre pour les autres foyers, là où il plafonnait autour de 100 €. Deux dispositifs publics suivent donc des trajectoires opposées sur le même matériel, à quatre mois d'intervalle.
La conséquence pratique est moins favorable qu'il n'y paraît. Le cumul des deux aides, qui pouvait dépasser 1 300 € sur un chauffe-eau thermodynamique pour un ménage modeste, n'est plus possible en geste isolé après lundi : la part MaPrimeRénov' s'éteint au moment précis où la bonification des primes CEE entre en vigueur. Déposer la demande de prime avant le 31 août reste le seul moyen de capter les deux.
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L'isolation et les fenêtres restent finançables, par une autre porte
Les travaux écartés du monogeste ne perdent pas tout financement, ils changent de guichet. Le même arrêté du 25 août réécrit d'ailleurs entièrement les critères techniques de l'éco-prêt à taux zéro, précisément parce que ce dispositif renvoyait jusqu'ici aux articles que la réforme abroge.
Résultat : l'isolation des combles et le remplacement des fenêtres restent éligibles à l'éco-PTZ et aux primes CEE, avec des exigences de performance désormais inscrites noir sur blanc dans le texte, comme une résistance thermique minimale de 6 pour les rampants de toiture. La seconde voie reste le parcours « rénovation d'ampleur », qui finance ces mêmes postes à condition de les intégrer dans un bouquet cohérent.
Ce parcours se durcit lui aussi le 1er septembre. Une disposition nouvelle mérite l'attention des propriétaires de maison : les travaux ne doivent plus conduire à installer ni même à conserver un équipement fonctionnant au gaz ou au fioul, sauf raccordement à un réseau de chaleur. Garder sa chaudière gaz en complément d'une rénovation globale devient rédhibitoire, comme le détaille notre article sur le tour de vis sur les aides à la rénovation d'ampleur.
La pompe à chaleur air-eau garde son financement, votre facture change d'échelle
Un équipement traverse la réforme sans dommage. La pompe à chaleur air-eau conserve son forfait en geste isolé, jusqu'à 5 000 € pour un ménage très modeste. Le geste isolé n'est donc pas condamné, il se resserre autour de l'électrification du chauffage, très exactement ce que le nouveau tableau met en évidence.
Cette orientation a une conséquence budgétaire rarement mise en avant. Remplacer une chaudière fossile par une pompe à chaleur ne supprime pas la dépense de chauffage, elle la déplace : le combustible disparaît de vos charges, la consommation d'électricité grimpe nettement. Le gain réel se joue alors autant sur le contrat d'électricité que sur la performance de la machine.
Un logement qui bascule sur une pompe à chaleur change d'échelle de consommation, et souvent de puissance de compteur, en passant fréquemment de 6 à 9 kVA. Estimer le volume de kilowattheures attendu avant le chantier évite de découvrir l'addition l'hiver suivant. Sur la durée de vie de l'installation, le prix du kilowattheure souscrit pèse plus lourd que le montant de la prime touchée au départ.
Top 5 des offres d'électricité les moins chères en septembre 2026
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88974,08€/an
−1149,49 € économisés /anAbo. 249,3620,78 € · kWh 0,1661 €
Vérifié 02/09/2026
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−756,22 € économisés /anAbo. 238,5619,88 € · kWh 0,1791 €
Vérifié 03/09/2026
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Vérifié 01/09/2026
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Vérifié 18/08/2026
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Profil : option Base avec une puissance de 9 kVA et une consommation de 3 848 kWh par an.
Les écarts de tarifs sont calculés par rapport au Tarif réglementé d'EDF, via le comparateur Selectra.
Le signe indique que le fournisseur est partenaire de JeChange pour l'offre. Les numéros affichés sont non-surtaxés.
Un avis défavorable, un an de sursis pour les passoires
Le décret n'est pas passé sans résistance. Présenté au Conseil national de l'habitat le 2 juillet 2026, il y avait reçu un avis défavorable, cette instance réunissant les acteurs du logement pour se prononcer sur les textes du secteur. L'avis étant consultatif, le Gouvernement a publié le texte malgré ce vote contraire, ce que le décret mentionne d'ailleurs explicitement dans ses visas.
Le même texte accorde en revanche un report inattendu. L'échéance du 1er janvier 2027, qui devait fermer le parcours par geste aux logements classés F et G, est repoussée au 1er janvier 2028. Les propriétaires de passoires énergétiques gagnent donc douze mois pour mobiliser les gestes qui subsistent, pompe à chaleur en tête.
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