Un plancher historique, construit sur 95 % de production décarbonée
La France a produit 547,5 TWh d'électricité en 2025 pour une consommation intérieure de 451 TWh. 95,2 % de cette production est venue du nucléaire, de l'hydraulique, de l'éolien et du solaire, et les centrales à charbon et au fioul n'ont pratiquement pas tourné. Les émissions totales du parc sont tombées à 10,9 millions de tonnes, contre 11,7 en 2024 et 15,8 en 2023 : c'est le volume le plus faible depuis 1945, pour la troisième année consécutive.
Le gaz reste la seule énergie fossile qui pèse encore, avec 6,7 millions de tonnes. RTE précise qu'une bonne part de ces rejets vient de cogénérations adossées à des réseaux de chaleur ou à des sites industriels, et qu'ils sont donc en partie incompressibles. La production électrique pèse désormais moins d'un dixième des émissions du transport routier et un cinquième de celles du chauffage des bâtiments.
Cette abondance a aussi alimenté un record d'exportations : 92,3 TWh vendus aux pays voisins en 2025, qui leur ont évité 27 millions de tonnes de CO2, pour l'essentiel en Italie, en Allemagne et en Belgique.
Pourquoi la moyenne ne dit rien de l'heure où vous consommez
Le chiffre de 19,6 g est une moyenne annuelle. Les données publiques d'éCO2mix, l'outil de RTE qui publie l'intensité carbone du réseau toutes les demi-heures, montrent une amplitude considérable sur l'année 2025. Plus de la moitié des demi-heures sont passées sous 15 g, mais 13 % ont dépassé 30 g, et presque toutes ces demi-heures chargées tombent entre novembre et mars, en fin de journée.
La raison tient à l'ordre dans lequel le réseau appelle ses centrales. Le nucléaire, l'hydraulique et les renouvelables couvrent la demande la plupart du temps. Quand le chauffage électrique fait grimper la consommation un soir de janvier, les centrales à gaz démarrent pour fournir le complément. En hiver, elles ont produit en moyenne 4,8 GW entre 18 h et 20 h, contre 1,9 GW sur l'ensemble de l'année. C'est cette production d'appoint qui fait grimper l'intensité du kWh.
RTE le dit lui-même : même lors des périodes de forte consommation, l'intensité maximale de 2025 n'a jamais dépassé 58 g, soit la moyenne que la France affichait encore en 2013. Le pire kWh de 2025 reste donc meilleur que le kWh moyen d'il y a douze ans. La variation n'en est pas moins réelle, et elle a un sens pour les usages pilotables.
Heure décarbonée : quand le réseau tourne sans aucune centrale fossile Comment RTE identifie les plages où le nucléaire et les renouvelables couvrent seuls la demande, et quelles offres d'électricité s'y adaptent.Ce que ces grammes changent pour une pompe à chaleur et une voiture électrique
Le vrai sens de ce chiffre se lit en comparant les énergies. Un kWh de chaleur sorti d'une chaudière à gaz rejette environ 227 g de CO2, extraction et transport du gaz compris ; une pompe à chaleur qui produit 3 kWh de chaleur pour 1 kWh d'électricité en rejette 6,5 g au kWh moyen de 2025, moins de 10 g en comptant tout le cycle de vie du kWh (29 g selon RTE), et moins de 20 g dans la pire demi-heure de l'année. Même branchée en pleine pointe hivernale, la pompe à chaleur reste plus de dix fois moins émettrice que la chaudière qu'elle remplace. Notre comparaison de la PAC air-air face au radiateur électrique détaille ce rapport de rendement.
Le raisonnement vaut pour la voiture. Avec une consommation de 17,9 kWh aux 100 km, une voiture électrique rechargée au kWh moyen de 2025 émet 3,5 g de CO2 par kilomètre. Une citadine essence à 6 l/100 km en rejette environ 139 g à l'échappement, la combustion d'un litre d'essence libérant 2,31 kg de CO2. Le calculateur ci-dessous applique l'intensité réelle du moment de recharge.
Trois enseignements se dégagent de ces ordres de grandeur :
- Électrifier reste gagnant à toute heure. Même au pire moment de 2025, le kWh français émet 58 g, contre plus de 200 g pour le gaz brûlé dans une chaudière.
- Décaler les usages souples amplifie le gain. Une recharge de nuit en hiver émet un quart de moins qu'une recharge de 19 h, et une recharge d'été en journée deux fois moins.
- Le chauffage, lui, ne se décale pas. Il tombe par construction sur les heures les plus carbonées, ce qui rend la performance de l'appareil décisive.
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L'heure de consommation, le seul levier qui agit sur le réseau physique
Les contrats d'électricité verte reposent sur des garanties d'origine, un mécanisme comptable qui ne change pas l'électron livré chez vous. Nous l'avions montré dans notre enquête sur le mirage des offres vertes : seule l'heure à laquelle vous consommez modifie réellement les émissions du système. Le kWh de 3 h du matin en janvier, à 24 g, et celui de 19 h, à 31 g, sortent du même contrat et de la même prise.
Ce levier a aussi un prix, et trois formules de contrat le traduisent en euros :
- Les heures creuses, que le gestionnaire de réseau déplace progressivement vers l'après-midi pour suivre le solaire, coïncident de plus en plus avec les heures les moins carbonées. Au tarif réglementé, le kWh y vaut 16 centimes contre 21 en heures pleines.
- L'option Tempo renchérit les 22 jours rouges de l'hiver, précisément ceux où le gaz entre en jeu, et brade le reste de l'année.
- Les offres à prix dynamique de Sobry et Frank Énergie suivent le marché heure par heure, avec le risque de volatilité décrit dans notre analyse des offres indexées sur le prix spot.
Chauffe-eau, voiture électrique, appareils programmables : dans les trois formules, le réflexe est le même, placer ces consommations sur les heures creuses. Le classement ci-dessous compare les offres heures pleines / heures creuses du moment.
Top 5 des offres d'électricité HP / HC les moins chères en octobre 2026
Vérifié 02/10/2026
95779,75€/an
−736,05 € économisés /anAbo. 192,6016,05 €· HP 0,1947 € HC 0,1455 €
Vérifié 01/10/2026
96280,17€/an
−685,67 € économisés /anAbo. 190,3215,86 €· HP 0,1965 € HC 0,1467 €
Vérifié 02/10/2026
96280,17€/an
−685,66 € économisés /anAbo. 190,4415,87 €· HP 0,1965 € HC 0,1467 €
Vérifié 01/10/2026
97881,50€/an
−514,26 € économisés /anAbo. 187,8015,65 €· HP 0,1965 € HC 0,1603 €
Vérifié 18/08/2026
98482,00€/an
−463,82 € économisés /anAbo. 190,8015,90 €· HP 0,1983 € HC 0,1583 €
Vérifié 02/10/2026
95779,75€/an
−736,05 € économisés /an
Abo. 192,6016,05 €
HP 0,1947 €
· HC 0,1455 €
Vérifié 01/10/2026
96280,17€/an
−685,67 € économisés /an
Abo. 190,3215,86 €
HP 0,1965 €
· HC 0,1467 €
Vérifié 02/10/2026
96280,17€/an
−685,66 € économisés /an
Abo. 190,4415,87 €
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Vérifié 01/10/2026
97881,50€/an
−514,26 € économisés /an
Abo. 187,8015,65 €
HP 0,1965 €
· HC 0,1603 €
Vérifié 18/08/2026
98482,00€/an
−463,82 € économisés /an
Abo. 190,8015,90 €
HP 0,1983 €
· HC 0,1583 €
Profil : option Heures Pleines / Heures Creuses avec une puissance de 6 kVA et une consommation de 4 287 kWh par an.
Les écarts de tarifs sont calculés par rapport au Tarif réglementé d'EDF, via le comparateur Selectra.
Le signe indique que le fournisseur est partenaire de JeChange pour l'offre. Les numéros affichés sont non-surtaxés.
Une électricité qui doit porter 38 % de la consommation d'énergie en 2035
Ce plancher d'émissions arrive au moment où la programmation pluriannuelle de l'énergie, adoptée en février 2026, prévoit de faire passer l'électricité de 27 % à 38 % de la consommation finale d'énergie en 2035, pendant que les énergies fossiles reculeraient de 60 % à 30 %. Chaque chaudière, chaque moteur et chaque four qui bascule vers l'électricité s'adosse à ce kWh à 19,6 g, et la question n'est plus de savoir s'il est propre, mais à quelle heure il l'est le plus. C'est sur ce relief horaire que se joueront les prochaines réformes des heures creuses du tarif réglementé.
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