125,4 euros le mégawattheure, et ce que ce chiffre n'est pas
Le régulateur additionne l'ensemble des charges nécessaires à l'existence du parc de production et du réseau, puis les rapporte à la consommation française de 2025, pertes de réseau comprises.
Une mise en garde s'impose avant toute comparaison avec votre facture. Ces 125,4 €/MWh ne sont pas le prix que vous payez : ils excluent le coût de la fourniture, les taxes et la TVA, et ils ignorent les différences de tarification réseau selon les profils de consommateurs. Il s'agit de ce que coûte à la collectivité la production et l'acheminement d'un mégawattheure, pas d'une ligne du prix de l'électricité facturé aux ménages.
Pourquoi la structure des coûts change tout
Un système électrique dominé par le nucléaire, l'hydraulique, l'éolien et le solaire ne ressemble pas à un système au gaz. L'essentiel de la dépense est engagé avant même que le premier kilowattheure ne circule :
- Les centrales nucléaires et les parcs renouvelables coûtent surtout à la construction : leur combustible est bon marché, voire inexistant pour le vent et le soleil.
- Les réseaux de transport et de distribution sont un coût fixe presque pur : une ligne coûte le même prix qu'elle achemine beaucoup ou peu d'électricité, ce que traduit la structure du TURPE, le tarif d'utilisation des réseaux publics.
- Les coûts variables restent minoritaires, limités au combustible thermique et à une part des charges d'exploitation.
La logique est celle d'un péage d'autoroute : l'ouvrage est payé, chaque véhicule supplémentaire fait baisser le coût par passage. À parc inchangé, chaque térawattheure consommé en plus dilue une facture collective déjà engagée.
Ce que cinq millions de voitures électriques changeraient
L'effet se calcule simplement. Le simulateur ci-dessous répartit les 55,9 milliards d'euros de coûts complets sur une consommation nationale augmentée des usages que vous ajoutez, à parc de production inchangé.
Cinq millions de voitures électriques représentent 12,5 TWh, soit à peine 3 % de la consommation nationale actuelle. Le raisonnement a une limite que la CRE pose elle-même : au-delà d'un certain volume, une consommation supplémentaire finit par appeler de nouveaux investissements, donc de nouveaux coûts. Tant que le parc existant reste sous-utilisé, la dilution joue à plein.
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Le gâchis qu'entretient une consommation qui stagne
La sous-utilisation du parc n'est pas une abstraction comptable. Elle se mesure en électricité décarbonée produite pour rien, ou pas produite du tout :
- 3 TWh d'éolien et de solaire écrêtés en 2025, débranchés faute de débouché économique.
- 33 TWh de modulation nucléaire, soit 8 % de la production potentielle du parc, réacteurs bridés.
- 5 % de la production solaire potentielle jamais réalisée sur l'année.
Ce surplus se retrouve dans les prix de gros : 513 heures d'électricité à prix négatif ont été enregistrées en 2025, contre 179 sur toute la décennie précédente. Le pays a construit un parc capable de produire davantage que ce que ses usages actuels absorbent.
Les deux leviers que la CRE met en avant
La conclusion du régulateur ne dit pas de gaspiller l'électricité, et la nuance est décisive. Elle recommande de transférer vers l'électricité des usages aujourd'hui assurés par les énergies fossiles, ce qui augmente la consommation électrique tout en diminuant la consommation d'énergie totale du pays.
- Électrifier davantage d'usages pour absorber une production disponible qui ne trouve pas preneur, du véhicule électrique à la pompe à chaleur.
- Développer toutes les formes de flexibilité pour rapprocher les courbes de consommation et de production, à commencer par le placement des heures creuses et la valorisation des heures décarbonées, chantier que le régulateur a ouvert.
L'avertissement inverse figure dans la même note. Une hausse du parc renouvelable au-delà de 50 % de la puissance installée, avec une consommation qui stagnerait et des flexibilités insuffisantes, ne serait probablement pas soutenable à long terme. Le coût unitaire ne baisse que si les deux courbes avancent ensemble.
Ce que l'électrification change dans votre contrat
Basculer un chauffage ou une voiture vers l'électricité ne se limite pas à un achat d'équipement. Le profil de consommation du foyer change, parfois du tout au tout, et le contrat signé des années plus tôt devient rarement le bon.
Trois réglages méritent d'être revus dans la foulée d'une électrification :
- La puissance souscrite, qui conditionne le prix de l'abonnement et doit encaisser la pointe d'une recharge ou d'une pompe à chaleur.
- Le choix entre option de base et heures creuses, qui devient rentable dès qu'une part significative de la consommation est déplaçable la nuit.
- L'existence d'une offre dédiée à la recharge automobile, avec des plages nocturnes plus larges que les heures creuses classiques.
Un foyer qui ajoute 2 500 kWh de recharge annuelle sans revoir son contrat paie ces kilowattheures au tarif le moins avantageux de sa grille. Un passage en revue des offres les moins chères du moment prend quelques minutes et se rentabilise dès la première facture.
Top 3 des offres d'électricité HP / HC les moins chères en octobre 2026
Vérifié 01/10/2026
1 483123,58€/an
−211,72 € économisés /anAbo. 238,5619,88 €· HP 0,2106 € HC 0,1565 €
Vérifié 01/10/2026
1 486123,83€/an
−181,47 € économisés /anAbo. 241,9220,16 €· HP 0,2106 € HC 0,1565 €
Vérifié 01/10/2026
1 521126,75€/an
+171,45 € surcoût /anAbo. 241,9220,16 €· HP 0,2302 € HC 0,1335 €
Vérifié 01/10/2026
1 483123,58€/an
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Abo. 238,5619,88 €
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Vérifié 01/10/2026
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1 521126,75€/an
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Abo. 241,9220,16 €
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Profil : option Heures Pleines / Heures Creuses avec une puissance de 9 kVA et une consommation de 6 462 kWh par an.
Les écarts de tarifs sont calculés par rapport au Tarif réglementé d'EDF, via le comparateur Selectra.
Le signe indique que le fournisseur est partenaire de JeChange pour l'offre. Les numéros affichés sont non-surtaxés.
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