513 heures en un an, contre 179 en dix ans
L'année 2025 a fait exploser la dispersion des prix de gros, dans les deux sens. Les heures très chères ont progressé aussi vite que les heures gratuites, sous l'effet d'un parc de production très abondant certains jours et insuffisant à d'autres moments.
Le marché n'est pas devenu moins cher, il est devenu beaucoup plus contrasté. Cette dispersion se répercute d'abord sur les offres indexées sur les marchés, très minoritaires chez les particuliers. Depuis le 1er octobre 2025, le marché au comptant se règle même par tranches de quinze minutes, un pas de temps qui colle encore mieux aux variations du solaire et de l'éolien.
Pourquoi cette électricité quasi gratuite n'a servi à personne
Quand les prix tombent sous zéro, la production décarbonée disponible dépasse la demande, et les interconnexions avec les pays voisins ne suffisent plus à écouler le surplus. Le système en est réduit à débrancher des moyens de production. Le bilan 2025 dressé par la CRE :
- 3 TWh d'électricité renouvelable écrêtée, soit 1,6 TWh de solaire et 1,3 TWh d'éolien non injectés sur le réseau faute de débouché.
- 33 TWh de modulation nucléaire, environ 8 % de la production potentielle annuelle du parc, réacteurs volontairement bridés.
- 5 % de la production solaire potentielle perdue sur l'année, une proportion qui augmente à mesure que le parc grandit.
Cette électricité existait, elle ne coûtait rien, et elle n'a trouvé aucun preneur. Le même rapport montre par ailleurs que les capacités renouvelables installées depuis 2020 ont fait baisser la facture des ménages de près de 8 milliards d'euros en 2025. Le gisement d'heures très bon marché est donc structurel, pas accidentel.
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Le contrat qui répercute le prix heure par heure
Deux fournisseurs commercialisent en France une offre à tarification dynamique au sens strict : Sobry et Frank Énergie. Leur principe est identique et rompt avec le modèle classique.
Le prix du kilowattheure suit le cours horaire du marché de gros européen, sans marge ajoutée sur l'énergie. La rémunération du fournisseur tient dans un abonnement mensuel fixe, ce qui aligne ses intérêts sur ceux du client. Les prix du lendemain sont connus la veille en fin d'après-midi et affichés dans une application, souvent avec un code couleur.
- Un compteur communicant et la collecte horaire activée sont indispensables : sans mesure heure par heure, la facturation dynamique n'a pas de base de calcul.
- Des usages réellement déplaçables : recharge de voiture électrique, ballon d'eau chaude, lave-linge, chauffage à inertie.
- Une tolérance à la variation : le montant mensuel n'est jamais identique d'un mois sur l'autre.
Ces offres restent marginales en France, alors qu'elles sont banales aux Pays-Bas ou en Scandinavie. Le voisin espagnol est allé plus loin encore : son tarif réglementé suit directement le marché heure par heure, au point de devenir presque gratuit certains après-midi d'été. Le frein n'est pas technique mais culturel : un prix qui change vingt-quatre fois par jour demande de piloter sa consommation, pas seulement de la subir.
Le revers du décor : 1 807 heures au-dessus de 100 euros
Le même marché qui offre 513 heures gratuites facture aussi 1 807 heures au-delà de 100 €/MWh, essentiellement les matins et les soirées d'hiver, quand la France chauffe et que le soleil est absent. Un contrat dynamique expose intégralement à ces pointes.
- Un chauffage électrique non pilotable vous fait consommer précisément aux heures les plus chères.
- Une absence prolongée du domicile en journée empêche de profiter des creux solaires de la mi-journée.
- Un budget mensuel serré supporte mal une facture qui peut doubler en février et fondre en mai.
Certains fournisseurs plafonnent le prix mensuel pour amortir les envolées exceptionnelles. La règle reste la même : le tarif dynamique récompense le pilotage et sanctionne l'inertie.
Heures creuses et Tempo, la version accessible du même principe
Entre le prix unique et le prix horaire, les offres à plages tarifaires existent depuis longtemps et concernent des millions de foyers. Elles répercutent la même réalité physique, en beaucoup plus lisible :
- Les heures creuses classiques offrent huit heures moins chères par jour, désormais complétées par des plages en milieu de journée pour coller à la production solaire.
- Les offres de type Tempo distinguent les jours ordinaires, où le kilowattheure est très bon marché, des vingt-deux jours rouges de l'hiver, où il devient dissuasif.
- Les offres spécifiques à la recharge de voiture électrique ajoutent des plages nocturnes très avantageuses.
Le gain d'un basculement dépend surtout de la part de consommation réellement déplaçable. Un foyer qui décale son ballon d'eau chaude, son lave-vaisselle et sa recharge automobile capte l'essentiel du bénéfice sans changer ses habitudes de vie.
Top 3 des offres d'électricité HP / HC les moins chères en octobre 2026
Vérifié 01/10/2026
96280,17€/an
−685,67 € économisés /anAbo. 190,3215,86 €· HP 0,1965 € HC 0,1467 €
Vérifié 02/10/2026
96280,17€/an
−685,66 € économisés /anAbo. 190,4415,87 €· HP 0,1965 € HC 0,1467 €
Vérifié 01/10/2026
97881,50€/an
−514,26 € économisés /anAbo. 187,8015,65 €· HP 0,1965 € HC 0,1603 €
Vérifié 01/10/2026
96280,17€/an
−685,67 € économisés /an
Abo. 190,3215,86 €
HP 0,1965 €
· HC 0,1467 €
Vérifié 02/10/2026
96280,17€/an
−685,66 € économisés /an
Abo. 190,4415,87 €
HP 0,1965 €
· HC 0,1467 €
Vérifié 01/10/2026
97881,50€/an
−514,26 € économisés /an
Abo. 187,8015,65 €
HP 0,1965 €
· HC 0,1603 €
Profil : option Heures Pleines / Heures Creuses avec une puissance de 6 kVA et une consommation de 4 287 kWh par an.
Les écarts de tarifs sont calculés par rapport au Tarif réglementé d'EDF, via le comparateur Selectra.
Le signe indique que le fournisseur est partenaire de JeChange pour l'offre. Les numéros affichés sont non-surtaxés.
Ce que prépare le régulateur
La CRE ne se contente pas de constater le gâchis. Sa note se conclut sur deux leviers pour rapprocher la consommation de la production : électrifier davantage d'usages afin d'absorber l'électricité disponible, et développer toutes les formes de flexibilité.
Le régulateur indique avoir engagé des travaux sur les signaux tarifaires envoyés aux ménages, à commencer par le placement des heures creuses. Le déplacement progressif de ces plages vers le milieu de journée, là où le solaire sature le réseau, est la première traduction concrète de ces 513 heures à prix négatif dans le quotidien des foyers. Le même raisonnement inspire la notion d'heure décarbonée, qui identifie les moments où le mix électrique est le plus propre. Le prochain mouvement dépendra de la vitesse à laquelle les usages électriques pilotables se généraliseront.
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