Les grands groupes de l'énergie appellent l'Europe à l'aide

Dans une déclaration commune retentissante publiée en début de semaine, les PDG de huit grands groupes énergétiques (dont le français GDF Suez, l’allemand RWE et l’italien Enel) poussent un cri d’alarme et pointent les insuffisances de la politique communautaire menée jusqu’à présent. Bien au-delà des questions de développement durable, c’est la sécurité même de l’approvisionnement en énergie du continent qui pourrait être bientôt remise en question.

  • Publié le 23/05/2013 (mis à jour le 17/08/2018)
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Une rupture croissante de compétitivité entre Europe et Etats-Unis

L'Amérique du Nord, qui a choisi de se lancer avec audace dans l'exploitation des gaz de schiste dès l'apparition des premières technologies le permettant, commence déjà à retirer les fruits de ce choix politique. L'afflux de cette nouvelle énergie relativement abondante laisse les Etats-Unis avec un surplus considérable de charbon, désormais exporté en masse vers l'Europe. De nombreux pays européens, en effet, font actuellement le choix de faire tourner leurs centrales à charbon à plein régime, au détriment des centrales à cycle combiné gaz (CGG) : rien d'étonnant si l'on considère que le tarif du gaz naturel est, en moyenne, quatre fois plus élevé qu'outre-Atlantique. Un cercle vicieux qui semble enfoncer l'Europe, un peu plus chaque année, dans une dépendance énergétique inquiétante.

De plus, et c'est l'ironie du sort, l'exploitation des gaz de schiste aux Etats-Unis engendre finalement davantage de pollution indirecte en Europe qu'en Amérique du Nord, précisément à cause du retour en force du charbon sur notre continent. L'essor des énergies renouvelables, lesquelles font l'objet de subventions massives dans des pays comme l'Allemagne, ne saurait inverser la tendance et combler à lui seul les besoins énergétiques du continent, même à long terme.

Géants de l'énergie : une santé financière de plus en plus fragile

La fermeture des sites jugés non rentables, de même que le contexte économique global n'aident guère les grands énergéticiens à retrouver le sourire. Les cours de bourse dans le secteur de l'énergie se situent, en moyenne, à un seuil bas d'autant plus remarquable qu'il marque un contraste avec la remontée actuelle des grands indices. La perte d'attractivité sur les marchés est liée à un endettement croissant, lequel génère à son tour des programmes importants de cessions d'actifs pour retrouver une balance saine. Confrontés à une baisse notable des investissements européens dans les grands projets d'infrastructures énergétiques, et plus généralement à une absence de vision politique claire sur ce thème, les géants du secteur espèrent secouer les consciences jusqu'au plus haut niveau des États et de la Commission européenne.

Quelles sont les demandes formulées par les grands groupes ?

Les grands énergéticiens, au vu de la situation actuelle, aspirent avant tout à ce que l'Union européenne reprenne les commandes d'une véritable politique énergétique à la fois claire et ambitieuse.

Au titre des exigences principales, figure la mise en place d'un mécanisme de coordination permettant une rémunération équitable des différentes sources de production d'énergie au niveau européen, afin de rétablir l'attractivité du gaz par rapport au charbon. GDF Suez et les autres leaders du secteur plaident également pour que le marché des émissions de carbone, déjà existant, soit amélioré et bénéficie d'une plus grande lisibilité pour tous les acteurs industriels. Ils souhaitent enfin que l'Union européenne se montre plus volontariste dans sa politique d'investissement dans les grands chantiers énergétiques de demain, à commencer par un meilleur partage de l'électricité issue des sources renouvelables.

Bien que le sujet ne soit pas évoqué, le thème du gaz de schiste reste également dans tous les esprits. Avec l'influence combinée de la chancelière allemande Angela Merkel et du commissaire européen à l'énergie Günther Oettinger, les conclusions du sommet de mercredi devraient encourager pour la première fois le recours à des « énergies indigènes » dans les pays-membres le souhaitant. Un premier signe d'ouverture pour de nombreux acteurs soucieux du retard accumulé par l'Europe dans ce domaine, et un premier motif sérieux d'inquiétude pour les opposants.

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