Total, un « pétrolier responsable » ?

Face à la chute des revenus pétroliers, Total réorganise ses activités et adopte une nouvelle stratégie de diversification de ses activités.

Patrick Pouyanné
Selon le P-DG Patrick Pouyanné, One Total n’est « pas un plan stratégique mais bien une ambition » intégrant les problématiques et les grandes tendances à venir.

À la tête du géant pétrolier depuis dix-huit mois seulement, le P-DG de Total Patrick Pouyanné affiche ses ambitions pour le groupe et s'apprête à initier un important changement de cap. Une nouvelle organisation interne, présentée officiellement aux représentants du personnel et à la presse le 19 avril dernier, témoigne de la volonté de diversification de Total dans des domaines comme le gaz, les énergies vertes et l'électricité, via la création d'une branche entièrement nouvelle dès le mois de septembre.

Dans un contexte de revenus pétroliers en baisse, le P-DG saisit aussi l'occasion pour rationaliser les coûts de fonctionnement du groupe énergétique en regroupant certaines fonctions récurrentes au sein d'une même unité baptisée « Total Global Services ».

One Total : une ambition forte pour les deux prochaines décennies

Depuis quelques mois, l'état-major de Total travaillait déjà en toute discrétion sur une nouvelle ossature pour le groupe. Le but du projet, baptisé « One Total », est de donner au géant de l'énergie toutes les armes pour affronter les défis des vingt prochaines années.

Selon le P-DG Patrick Pouyanné, One Total n'est « pas un plan stratégique mais bien une ambition » pour l'entreprise. Ce projet entend prendre en compte les problématiques et les grandes tendances du XXIème siècle, dont notamment la question du réchauffement climatique et la diminution progressive de la part du pétrole dans le mix énergétique.

Gaz, énergies vertes, électricité : trois axes pour Total

Applicable dès le 1er septembre prochain, la modification la plus notable au sein de Total est la création d'une toute nouvelle branche d'activité qui portera le nom « Gas Renewables & Power ». Comme son appellation l'indique, cette structure se fixe comme priorité le développement rapide des activités de Total dans le domaine des énergies renouvelables, du gaz naturel et de l'électricité. Elle devrait regrouper les actuelles branches « Gaz » et « Énergies nouvelles », mais aussi le fonds de capital-risque « Total Energy Ventures » ainsi qu'« Awango ». Awango est un programme destiné à favoriser l'accès à l'énergie des ménages les plus modestes dans les pays en voie de développement via notamment la distribution de lampes solaires innovantes.

Outre la poursuite d'une stratégie « offensive » sur le secteur du gaz naturel, de nombreuses ambitions relatives aux énergies vertes et notamment à l'électricité verte ont été détaillées par Patrick Pouyanné à l'occasion d'une interview accordée récemment au quotidien Les Échos. Le groupe entend notamment intégrer d'ici vingt ans le « top 3 de l'énergie solaire », ou plutôt y rester puisque sa filiale américaine SunPower – fabricant de panneaux et centrales solaires – occupe déjà la deuxième place du podium mondial. D'autres projets liés aux biocarburants – dont la reconversion de la raffinerie de La Mède en bioraffinerie – ou aux biojets dans l'aviation laissent espérer au P-DG de Total que les énergies renouvelables représenteront, à terme, 20 % de son portefeuille d'activités.

Mais c'est surtout dans l'électricité, considérée comme « l'énergie du XXIème siècle », que Total souhaite imprimer sa marque. Sans aller jusqu'à se reconvertir en électricien, le géant pétrolier devrait lourdement investir dans « certains éléments de la chaîne de valeur » comme le trading d'électricité, le stockage d'énergie ou même des moyens de production d'électricité, via par exemple l'acquisition de centrales à gaz dans certaines parties du monde.

Total Global Services : priorité aux économies d'échelle

Le pétrole n'est pas oublié dans le nouveau projet de Total. L'exploration, la prospection et l'exploitation de l'or noir restent le cœur de métier du groupe, qui annonce cependant se concentrer désormais « sur les projets à bas coûts ». Cette stratégie est une conséquence directe de la chute vertigineuse des prix du brut, qui diminue la rentabilité des nouveaux forages. La tendance n'est d'ailleurs pas près de s'inverser selon Patrick Pouyanné. En accord avec l'Agence Internationale de l'Énergie, le P-DG pronostique une diminution de la part du pétrole « au profit du gaz et des renouvelables » dans les années à venir.

Se traduisant par une baisse de revenu pour Total, cette évolution incite le géant à maîtriser ses propres coûts et à rationaliser son organisation en vue de réaliser des économies d'échelle. C'est tout l'intérêt de la nouvelle branche baptisée « Total Global Services ». Celle-ci aura pour but de regrouper les fonctions support et certains services communs comme les achats de fournitures, l'informatique, la comptabilité, la formation, l'immobilier ou la gestion des ressources humaines. Autant de structures désormais centralisées, et qui devraient traiter avec les différentes branches du groupe selon un rapport inédit de prestataire/client. À eux seuls, les achats pourraient être réalisés en commun à hauteur de 10 ou 15 milliards d'euros annuels et générer ainsi d'importantes économies.

Ces changements devraient se réaliser, selon un engagement pris par la direction en comité central d'entreprise, sans aucune externalisation et ne passeront pas non plus par des mutations géographiques forcées ou des suppressions de postes.

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