Un déficit officiel étonnamment faible

En 2025, le déficit du système de retraite s'établit à 5,1 milliards d'euros, soit environ 1 % de ses ressources. Le chiffre est exact, et c'est celui que l'on cite le plus souvent, comme nous l'avons rappelé dans notre décryptage du coût réel des retraites en France.

Mais ce déficit ne dit pas tout. Une partie des ressources du système provient de contributions que l'État verse chaque année pour équilibrer les retraites de ses fonctionnaires et des régimes spéciaux. Or l'État est lui-même en déficit : cet argent est en grande partie emprunté.

Ce vertige chiffré ravive une question qui divise les Français. Et vous, qu'en pensez-vous ?

Pourquoi le vrai chiffre approche 20 milliards

Le rapporteur général du budget a chiffré ce surcoût à environ 15 milliards d'euros pour la seule fonction publique d'État, en comparant les pensions versées aux cotisations qu'un employeur ordinaire aurait payées. Ajouté au déficit officiel, le calcul aboutit à un « vrai » déficit proche de 20 milliards d'euros par an.

Ce chiffrage est assumé, mais il ne fait pas consensus. La Cour des comptes conteste cette lecture : selon elle, la présentation comptable ne change rien à la charge finale pour les finances publiques, déjà comptabilisée ailleurs dans le budget de l'État. Le débat, lui, reste entier.

D'où vient réellement l'argent

Le système de retraite mobilise environ 417 milliards d'euros de ressources. Deux tiers proviennent des cotisations des employeurs et des salariés. Le tiers restant vient d'impôts et de transferts : CSG, TVA affectée et subventions d'équilibre versées à certains régimes comme la SNCF, la RATP ou les mines.

C'est dans ce tiers que se loge la part empruntée. Les régimes spéciaux et de la fonction publique ne s'autofinancent pas : l'État comble l'écart chaque année, avec de l'argent qu'il emprunte lui-même puisqu'il est en déficit. Le déficit « officiel » ne mesure donc qu'une partie de l'effort réellement financé par la dette, ce que le compteur cherche précisément à rendre visible.

Une dette collective qui invite à épargner pour soi

Que le chiffre retenu soit 5 ou 20 milliards, la mécanique est la même : ce qui n'est pas couvert par les cotisations est financé par l'emprunt, donc par une dette que tous les contribuables portent ensemble. Une raison de plus de ne pas tout attendre du système.

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