Un plateau autour de 3,30 % installé depuis le printemps
Le taux moyen des crédits immobiliers a atteint 3,30 % en juillet, une quasi-stabilité après les 3,26 % de juin, selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA. La courbe raconte une année en deux temps : après un point bas à 3,17 % en décembre 2025, les barèmes ont regagné quatre à cinq centimes par mois en début d'année, avant de se figer entre 3,25 et 3,30 % à partir du printemps.
Les baromètres des courtiers dressent la même photographie pour août. Chez Empruntis, les grilles d'août reconduisent purement et simplement celles de juillet, toutes durées confondues. MoneyVox constate des taux globalement stables, tandis que Meilleurtaux relève une légère tension sur les prêts les plus longs, avec 0,09 point de plus sur 25 ans en un mois.
Les meilleurs dossiers décrochent nettement mieux : 2,85 % sur 15 ans et 3 % sur 20 ans chez Empruntis, autour de 3,05 % sur 25 ans pour les excellents profils selon MoneyVox. Un écart qui rappelle que la qualité du dossier et la négociation pèsent aujourd'hui davantage que le calendrier.
Pourquoi la baisse s'est arrêtée
Les banques calent leurs barèmes sur le coût de la dette française. Or l'OAT 10 ans, la référence des emprunts d'État, évolue entre 3,6 % et près de 4 % depuis le printemps, avec une pointe à 3,97 % le 19 mai. Tant que l'État emprunte à ces niveaux, les banques n'ont aucune marge pour abaisser leurs grilles sans rogner leur rentabilité.
La politique monétaire n'apporte pas de secours non plus. La Banque centrale européenne a relevé ses taux d'un quart de point en juin, portant le taux de dépôt à 2,25 %, avant de marquer une pause le 23 juillet. Le cycle de 2026 est orienté à la remontée, sur fond de volatilité des prix de l'énergie, et non à la détente. Seule bonne nouvelle réglementaire : le taux d'usure du troisième trimestre, fixé à 5,29 % pour les prêts de 20 ans et plus, laisse une marge confortable et ne bloque aucun dossier.
Signer maintenant ou attendre la rentrée ?
Les courtiers ne lisent pas l'automne de la même façon. Pretto juge que la stabilisation reste l'hypothèse la plus solide pour septembre, les banques restant en concurrence pour tenir leurs objectifs commerciaux. MoneyVox estime au contraire que les taux sur 25 ans pourraient s'approcher de 4 % à la mi-septembre si les tensions sur la dette française persistent, et Meilleurtaux conseille ouvertement de finaliser son dossier avant la rentrée.
Dans ce brouillard, l'arbitrage se résume à une asymétrie de risque. Voici ce qui plaide pour une signature estivale :
- Un pari perdant coûte cher : 0,30 point de plus sur un prêt de 200 000 € sur 20 ans représente environ 30 € de mensualité supplémentaire, soit plus de 7 000 € sur la durée du crédit.
- Une baisse future se rattrape : si les taux décrochent dans deux ans, la renégociation ou le rachat de crédit restent possibles, alors qu'une hausse subie ne se corrige pas.
- Des banques encore commerçantes : les écarts atteignent 0,60 point entre enseignes sur 25 ans selon Meilleurtaux, et la durée moyenne des prêts s'est allongée à 253 mois pour solvabiliser les dossiers.
À l'inverse, deux situations peuvent justifier d'attendre :
- Un dossier encore fragile : un apport renforcé ou une situation professionnelle stabilisée à l'automne obtiendra de meilleures conditions qu'un dossier moyen déposé en août.
- Un projet non sécurisé : sans compromis de vente signé, courir après un taux n'a pas de sens, l'accord de principe n'engageant pas la banque sur la durée.
Jouer la concurrence, le levier le plus sûr
Puisque le marché ne fera pas baisser la facture tout seul, c'est la mise en concurrence qui fait la différence. Solliciter plusieurs banques, directement ou via un courtier, permet de capter les 0,40 à 0,60 point d'écart qui séparent les enseignes les plus agressives des plus prudentes sur un même profil.
Cette négociation a souvent une contrepartie : la domiciliation des revenus, qui revient à changer de banque. Autant en profiter : les établissements se disputent les nouveaux clients à coups de primes de bienvenue, qui adoucissent au passage les frais de dossier du prêt.
Les meilleures offres de bienvenue du moment
- Pas de condition de revenus ni d'utilisation ni de domiciliation
- Paiements gratuits à l'étranger
- Garanties d'assurance et d'assistance premium
- Carte gratuite
- Sans condition de revenu
- Frais à l'étranger réduits (paiements en devises gratuits et illimités)
- Offre de bienvenue généreuse
- Paiements et retraits gratuits (zone euro)
- Dépôts de chèques (distributeurs Crédit Mutuel et CIC)
Classement par montant d'offre de bienvenue décroissant. Sélection d'offres établie par le courtier partenaire Selectra (liste non exhaustive). Montants issus des grilles tarifaires officielles des banques, vérifiés le 08/09/2026.
Le signe indique une banque partenaire de Selectra.
L'assurance emprunteur, l'autre gisement d'économies
Le taux nominal n'est qu'une partie du coût total : l'assurance de prêt en représente 20 à 40 % selon les profils. Depuis la loi Lemoine, elle se résilie à tout moment, sans frais, à garanties équivalentes, la banque disposant de dix jours ouvrés pour accepter ou motiver un refus. Le mécanisme a trouvé son public : près de 497 000 demandes de substitution ont été déposées en 2024, acceptées à 94 % selon le Comité consultatif du secteur financier.
Le gain dépend fortement du profil. Pour la majorité des emprunteurs, l'économie reste inférieure à 2 000 € sur un prêt type de 200 000 € sur 20 ans, mais elle grimpe à plusieurs milliers d'euros pour les jeunes emprunteurs non-fumeurs, les mieux placés pour faire jouer la délégation d'assurance.
Changer d'assurance emprunteur à tout moment La loi Lemoine permet de résilier son assurance de prêt sans frais, à garanties équivalentes : conditions et mode d'emploi.La fenêtre estivale n'a rien d'un plancher historique, mais elle offre une denrée rare sur ce marché : de la visibilité. Un dossier solide signé autour de 3,30 % cet été laisse peu de place aux regrets. Le pari inverse, lui, repose entièrement sur une accalmie obligataire que personne ne garantit.
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