Le crédit ballon : une formule réellement avantageuse ?

Assez proche du concept de « location longue durée » (LDD), la formule du « crédit ballon » est proposée par un nombre croissant de concessionnaires et de sociétés de crédit. Que faut-il en penser ?

  • Publié le 16/04/2012 (mis à jour le 15/11/2018)
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Le crédit ballon
Le saviez-vous ? Un crédit ballon peut être souscrit tout aussi bien par un particulier que par une personne morale, notamment une entreprise.

Devenir le propriétaire d'un véhicule neuf est un luxe que tout le monde ne peut pas nécessairement s'offrir au vu des prix affichés dans les concessions. Afin de profiter des avantages d'un véhicule récent et sécurisant, de nombreux particuliers se laissent désormais tenter par la formule du crédit ballon.

Celle-ci mélange certaines caractéristiques d'un crédit et d'une location et offre des mensualités plus faibles que les autres solutions de financement. Attention toutefois ! Le crédit ballon ne vous rend pas propriétaire du véhicule et vous imposera un certain nombre de contraintes au quotidien. Il ne convient donc pas à tous les automobilistes.

Principe du crédit ballon

Comme son nom ne l'indique pas, un crédit ballon s'assimile presque entièrement à un contrat de location de véhicule. Le concessionnaire met à votre disposition un véhicule neuf et vous réglez, en contrepartie, des mensualités pour une période variable allant de 12 à 48 mois. Ces mensualités remboursent uniquement les intérêts dus pour le prêt du véhicule, calculés selon un taux d'intérêt défini au contrat : vous ne devenez donc jamais son propriétaire.

Il sera le plus souvent nécessaire, par ailleurs, de vous acquitter en début de contrat d'un apport personnel plus ou moins conséquent, allant de 5 à 20 % du coût total du véhicule. Cet apport, de la même manière, est définitivement perdu.

À l'issue de la période de location, quatre solutions s'offrent à vous :

  1. Si vous souhaitez conserver le véhicule et en devenir le propriétaire, vous pouvez l'acheter pour une somme qui a été définie dès la signature du contrat. Cette valeur de rachat est appelée le « ballon ». La souscription d'un crédit auto classique peut alors s'envisager pour réunir la somme nécessaire.
  2. Si vous n'avez pas les moyens ou ne souhaitez pas racheter le véhicule, vous pouvez le restituer au concessionnaire et recevoir ainsi un solde de tout compte. Libre à vous, ensuite, de contracter un nouveau crédit ballon pour un nouveau véhicule si vous le souhaitez.
  3. Si vous pensez pouvoir obtenir un bon prix par vos propres moyens, vous pouvez aussi revendre le véhicule et utiliser le produit de la vente pour rembourser ensuite le ballon.
  4. Certains contrats, enfin, vous autorisent à prolonger la location pour une ou deux années supplémentaires.

Au-delà des apparences, le crédit ballon reste malgré tout un crédit. Vous pouvez notamment décider de procéder à son remboursement anticipé total ou partiel à n'importe quel moment. En cas de remboursement partiel, vos mensualités futures et/ou la durée totale du prêt seront ajustées à la baisse.

Quels avantages ?

Le principal avantage du crédit ballon est d'ordre financier. Pour un véhicule équivalent, les mensualités à payer seront nettement moins élevées dans le cas d'un crédit ballon que dans celui d'un crédit classique. Rien d'étonnant à cela, puisque dans le second cas vous devenez propriétaire du véhicule et devez assumer son amortissement. Concrètement, et si vous n'êtes pas attaché à la propriété de votre moyen de transport, vous aurez donc les moyens de rouler dans un véhicule plus haut de gamme en choisissant le crédit ballon.

Ce mode de financement, qui s'étale sur quatre ans au maximum, signifie aussi que vous roulerez avec un véhicule neuf ou très récent, un avantage certain qu'ont en commun crédit ballon et LOA (location avec option d'achat). D'où un supplément de confort et de bien-être au volant, mais aussi moins de frais d'entretien et de réparation à craindre. Un conducteur appréciant les véhicules récents et la souplesse de la formule pourra tout à fait trouver son compte en enchaînant les crédits ballons tous les deux ou trois ans, sans jamais s'acquitter de la valeur de rachat.

Quelles contraintes ?

Une fois que vous aurez adhéré au principe du crédit ballon, vous aurez vraisemblablement du mal à en sortir pour redevenir un propriétaire « classique » de véhicule. La valeur de rachat, à l'issue de la location, est en effet assez élevée de manière générale, et ne reflète pas la valeur réelle du véhicule. Son conducteur a donc tout intérêt à y renoncer et à prendre un nouveau véhicule via un nouveau crédit ballon, en sacrifiant au passage un nouvel apport personnel qui ne lui sera pas plus restitué que le précédent !

À ce stade, le conducteur qui aurait préféré un crédit auto classique ressort clairement gagnant, puisqu'il pourra financer en partie son nouveau véhicule avec la revente de l'ancien.

Bien que vous ne soyez pas propriétaire du véhicule, vous devrez en outre assumer à votre charge les frais d'entretien, les frais de réparation ainsi bien sûr que l'assurance automobile pendant toute la durée de la location.

Du point de vue du concessionnaire, enfin, il est nécessaire que la voiture ne perde pas trop de valeur pendant sa location. C'est la raison pour laquelle un kilométrage annuel maximal, souvent assez restrictif, vous sera imposé. Tout dépassement vous obligera à « racheter » les kilomètres en trop, pour un montant dissuasif. Le crédit ballon, autrement dit, est à éviter si vous faites beaucoup de route ou n'avez que peu de visibilité sur l'usage que vous ferez du véhicule !

À lire également : le guide pour tout comprendre au crédit auto
8 commentaires - Réagissez à votre tour
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olive  -  Le 11 avril 2015 à 22h13

excellent

Gousto  -  Le 5 août 2015 à 15h05

Intéressant

Eric K  -  Le 6 novembre 2015 à 21h38

Voilà le 2ème crédit ballon que je contracte et c'est un système qui me convient : pour une mensualité faible (156 € / mois pendant 42 mois) je roule dans un véhicule qui est chaque fois renouvelé ... après 42 mois, au moment où les frais importants vont arriver (inhérents à l'usage et l'usure de l'auto), je repars avec une neuve ... sans tracas !!

Natacha  -  Le 20 novembre 2015 à 12h36

bonjour Éric K!
Pourriez-vous me dire quelle marque/modèle/moteur vous avez choisi?

Natacha  -  Le 20 novembre 2015 à 12h36

Très intéressant!

Eric K  -  Le 24 novembre 2015 à 23h54

Bonjour Natacha,
En réponse à ta question, il s'agit d'une petite Hyundai I 10

Danielle  -  Le 26 novembre 2015 à 11h55

Que se passe t-il si la voiture est accidentée (déclassée) et qu'il y a un assurance omnium ? peut on continuer a payer le prêt ?
ou l'assurance doit-elle rembourser le prêt ?

JeChange  -  Le 21 décembre 2015 à 16h00

Bonjour,
 
Si la voiture n'est pas réparable à la suite d'un sinistre garanti par votre assurance, celle-ci vous indemnisera de la valeur vénale ou de remplacement du véhicule (le choix dépend de votre responsabilité dans le sinistre et de votre contrat).
La plupart des crédits consommation finançant un véhicule sont « non affectés » et donc ne prévoient pas que vous devez utiliser les indemnités de l'assurance (ou le fruit de la vente du véhicule) pour rembourser le prêt.
Vérifiez le toutefois dans votre contrat de crédit.
 
Une fois indemnisé par l'assurance, vous aurez alors la possibilité d'utiliser les fonds pour acheter un nouveau véhicule ou rembourser votre emprunt et en faire éventuellement un autre pour la nouvelle voiture.
 
Cordialement,

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