Le gouvernement prévoit une hausse de la consommation de 0,8 % en 2027 et fait de l'attentisme des ménages le principal risque de son scénario. Le budget n'est pas voté, et ces prévisions servent de base aux recettes attendues, notamment celles de la TVA.
Ce que prévoit Bercy
Le scénario du gouvernement repose sur une croissance de 1,0 % en 2027, après 0,5 % en 2026. Pour l'atteindre, il faut que les ménages dépensent une partie de l'épargne accumulée, sans pour autant revenir aux niveaux d'avant la crise sanitaire.
- Le taux d'épargne : 17,3 % du revenu disponible en 2027, avec un « reflux poursuivi ».
- La consommation : en hausse de 0,8 % en volume, après une année 2025 à 0,4 % selon l'Insee.
- L'investissement des ménages : en hausse de 2,5 %, porté notamment par le logement et le prêt à taux zéro ouvert aux jeunes parents.
La TVA, premier impôt de l'État, dépend directement de ces dépenses. Les recettes attendues passent de 99,7 à 107,0 milliards d'euros entre 2026 et 2027 dans le projet de loi de finances, comme le rappelle notre récapitulatif du budget.
Un taux d'épargne qui reflue lentement
Selon l'Insee, le taux d'épargne a atteint 18,5 % en 2024, puis 17,9 % en 2025. Il est tombé à 17,2 % au deuxième trimestre 2026, déjà sous le niveau prévu pour 2027, sous l'effet d'un pouvoir d'achat en recul de 0,6 % par unité de consommation.
La comparaison mêle des moyennes annuelles et des chiffres trimestriels, plus volatils. La tendance reste nette : le taux d'épargne baisse depuis le pic de 2024, mais lentement.
La baisse récente ne traduit donc pas forcément un regain de confiance. Les ménages épargnent un peu moins parce que leurs revenus progressent moins vite que les prix, et l'épargne reste à un niveau historiquement élevé : 48 % de l'épargne des Français dort à faible rendement.
L'attentisme, principal risque du budget
Le gouvernement le reconnaît dans son dossier : l'attentisme des ménages et des entreprises constitue le principal aléa national. Une levée des incertitudes réduirait cet attentisme et soutiendrait la consommation, mais l'inverse pèserait sur la croissance et sur les recettes.
- L'incertitude politique : un budget présenté comme « réversible », avant l'élection présidentielle de 2027.
- Les prix de l'énergie : le scénario suppose un baril à 80 dollars en 2027, après 88 dollars en 2026.
- La remontée de l'inflation : les prix ont progressé de 3 % sur un an en septembre, contre 2,4 % en août.
Chaque point de taux d'épargne représente une part importante de la consommation potentielle. Un ménage qui épargne 17 % de son revenu au lieu de 14,6 % met de côté environ 2,4 % de revenu supplémentaires, soit 72 € par mois pour un foyer disposant de 3 000 € nets. C'est cette réserve que le gouvernement espère voir revenir dans les commerces.
Les ménages ont plusieurs raisons de rester prudents. La perspective de hausses d'impôt ciblées, la sous-indexation de certaines pensions et le gel de plusieurs prestations entretiennent une épargne de précaution, qui peut tarder à refluer tant que l'horizon politique reste incertain.
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Une épargne qui perd face aux prix
Avec une inflation à 3 % et un Livret A rémunéré à 1,7 %, l'épargne la plus répandue perd du pouvoir d'achat. Sur 10 000 € placés, la perte réelle approche 126 € en un an, comme le détaille notre article sur ce que l'épargne perd chaque mois.
Le calcul compare le rendement net d'un placement à la hausse des prix sur un an. Bercy prévoit une inflation de 1,8 % en moyenne en 2027 : à ce niveau, un placement à 1,7 % resterait presque à l'équilibre.
LEP : le livret qui protège le mieux de l'inflation Conditions de revenus, plafond de 10 000 € et taux du moment : le livret réglementé le mieux rémunéré, ouvert à des millions de foyers.Où placer son épargne face à l'inflation
Les placements sans risque ne rapportent pas tous la même chose. Les épargnants modestes disposent du meilleur outil, souvent sans le savoir, quand les autres doivent arbitrer entre disponibilité et rendement.
- Le LEP d'abord : réservé aux revenus modestes, il rapporte plus que le Livret A, et 8 millions de foyers éligibles ne l'ont pas ouvert.
- Le fonds en euros ensuite : le capital reste garanti, et les fonds en euros reprennent l'avantage sur le Livret A.
- Le compte à terme pour une échéance connue : un compte à terme fixe le taux à l'avance pour une durée choisie.
- Les livrets sans prélèvements : le Livret A et le LDDS restent exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux, utiles pour l'épargne de précaution.
Un scénario qui dépend du vote
Ces prévisions accompagnent un budget qui n'est pas encore voté. Le Parlement examine le projet jusqu'en décembre, et le Haut Conseil des finances publiques rend un avis sur le réalisme du scénario économique, dont dépend le niveau des recettes.
Si les ménages restent prudents, la consommation progressera moins que prévu, et les recettes de TVA avec elle. Le gouvernement présente ce budget comme « réversible » après les élections de 2027, et une loi spéciale prendrait le relais faute de texte adopté au 31 décembre. Les épargnants peuvent aussi suivre le rendement des fonds en euros, publié en début d'année.
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