Cherchez votre commune dans la liste des 1 666
La majoration n'est pas ouverte à toutes les communes. Seules celles où s'applique la taxe annuelle sur les logements vacants peuvent la voter. Ce sont les communes classées en zone tendue par le décret 2013-392, modifié par le décret 2023-822 puis par le décret 2025-1267. Ce périmètre compte 3 689 communes en 2026. Les autres n'ont tout simplement pas le droit d'instaurer la surtaxe, quel que soit le nombre de résidences secondaires sur leur territoire.
L'outil reprend les deux listes du fichier de la DGFiP. Les communes qui majorent y figurent avec leur taux et la date de leur délibération. Les autres, plus de 2 000, sont dans le champ sans l'avoir jamais votée. Une commune absente de l'outil n'est pas dans le champ et ne peut donc pas majorer, tant que son classement en zone tendue ne change pas.
688 communes au maximum, 354 sous la barre des 20 %
L'article 1407 ter du code général des impôts fixe la fourchette : de 5 % à 60 % de la cotisation communale. Cette liberté de moduler le taux date de l'article 97 de la loi de finances pour 2017, qui a remplacé le taux unique de 20 % en vigueur jusque-là. Les communes s'en sont saisies vers le haut : le taux moyen national atteint 41,8 % en 2026, contre 41,4 % en 2025. Le taux médian s'établit à 40 %.
La distribution est très déséquilibrée. Quatre communes sur dix ont choisi le plafond sans étape intermédiaire, alors qu'une sur cinq reste à 20 % ou moins. Le taux d'une commune ne se devine jamais à partir de celui de sa voisine, même au sein d'une même intercommunalité. La décision reste strictement municipale. Cette surtaxe s'ajoute à la taxe foncière et aux charges fixes du logement, l'abonnement d'électricité compris, qui court même quand la maison reste fermée.
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La Bretagne majore dans 84,6 % des cas, la Corse dans 20,7 %
Le clivage régional ne recoupe pas la carte du tourisme. La Bretagne est de loin la région où la majoration est la plus répandue : 84,6 % de ses communes du champ l'appliquent. Son taux moyen, 50 %, est le plus élevé de France, devant la Nouvelle-Aquitaine et ses 49,4 %. À l'autre extrémité, la Corse plafonne à 20,7 %, l'Île-de-France à 29 % et les Hauts-de-France à 28,2 %.
En nombre de communes, le classement s'inverse au profit du Sud-Est. Auvergne-Rhône-Alpes (342 communes), Provence-Alpes-Côte d'Azur (340) et Occitanie (186) concentrent à elles trois 52 % du total national. Le relief pèse autant que le littoral : la Haute-Savoie et la Savoie totalisent à elles deux 233 communes majorantes, soit 14 % des 1 666. Dans ces départements, le logement reste vide une grande partie de l'année, ce que la garantie villégiature de l'assurance habitation couvre.
Cannes, Megève et Le Touquet ne l'ont jamais votée
Le fichier réserve une surprise. Des stations parmi les plus recherchées de France y figurent depuis des années sans avoir jamais délibéré. Cannes, Megève, Courchevel, Le Touquet-Paris-Plage, La Baule-Escoublac, Honfleur, Étretat et Cabourg n'appliquent aucune majoration en 2026, pas plus que Lille, Caen, Aix-en-Provence, Orléans ou Narbonne. Un propriétaire y paie sa taxe d'habitation au taux communal ordinaire.
- Paris majore depuis sa délibération du 31 janvier 2017, au maximum de 60 %, comme Lyon, Marseille, Nantes, Montpellier, Strasbourg, Rennes, Bordeaux et Nice.
- Le littoral et la montagne suivent le même chemin : Annecy, Biarritz, Bayonne, La Rochelle, Arcachon, Sète, Ajaccio et Saint-Tropez appliquent toutes 60 %.
- Trois communes très touristiques ont préféré un palier intermédiaire : Saint-Malo s'arrête à 45 %, Antibes et Chamonix-Mont-Blanc à 50 %.
- Sur la côte, plusieurs stations n'ont rien voté : Cannes, Le Touquet-Paris-Plage, La Baule-Escoublac, Honfleur, Étretat et Cabourg, alors que des communes voisines majorent à 60 %.
- En montagne, Megève et Courchevel restent également à l'écart, dans deux départements qui comptent pourtant 233 communes majorantes à eux seuls.
- Toulouse et Deauville s'en tiennent à 20 %, l'ancien taux unique, Toulouse sur une délibération de 2015 jamais révisée depuis.
Cette inertie n'a rien de définitif. Chacune de ces communes peut voter la majoration d'ici le 1er octobre pour une application l'année suivante, et le propriétaire ne l'apprendra que sur son avis d'imposition.
Résidence secondaire : ce qu'elle coûte et comment l'assurer Les règles qui s'appliquent à un logement occupé une partie de l'année seulement et le budget annuel à prévoir.Ce que la majoration ajoute vraiment sur l'avis
La surtaxe ne frappe pas la totalité de l'avis. Elle porte sur la seule part communale de la cotisation de taxe d'habitation sur les résidences secondaires. Les parts votées par les intercommunalités, les taxes annexes et les frais de gestion en sont exclues. Sur un avis dont la ligne « Commune » affiche 700 €, une majoration de 60 % ajoute 420 € par an. La ligne passe à 1 120 €.
Le montant réel se lit donc sur l'avis, jamais dans une moyenne nationale. Deux propriétaires d'une même commune, soumis au même taux de majoration, paieront des surcoûts très différents selon la valeur locative de leur logement. La somme part en une seule fois, comme la taxe foncière. Mieux vaut la provisionner sur le compte courant qui porte le prélèvement, ou l'inscrire au budget du logement selon la méthode 50-30-20.
Deux délibérations à surveiller avant le 1er octobre
La règle de calendrier n'a pas bougé : une délibération prise avant le 1er octobre d'une année produit ses effets à partir de l'année suivante. Les conseils municipaux qui votent d'ici le 1er octobre 2026 feront apparaître leur décision sur l'avis de 2027. Deux décisions de sens opposé se jouent dans cette même fenêtre.
- L'instauration ou la hausse de la majoration : une commune du champ peut la créer, ou relever son taux jusqu'à 60 %, par une simple délibération du conseil municipal.
- L'exonération des meublés de tourisme classés et des chambres d'hôtes : à partir de l'imposition 2027, toute commune ou intercommunalité peut les sortir de la taxe. Il faut avoir délibéré avant le 1er octobre 2026, une faculté jusqu'ici réservée aux zones de revitalisation rurale.
Cette seconde décision change l'équation pour les propriétaires qui louent une partie de l'année. Un logement classé meublé de tourisme peut, dans une commune qui délibère en ce sens, sortir entièrement de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, majoration comprise. Le calcul rejoint alors celui de la location de vacances et de l'investissement locatif, deux usages que la fiscalité locale traitera désormais différemment.
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