La prime de transport, facultative et plafonnée à 600 €
La prime de transport, que beaucoup appellent prime carburant, couvre les frais du trajet domicile-travail. Elle se distingue de la prise en charge de l'abonnement de transport public, obligatoire à hauteur de 50 %. Aucun texte n'oblige un employeur à la verser, et c'est pour cela qu'elle reste si peu réclamée.
Son périmètre dépasse le plein d'essence : elle couvre aussi l'électricité consommée pour recharger une voiture électrique, un hybride rechargeable ou un véhicule à hydrogène. Le plafond global atteint 600 € par an. Jusqu'ici, 300 € au maximum allaient au carburant proprement dit, et c'est cette répartition qui bouge en 2026.
De 300 à 600 € pour le carburant : une tolérance, pas encore un texte publié
Un projet d'arrêté porte la limite propre aux frais de carburant de 300 à 600 €, pour les sommes versées jusqu'au 31 décembre 2026. Ce texte n'était toujours pas publié au Journal officiel le 21 septembre 2026 : la mesure est annoncée, pas définitive.
Le Bulletin officiel de la Sécurité sociale, la documentation qui fait référence pour les employeurs et pour les contrôles, l'admet néanmoins par tolérance depuis le 6 août 2026. Une entreprise peut donc verser dès maintenant 600 € de prime carburant exonérée en s'appuyant sur cette tolérance. La somme arrive nette sur le compte courant, avec la paie.
- Ce qui est acquis : le plafond de 600 € de prime de transport, exonéré de cotisations comme d'impôt sur le revenu.
- Ce qui repose sur la tolérance du 6 août : la possibilité d'affecter ces 600 € au seul carburant, contre 300 € auparavant.
- Ce qui reste suspendu à la publication : l'arrêté lui-même, et la date de fin annoncée au 31 décembre 2026.
Les meilleures offres de bienvenue du moment
Classement par montant d'offre de bienvenue décroissant, puis par prix de la carte.
Hello bank!
d'avantages
0 €
par mois, carte comprise
BforBank
offerts
0 €
par mois, carte comprise
Monabanq
offerts
3,9 €
par mois, carte comprise
Hello bank!
d'avantages
0 €
par mois
BforBank
offerts
0 €
par mois
Monabanq
offerts
3,9 €
par mois
Sélection d'offres établie par le courtier partenaire Selectra (liste non exhaustive). Montants issus des grilles tarifaires officielles des banques, vérifiés le 08/10/2026.
Le signe indique une banque partenaire de Selectra.
Deux conditions suspendues élargissent la prime à bien plus de salariés
La prime était réservée aux salariés sans autre choix que la voiture. Deux verrous sont levés cette année. La condition d'absence de solution de transport collectif n'est plus exigée, et la prime devient cumulable avec la prise en charge obligatoire de l'abonnement aux transports publics, interdite auparavant.
Le changement vise les salariés des grandes agglomérations, qui prennent le train une partie de la semaine et leur voiture le reste du temps. Un salarié qui roule peu y gagne deux fois, puisque son faible kilométrage ouvre la porte à une assurance auto au kilomètre, sur un véhicule souvent financé par un crédit auto.
- Un salarié desservi par un bus ou un tramway peut recevoir la prime, sans démontrer qu'aucune ligne ne passe près de chez lui.
- Un salarié déjà remboursé de son abonnement de train peut y ajouter la prime pour les jours de voiture.
- La prime ne se réserve pas à quelques salariés choisis : elle doit bénéficier à tous selon les mêmes règles.
- Elle ne remplace pas un élément de salaire existant : la substitution expose l'entreprise à un redressement.
Le gazole à 2,408 € : ce que 600 € couvrent selon la distance
Le fichier officiel prix-carburants.gouv.fr donne la mesure de la tension. Au 21 septembre 2026 à 14 h 20, sur 9 803 stations, le gazole s'échange en moyenne à 2,408 € le litre et le SP95-E10 à 2,171 €. Le gazole a pris 75,5 centimes en un an, soit une hausse de 45,8 %, un rythme qu'aucun budget de ménage n'absorbe sans arbitrage.
Depuis le 22 juillet, TotalEnergies plafonne ses prix à 1,99 € le litre d'essence et 2,25 € le litre de gazole, 17 à 19 centimes sous les autres enseignes, et l'afflux de clients y vide les cuves. Au matin du 21 septembre, 15,6 % des stations manquaient d'un carburant et 10,3 % des deux.
Un salarié qui parcourt 30 km aller-retour par jour ouvré roule environ 6 600 km par an pour aller travailler, soit 220 jours de trajet. À 6 L aux 100 km et 2,171 € le litre, sa facture atteint 860 €. Les 600 € exonérés en couvrent 70 % et laissent 260 € à sa charge, contre la totalité du budget en dessous de 20 km aller-retour.
Ce calcul ne retient que le carburant, ni les péages, ni l'entretien, ni la décote. Le budget réel d'une voiture dépasse largement les 900 € de plafond, avant même d'y ajouter le prix de l'assurance auto, qui court toute l'année.
Le cumul avec le forfait mobilités durables porte le plafond à 900 €
Le forfait mobilités durables est le second étage du dispositif. Il prend en charge le vélo et le vélo à assistance électrique, le covoiturage, en conducteur comme en passager, les engins de déplacement personnel et les transports en commun hors abonnement. Quand l'employeur verse les deux aides, le plafond global d'exonération passe à 900 € par an et par salarié.
Une erreur revient régulièrement, et elle coûte cher : oublier de déduire la valeur des abonnements de transport déjà pris en charge lors du calcul du forfait. Si cette prise en charge obligatoire dépasse 900 € par an, ni le forfait ni la prime carburant ne sont exonérés de cotisations, et les frais de carburant perdent aussi leur exonération d'impôt sur le revenu.
La vérification tient en une addition, à faire avant le versement. Une somme requalifiée devient un salaire ordinaire, imposable et chargé, ce qui en efface tout l'avantage. Les 600 € libérés ont davantage leur place sur un livret A que dans un redressement.
Demander la prime : la démarche et les justificatifs attendus
La prime se met en place par un accord d'entreprise ou par une décision unilatérale de l'employeur, et elle se demande. Un salarié isolé obtient rarement gain de cause, alors qu'une demande collective aboutit bien plus souvent, le dispositif devant s'appliquer à tous selon les mêmes règles.
- Vérifier ce que prévoit déjà l'entreprise : accord de branche, accord d'entreprise ou note de service.
- Rassembler les justificatifs : factures de carburant ou relevés de recharge, carte grise et distance entre le domicile et le lieu de travail.
- Formuler la demande par écrit, en citant la prime de transport, le forfait mobilités durables et la tolérance applicable depuis le 6 août 2026.
- Passer par les représentants du personnel, pour transformer une demande individuelle en négociation collective.
- Contrôler le bulletin de paie au premier versement : la somme doit apparaître en ligne distincte, sans cotisation prélevée.
- Désigner le compte à créditer si la prime fait l'objet d'un virement séparé du salaire.
L'employeur doit pouvoir justifier la réalité des frais en cas de contrôle : facture, carte grise au nom du salarié, distance domicile-travail. Un versement sans pièce justificative reste exonéré jusqu'au contrôle, puis redevient du salaire chargé. Notre comparateur banques montre ce que coûte le compte qui recevra cette prime.
Les dernières actualités banque et crédit
Toutes les actualités
Vinted, Leboncoin : 30 ventes dans l'année et la plateforme transmet tout au fisc, les 3 cas imposables
Voiture électrique d'occasion : l'état de la batterie s'affiche désormais dans l'annonce, et il fait le prix
Plan d'épargne retraite : 30 % économisés à l'entrée, 30 % repris à la sortie, le seul gain est le délai