Où est allé l'argent placé en 2025
Les versements ont progressé de 10,9 % en 2025, à 194,0 milliards d'euros, tandis que les retraits et les sorties reculaient de 3,3 %, à 141,5 milliards. Les rachats, c'est-à-dire l'argent que les épargnants retirent eux-mêmes, ont baissé de 5,2 %.
Le détail par support montre un déséquilibre net. Les unités de compte ont reçu 39 % des versements mais plus de 80 % de l'argent resté dans les contrats, parce que les épargnants en retirent beaucoup moins que des fonds euros.
Le fonds euros revient pourtant de loin. En 2024, il avait perdu 4,7 milliards d'euros, davantage retirés que versés. Son retour dans le positif, à 9,1 milliards, reste modeste face aux 1 378,6 milliards d'euros qui y sont placés.
Deux points d'écart de rendement, deux années de suite
La raison de ce basculement tient dans les rendements. En 2025 comme en 2024, les unités de compte ont rapporté 4,6 % en moyenne, contre 2,6 % pour les fonds euros. Ces chiffres s'entendent nets des frais de gestion, mais avant prélèvements sociaux et impôt, dont le poids a été chiffré dans notre comparaison entre PEA et assurance vie.
Ces moyennes ne racontent pas tout. Celle des unités de compte mélange des fonds très différents, des obligations prudentes aux actions des pays émergents, et elle peut devenir négative une année de baisse des marchés. Le fonds euros garantit le capital, une protection qui a un prix : la part d'actions qu'il peut détenir reste limitée.
L'eurocroissance, une formule intermédiaire dont le capital n'est garanti qu'à une échéance fixée d'avance, a servi 3,1 % en 2025, après 2,8 % en 2024. C'est le seul support dont le rendement moyen a progressé d'une année sur l'autre.
Assurance vie : gestion libre, pilotée ou sous mandat Comment répartir son contrat entre fonds euros et unités de compte, et qui décide des arbitrages selon le mode de gestion choisi.Les assureurs poussent aussi dans ce sens
Le basculement ne vient pas seulement des épargnants. Beaucoup de contrats réservent leur meilleur taux de fonds euros aux versements qui comportent une part minimale d'unités de compte, fixée par chaque contrat. L'épargnant qui veut le bonus doit accepter du risque sur le reste.
Les arbitrages internes aux contrats confirment la tendance. En 2025, les épargnants ont déplacé 1 milliard d'euros de leurs fonds euros vers leurs unités de compte, alors qu'en 2024 le mouvement allait dans l'autre sens, pour 2,6 milliards. L'épargne investie en unités de compte atteint désormais 658,2 milliards d'euros, 32 % du total, contre 30 % un an plus tôt.
Pour l'assureur, l'intérêt est triple :
- Le risque de marché passe à l'épargnant : l'assureur ne garantit pas le capital, et mobilise donc moins de fonds propres pour le couvrir.
- Les frais sont plus élevés : aux frais de gestion du contrat s'ajoutent ceux de chaque fonds, prélevés directement dans sa performance.
- Le fonds garanti reçoit moins d'argent neuf à rémunérer, alors que sa réserve de bénéfices ne pèse plus que 3,7 % de l'épargne en fonds euros fin 2025, contre 4 % un an plus tôt.
Le top des assurances-vie du moment
Classés sur le rendement du fonds en euros, relevé par Selectra en août 2026.
LinxeaAssureur : Suravenir / Spirica
Rendement « jusqu'à », sous condition d'allocation en unités de compte
Mon Petit Placement
Rendement garanti du fonds en euros
Goodvest
Rendement garanti du fonds en euros
LinxeaAssureur : Suravenir / Spirica
Rendement « jusqu'à », sous condition d'allocation en unités de compte
Mon Petit Placement
Rendement garanti du fonds en euros
Goodvest
Rendement garanti du fonds en euros
Sélection non exhaustive de contrats d'assurance-vie partenaires de JeChange, classée sur le rendement du fonds en euros relevé par Selectra en août 2026 — les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Un rendement « jusqu'à » est un plafond conditionné à une part d'unités de compte dans le contrat, non un taux garanti.
Ce que votre répartition aurait rapporté en 2025
L'écart de 2 points se chiffre simplement sur un montant donné. Le calculateur applique les rendements moyens de 2025 à la répartition de votre choix, et affiche en regard la somme exposée aux marchés, sans garantie.
Sur 20 000 € placés à 40 % en unités de compte, le gain moyen de 2025 atteint 680 €, contre 520 € tout en fonds euros. Les 160 € d'écart se paient d'un risque sur 8 000 €, qui peuvent perdre de la valeur une mauvaise année.
Le bon dosage dépend moins de ce chiffre que de la date à laquelle l'argent servira. Une somme utile dans 2 ans a sa place sur un fonds euros ou un livret ; une épargne placée pour 10 ans ou plus peut supporter les à-coups des marchés.
Avant de suivre le mouvement, quatre questions
Le flux massif vers les unités de compte est une tendance de marché, pas une recommandation. Plusieurs vérifications s'imposent avant d'augmenter leur part dans votre contrat :
- À quel horizon l'argent servira-t-il ? En dessous de 5 ans, le risque de devoir vendre au mauvais moment reste élevé.
- Quels frais s'ajoutent ? Frais du contrat, frais de chaque fonds et éventuels frais d'arbitrage réduisent l'écart de 2 points.
- Le bonus de taux vaut-il la contrainte ? Un bonus de quelques dixièmes de point sur le fonds euros ne compense pas une baisse des marchés sur la part imposée en unités de compte.
- Qui décide des arbitrages ? En gestion libre, c'est vous ; en gestion pilotée, l'assureur, souvent contre des frais supplémentaires.
Ceux qui préfèrent garder leur épargne liquide ont d'autres options, et la question se pose d'autant plus que les ménages français laissent 770 milliards d'euros sur des comptes qui ne rapportent rien. Pour l'argent déjà en assurance vie, la réserve de bénéfices de 51 milliards que gardent les assureurs rappelle qu'un fonds euros se juge aussi sur ce qu'il a mis de côté.
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