Une adresse IP (Internet Protocol) sur un réseau, c’est un peu comme le numéro de la rue dans une adresse postale. Chaque ordinateur, chaque smartphone, chaque tablette doit en avoir une pour être identifié sur internet et pouvoir communiquer avec les autres. Elles sont du type 95.142.213.1. Depuis 1981, le système s’appuie sur le protocole IPv4, offrant plus de 4 milliards d’adresses différentes (2 puissance 32, pour être précis).
Avec IPv6, des adresses à foison
Mais cette fois, c’est la fin. Cette semaine, les derniers numéros IP encore disponibles ont été alloués par les organisations chargées de distribuer les adresses IP dans le monde. Nous sommes au taquet des possibilités. La faute à l’explosion des différents terminaux connectés à internet : serveurs, PC, portables, périphériques mobiles, mais aussi distributeurs de billets, guichets automatiques, appareils médicaux… Il faut vite vite passer au protocole suivant IPv6, qui va mettre à disposition 340 sextillions d’adresses (340x10 à la puissance 36). Une paille.
Des investissements lourds pour les FAI
Mais le passage d’un protocole à l’autre pose des problèmes, car les deux technologies ne peuvent pas dialoguer ensemble. La transition, déjà bien entamée, notamment aux Etats-Unis, risque de provoquer des couacs : ralentissement des débits et sites internet rendus inaccessibles aux internautes… L’Europe est très en retard pour faire la transition vers la norme IPv6. Les fournisseurs d’accès à internet font traîner les choses, car le changement de protocole nécessite un renouvellement de leur structure, donc des investissements. La saturation de l’IPv4 était pourtant inéluctable. Prévisible. La solution adoptée par certains fournisseurs d’accès qui consiste à faire partager une même adresse à plusieurs machines ressemble à un pansement de court terme. Difficilement conciliable avec les exigences de la loi Hadopi, ne serait-ce que pour identifier les internautes férus de téléchargements illégaux.
Maintenant, le Vieux Continent est au pied du mur. La pénurie totale devrait intervenir avant la fin 2011. Pour continuer de développer le web, il faudra intégrer IPv6. Les nouveaux appareils connectés sont d’ores et déjà compatibles avec cette norme. La balle est donc dans le camp des FAI.
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