Avec l’émergence des premières connexions par câble, l’enjeu s’est rapidement nommé « vitesse », puis « prix » grâce aux connexions illimitées. Aujourd’hui les consommateurs expriment de nouveaux besoins et bousculent l’ordre établi : liberté de déplacement, haute définition, convergence… Autant de nouveaux défis pour les connexions de maintenant et de demain. Panorama.
Le câble, l’ancêtre du Haut Débit
Comme son nom l’indique le câble est basé sur une technologie filaire : le câble coaxial. La principale particularité de ce type de raccordement est sa capacité à transmettre un signal analogique ou numérique en basse ou haute fréquence. À l’époque 20 à 30 fois plus rapide que les connexions dites « voix » (analogiques) le câble est largement distribué en France. Seulement, des limitations concernant la quantité de Mo téléchargeables entachent son succès, les dépassements de forfait étant légion. État du parc câble : Toujours actif, progressivement remplacé par de la fibre optique
ADSL, la revanche de la paire cuivre
Par « paire de cuivre » on entend raccordement téléphonique lambda, et par « ADSL » Asymetric Digital Suscriber Line soit Liaison numérique à débit asymétrique. L’ADSL est apparu en France en 1999 sous l’impulsion de l’opérateur historique France Télécom. Son avantage : proposer du haut débit illimité depuis une ligne téléphonique standard grâce à un cryptage haute fréquence (sous réserve d’éligibilité). L’ADSL devient au fil du temps un synonyme de convergence grâce aux possibilités offertes par les nouvelles générations de modem, les Box. Celles-ci permettent une exploitation plus étendue de la connexion Internet, en offrant par exemple la possibilité de téléphoner gratuitement ou presque partout dans le monde, et plus récemment de recevoir des chaînes de télévision en qualité numérique. • ADSL 2+ : Cette technologie est un surdéveloppement de l’ADSL standard. Dans certaines conditions (qualité physique du raccordement, distance entre le modem et le répartiteur, et surtout niveau de dégroupage - le dégroupage total étant le seul à ne pas générer de brouillage néfaste) elle autorise un débit plus élevé que sa petite sœur et est à l’origine des campagnes publicitaires prônant « l’ADSL à 20 Méga » : l’Adsl 2+ ayant un débit théorique maximal de 20 Mbit/sec soit 2,5 Mo/sec. • ADSL par satellite : plutôt confidentielle cette technologie permet de réceptionner et d’envoyer des données sur Internet via sa parabole. Demeurée longtemps l’usage réservé des professionnels en raison de tarifs très élevés - à partir de 200€/mois - elle est en passe de faire un retour en force sur le marché avec l’ouverture d’une offre 512kbit à 29,90€/mois chez Nordnet. Gros avantage de ce mode de connexion, il ouvre l’accès ADSL à des régions jusqu’à présent privées d’accès haut débit. État du parc ADSL : à ce jour le mode de connexion le plus répandu en France
Fibre Optique, oui mais jusqu’où ?
Ici l’information transite par la lumière. Diffusée dans la fibre, elle progresse en se reflétant sur une surface miroir tapissant l’intérieur de la gaine, ce qui lui confère une plus grande résistance à la distance, principal défaut de l’ADSL, dont les performances chutent drastiquement dépassés les 3000 mètres. En terme de débit, la fibre optique surclasse toutes les autres technologies en promettant des débits théoriques pouvant atteindre 32Gbit/sec, soit 4000 Mo/sec… En théorie bien sûr puisque dans la pratique, une fibre optique peut en cacher une autre : • FTTB ( Fiber To The Building) : à terme la norme la plus répandue, la FTTB est constituée d’une connexion en fibre optique s’arrêtant au pied d’un immeuble et prolongée jusqu’à l’abonné dans les derniers mètres via la paire de cuivre classique, celle également utilisée par le téléphone. • FTTH ( Fiber To The Home ) : sur le papier la meilleure solution en fibre optique, la FTTH déploie une connexion optique depuis le serveur de l’opérateur jusqu’à votre modem. • FTTLA ( Fiber To The Last Amplifier) : variante bon marché du FTTB, le FTTLA définie l’installation par l’opérateur d’une connexion fibre optique entre son serveur et le répartiteur le plus proche de l’abonné. La connexion se prolonge ensuite par câble coaxial ou cuivre. Dans les faits les opérateurs proposent une connexion à 100Mbit à l’instar de l’offre de Numéricâble. Développée dans les années 70 et actrice essentielle de l’avènement actuel des télécommunications, la fibre optique est aujourd’hui au cœur de tous les débats entre opérateurs et entités gouvernementales, son déploiement s’étant fortement accentué en fin d’année dernière en France, notamment sous l’impulsion des opérateurs voyant dans la fibre un nouveau marché à conquérir, mais également des autorités présageant un pallier « optique » incontournable. Pour le particulier, la fibre optique représente le futur dès à présent : téléchargement d’un cd de 700 Mo en 56 secondes, d’un album MP3 complet en quelques secondes, VOD HD instantanée… un avant goût du bonheur. État du parc fibre optique : 50000 abonnés en France en 2007, alors que le déploiement était encore timide… jusqu’à 10 fois plus en 2008.
3G : l’Internet est dans l’air
Développée à l’origine à destination des téléphones mobiles, la technologie 3G, aussi connue sous le nom d’UMTS, est de plus en plus usitée par l’informatique. L’explosion du marché des ordinateurs portables et l’introduction sur le marché couronnée de succès de l’EeePc -ordinateur allégé dédié à l’Internet - ont fait du 3G un incontournable de la mobilité. Pourtant, et malgré l’effort des opérateurs la couverture 3G demeure partielle, ne couvrant que 70% du territoire. Niveau débit, tout dépend d’où vous vous trouvez et de la vitesse à laquelle vous vous déplacez : • en zone rurale : 144 kbit/s (18 ko/s) jusqu’à 500 km/h ; • en zone urbaine : 384 kbit/s (48 ko/s) jusqu’à 120 km/h ; • dans un bâtiment : 2000 kbit/s (250 ko/s) depuis un point fixe. Conscient de l’enjeu soulevé par la 3G, l’ARCEP a annoncé l’attribution de la bande 900 Mhz (lien) - autrefois dédiée au GSM - à la norme mobile, ce qui va considérablement améliorer la qualité des connexions utilisant ce procédé. 3,5G… 3G+… HSDPA… Guerre des appellations pour cette norme déployée en France par SFR en 2006 et Bouygues en 2007. Grande sœur de la 3G, elle offre des débits descendants théoriques largement supérieurs puisque compris entre 1,8 Mbit/s (225 Ko/s) et 14,4 Mbit/s (1,8 Mo/s). Dans les faits, elle devrait progressivement supplanter la norme 3G, notamment sous l’impulsion de SFR et de sa clé 3G+.
Wimax : l’Internet de demain
Même s’il semble évident que demain sera optique, les technologies sans fil ont tout aussi certainement un rôle à jouer en matière de convergence numérique. Basé sur une méthode de transmission hertzienne le Wimax serait capable d’un débit de 12 Mbit/s (1,5 Mo/s) dans un périmètre de 20 kilomètres, contre quelques dizaines de mètres seulement pour son petit frère le Wi-fi. Plus fort, la connexion offerte par le Wimax est intelligente : elle adapte le débit alloué aux utilisateurs en fonction de leurs besoins. Exemple : un utilisateur en pleine visioconférence se verra allouer un débit plus fort qu’un autre utilisateur consultant ses mails. Aujourd’hui, le Wimax est sur le point de faire son apparition en France, les premiers départements éligibles en sont l’Ardèche (07) et la Seine-Maritime (76). Malheureusement, les coûts d’installation de l’antenne réceptrice -extérieure ou intérieure- avoisinant les 300€, cette solution n’intéressera que les usagers sans d’autres alternatives haut débit.
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