Plus de 900 000 PEL ouverts au premier trimestre

  • Publié le 07/07/2016
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PEL immobilier
Alors qu'il est censé participer au financement d'un projet immobilier, le PEL est aujourd'hui largement détourné de sa vocation initiale par ses détenteurs.

Le succès du PEL ne se dément pas. Cumulant pour les trois premiers mois de l'année plus de 900 000 ouvertures, son encours global pourrait dépasser celui du livret A et ce, dès cet été.

L'époque est peu idéale, voire franchement compliquée pour les épargnants qui recherchent LE placement financier magique cumulant un bon rendement avec une sécurité totale. Alors même que le livret A vient d’atteindre son plancher historique et que les fonds en euros des assurances-vie ont de plus en plus de mal à servir une rémunération décente aux assurés, les Français semblent se tourner vers des solutions alternatives et parfois surprenantes, à commencer par le Plan Épargne Logement (PEL).

Loin de sa vocation initiale, qui en faisait un outil permettant de se construire un apport avant un emprunt immobilier, le PEL s’est métamorphosé pour beaucoup de détenteurs en un pur produit d’épargne et affiche une santé insolente au premier trimestre 2016. Il faut dire que ses nombreux avantages en font désormais un produit unique sur le marché… et laissent craindre un rabotage significatif dans les mois à venir.

Ouvertures de PEL : le rythme s’accélère

Les chiffres récemment communiqués par la Direction générale du Trésor donnent une bonne idée des mouvements qui agitent actuellement l’épargne des Français. En effet, plus de 900 000 nouveaux plans d’épargne logement (PEL) ont été ouverts au cours du premier trimestre 2016. Soit une augmentation de 6 % par rapport à la tendance observée au premier trimestre 2015, déjà exceptionnelle pour l’époque. Le nombre total de PEL actifs à la fin mars est estimé à 16,5 millions, dont 5 millions ouverts depuis 2011 : un niveau qui n’avait plus été atteint depuis 2003.

La principale raison de l’engouement tient au calendrier. Le taux de rémunération des PEL signés à compter du 1er février 2016 est passé de 2 % à 1,5 %, ce qui a engendré en janvier une ruée des nouvelles signatures avant la date fatidique. Contrairement au livret A ou au livret de développement durable, en effet, le taux de rémunération appliqué au PEL a la particularité de ne plus changer après la signature. Les PEL ouverts en janvier conserveront donc leur taux de 2 % pendant toute leur durée de vie, qui peut atteindre 15 ans au maximum. Une accélération des ouvertures de PEL avait déjà été constatée en janvier 2015, juste avant le passage du taux de 2,5 % à 2 %.

Rappelons que le PEL est entièrement défiscalisé jusqu'à son douzième anniversaire et ne supporte que les prélèvements sociaux de 15,5 %. Un plan à 2 % rapporte donc 1,69 % net, et un plan à 1,5 % rapporte en fait 1,27 %. Dans les deux cas, cette performance est très largement supérieure aux livrets réglementés comme le livret A, qui plafonne péniblement à 0,75 % depuis près d’un an.

Un produit détourné de sa vocation en raison de ses atouts

Le plan épargne logement n’a pas été conçu comme un pur produit d’épargne. Contrairement au livret A, très liquide, le PEL se compose en principe d’une phase d’épargne de quatre à dix ans, pendant laquelle tout retrait, même partiel, entraîne une clôture immédiate. Arrivé à maturité, le PEL permet ensuite de bénéficier d’un « prêt épargne logement » dans des conditions préférentielles, assorti d’une éventuelle prime d’État.

Malgré ces contraintes, les épargnants plébiscitent le PEL pour sa rémunération élevée et ont appris à contourner les règles à leur avantage. Dès le deuxième anniversaire du PEL, notamment, il est possible de clôturer le plan et de récupérer son capital majoré des intérêts, avec pour seule pénalité le renoncement au droit à prêt. Attention : tout retrait plus précoce, en revanche, entraîne le recalcul des intérêts au taux du compte épargne logement, soit… 0,50 % !

Dans l’ensemble, le PEL propose donc une rémunération attractive, des contraintes modérées, une sécurité absolue du capital et, le cas échéant, peut toujours servir pour une opportunité immobilière dont l’épargnant voudrait profiter. Autant d’avantages qui attirent en masse les économies des particuliers.

Le PEL va-t-il bientôt voler la vedette au livret A ?

Le cabinet PAIR Conseil, cité par Le Figaro, estime que plus de 1,5 milliard d’euros ont été transférés depuis les livrets A jusqu’aux PEL pour le seul mois de janvier 2016. Une hémorragie qui se traduit aujourd’hui en chiffres. Alors même que l’encours global du livret A stagne à environ 250 milliards d’euros au mois de mai 2016, celui du PEL connaît une progression fulgurante. En hausse de 32,7 % depuis 2012, la somme totale déposée sur ces plans a grimpé de 6,5 milliards d’euros au premier trimestre 2016, pour atteindre un nouveau record de 248,6 milliards d’euros. Le PEL, autrement dit, talonne le livret A et le poids financier du premier devrait logiquement dépasser celui du second dès cet été.

Vers une baisse drastique du taux d’intérêt ?

Les épargnants prévoyants et déjà détenteurs d’un PEL seront à l’abri, mais les particuliers qui souhaiteraient ouvrir leur propre plan dans les mois à venir pourraient rapidement déchanter s’ils ne se pressaient pas ! La Banque de France critique depuis longtemps le niveau de rémunération du PEL, bien trop élevé eu égard aux conditions régnant actuellement sur le marché. Plusieurs observateurs pronostiquent déjà une diminution du taux à 1 % dès le début de l’année 2017. Un coup dur, qui pourrait cependant être compensé par une légère remontée du livret A à la faveur d’un retour de l’inflation.

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