Quelle est la moins chère des banques en ligne début 2016 ?

  • Publié le 05/01/2016
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banque en ligne
Proposant déjà la gratuité de nombreux services, les banques en ligne jouent notamment sur les frais de retrait ou liés aux découverts non autorisés pour se démarquer.

Comptant profiter au maximum d'un contexte très favorable à leur développement en ce début d'année, les banques en ligne redoublent d'efforts pour renforcer leur compétitivité.

C'est bien connu : les établissements bancaires les moins chers actuellement sont les banques 100 % en ligne, qui profitent d'une structure plus légère et de coûts réduits en personnel pour proposer de nombreux avantages attractifs comme la carte bancaire gratuite ou l'absence de frais pour la tenue du compte courant. Cependant qui parmi les banques en ligne peut se prévaloir de proposer les tarifs les moins onéreux ?

En ce début d'année 2016, et à l'occasion de la publication des nouvelles grilles tarifaires, les deux acteurs majeurs que sont Fortuneo et Boursorama se livrent une bataille sans merci pour s'approprier le titre de banque la moins chère. Les enjeux commerciaux, en effet, sont considérables : la généralisation des frais de tenue de compte au sein des banques de réseau pourrait entraîner, dans un avenir proche, une migration massive de la clientèle vers les établissements en ligne, et chacun souhaite remporter la plus importante part de ce gâteau…

Tarifs 2016 : Fortuneo passe à l'offensive…

La banque en ligne Fortuneo, filiale du groupe Crédit Mutuel Arkéa, a annoncé pour 2016 des baisses tarifaires très ciblées qui devraient avoir pour effet de la faire remonter dans le classement des banques les moins chères. Hors zone euro, l'établissement facturait jusqu'à maintenant 2 % des montants retirés dans les distributeurs de billets ou dépensés chez les commerçants. Ce pourcentage passe à 1,98 % à compter de 2016.

La diminution peut paraître faible, voire dérisoire, mais suffit en réalité à Fortuneo pour devenir plus compétitive que Boursorama, qui facture quant à elle ces services… 1,99 % ! Dans la mesure où les deux banques en ligne proposent déjà la gratuité pour un grand nombre de services, dont la carte bancaire ou la tenue du compte courant, il leur est nécessaire d'agir sur ces tarifs, jusque là plus confidentiels, pour se démarquer dans les classements.

Au-delà de cet ajustement symbolique, Fortuneo fait également un effort en 2016 concernant le taux d'intérêt appliqué à un découvert non autorisé. Ce dernier passe de 17 % en 2015 à « seulement » 16 % en 2016. La banque revient ainsi exactement au même niveau que Boursorama et BforBank. Elle reste toutefois moins compétitive sur ce point que la néerlandaise ING Direct (14 %) et surtout que Monabanq. Cette dernière fait en effet figure d'exception avec un taux de 8,13 % à peine… soit quasiment autant que le taux de 8 % appliqué par Fortuneo aux découverts autorisés !

…et Boursorama contre-attaque !

La banque en ligne Boursorama, filiale de la Société Générale, n'a visiblement pas l'intention d'abandonner sa première place dans le portefeuille des Français. Dès la fin de l'année dernière, l'établissement a réagi aux annonces de Fortuneo et a publié une nouvelle grille tarifaire, applicable à compter du 31 décembre 2015. Sa principale particularité : les frais de retrait au distributeur ou d'achat chez les commerçants hors zone euro passent de 1,99 % à 1,98 %. Ils s'alignent ainsi sans attendre sur le nouveau tarif de Fortuneo.

Les micro-ajustements réalisés par les deux leaders français de la banque en ligne n'augurent pas nécessairement une intense guerre des prix comme le marché de la téléphonie mobile a pu en connaître. Ils sont néanmoins rassurants pour leurs clients qui n'ont pas à craindre une augmentation des tarifs avant un bon moment ! Boursorama, qui ambitionne de regrouper deux millions de clients à l'horizon 2020 (contre environ 750 000 en 2015), se tiendra probablement à sa stratégie de prix bas au moins jusqu'à cette date.

Un contexte très favorable pour les banques en ligne

Au-delà des efforts qu'elles consentent elles-mêmes, d'autres évolutions prévues en 2016 vont contribuer à renforcer la compétitivité des banques en ligne et les rendre d'autant plus séduisantes aux yeux des clients en quête d'économies alléchantes.

Rappelons tout d'abord que, les uns après les autres, les grands réseaux bancaires réintroduisent actuellement des frais annuels pour la tenue des comptes courants. C'est le cas notamment de BNP Paribas et de la Société Générale en ce début d'année, sachant que les deux établissements pourraient être rapidement rejoints par LCL. Rendue nécessaire par la diminution des marges réalisées par les grandes banques dans un contexte de taux bas, cette évolution pourrait toutefois se retourner contre elles si un grand nombre de leurs clients faisaient le choix d'émigrer vers les acteurs en ligne.

D'autres clients pourraient aussi sauter le pas en prenant conscience du coût réel de leur banque actuelle. Un décret datant du mois de juillet 2014 et entré en vigueur le 1er janvier 2016 impose désormais à toutes les banques de nouvelles contraintes concernant la facturation des opérations liés à une irrégularité du compte. Ces contraintes concernent notamment les frais de rejet de chèque pour défaut de provision ou les fameuses commissions d'intervention en cas de découvert non autorisé. Concrètement, la banque ne pourra plus procéder sans préavis et immédiatement au prélèvement de ces frais, et devra les faire figurer sur le relevé de compte du mois précédent au moins 14 jours avant qu'ils soient effectivement débités.

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