Carte bancaire à débit immédiat ou différé : les clés pour bien choisir

  • Publié le 07/11/2016
  • Écrit par
  • Aucun commentaire
Différentes cartes bancaires
Le saviez-vous ? C'est vers le débit immédiat que se porte généralement le choix des Français pour leur carte bancaire.

À débit immédiat, différé ou encore avec autorisation systématique... Ces différents types de carte bancaire s'adressent à des publics bien spécifiques et n'affichent pas tous le même tarif. Nos explications.

Habitudes de dépense, profil psychologique, régularité des revenus… De nombreux critères jouent sur la façon dont chacun souhaite gérer sa trésorerie. Afin de répondre aux préférences personnelles de l’ensemble de leur clientèle, la plupart des établissements bancaires proposent différents types de carte de paiement.

Ainsi, certaines cartes ouvrent la possibilité d’un débit immédiat de chaque dépense sur votre relevé de compte quand d'autres autorisent un débit différé à une date fixe tous les mois. Sachez enfin que vous pouvez opter pour une carte bancaire à autorisation systématique, qui est l’équivalent du forfait bloqué en téléphonie et vous permet de dépenser sans jamais craindre le découvert.

La carte à débit immédiat : pratique, transparente mais rigide

Les cartes bancaires en circulation en France, dans leur grande majorité, obéissent au principe du « débit immédiat ». Comme son nom l’indique, le débit immédiat implique que toute transaction réalisée par carte fait l'objet d’une inscription très rapide – sous 24 à 48 heures – sur votre relevé de compte. L’argent nécessaire est ponctionné, et le nouveau solde s’affiche. Et ce, qu'il s'agisse d'un simple retrait d’argent à un distributeur de billets ou encore d'un achat réglé par CB en magasin.

La carte à débit immédiat séduit par sa simplicité d’utilisation et sa grande transparence. À tout moment, l’utilisateur peut notamment se connecter sur son espace en ligne pour jeter un œil à la liste de ses derniers achats ou retraits, et vérifier ainsi s’il pourra « finir le mois » sans encombre.

Conséquence directe : le débit immédiat a pour caractéristique d’être très rigide et de n’offrir aucune forme de protection si vous dépensez davantage d’argent que vous n’en avez ! Dans une telle situation, votre compte va passer immédiatement dans le rouge et va donc générer, à votre charge, de coûteux agios tant que vous ne pourrez pas le réapprovisionner.

Les agios seront même assortis de frais de commissions d’intervention – 8 € par opération jusqu’à un plafond de 80 € par mois – si vous n’avez aucune autorisation de découvert ou que vous avez dépassé cette dernière.

Dans la famille des cartes bancaires, la formule du débit immédiat est la moins chère de toutes. Elle constitue donc un choix naturel pour le client lambda, qui sait gérer son budget et apprécie de pouvoir suivre ses dépenses au fil du mois.

La carte à débit différé : souple, modulable mais piégeuse !

La carte bancaire à débit différé est nettement moins répandue dans le portefeuille des Français, ce qui s’explique probablement en partie par son coût un peu plus élevé. Comptez en moyenne 7 € à 15 € de plus par an par rapport à une carte à débit immédiat de même gamme.

Sur le principe, la carte à débit différé vous permet de fixer une date spécifique dans le mois pour l’intégralité de vos paiements par carte. Si par exemple vous vous offrez un restaurant à 50 € le 1er du mois, que vous réglez 100 € de courses au supermarché une semaine plus tard et que vous achetez enfin un cadeau d’anniversaire pour un montant de 50 € au 15 du mois, votre relevé de compte ne sera débité de la somme totale (200 €) qu’à la date convenue au contrat, soit par exemple le 28 ou le 29, juste après le versement de votre salaire.

À noter que ce débit sera indiqué sur une ligne unique du relevé, même si beaucoup de banques joignent aussi une annexe listant le détail des différentes dépenses.

Attention cependant : seuls les paiements par carte peuvent faire l’objet d’un débit différé ! Les retraits aux distributeurs de billets, quant à eux, continuent à être prélevés immédiatement sur le compte bancaire.

Retrait argent DAB

Retirer de l'espèce à un distributeur de billets constituera une opération prelevée immédiatement, même en usant d'une carte à débit différé !

Même si cette pratique n’est pas recommandée, le principal avantage de cette carte consiste à permettre une forme de « cavalerie budgétaire ». Vous pouvez effectuer un paiement dès maintenant, même si votre compte ne dispose pas des fonds nécessaires, en sachant que le débit n’interviendra qu’après le versement de votre salaire. Dans l’intervalle, vous ne paierez donc ni frais ni pénalités pour découvert.

Même les épargnants dans l’âme peuvent trouver eux aussi un attrait à cette carte, et profiter du délai de paiement pour faire travailler quelques jours leur argent sur un livret. Une astuce à réserver toutefois aux adeptes de la micro-gestion…

Contrairement à une idée reçue, la carte à débit différé n’est pas recommandée aux profils les plus dépensiers, et même bien au contraire ! Elle impose en effet de tenir une comptabilité rigoureuse pour s’assurer que la somme nécessaire sera bien disponible sur le compte au jour J. À défaut, les frais pour découvert et incident de paiement arrivent très vite et en cascade. Le débit différé présente un intérêt surtout de façon ponctuelle, pour quelqu’un qui sait gérer son budget mais qui a besoin d’une avance de trésorerie à titre exceptionnel.

La carte à autorisation systématique : rassurante mais contraignante

Une carte bancaire « à autorisation systématique » ou « anti-dépassement » se distingue des autres cartes sur un critère essentiel. Elle vérifie, avant la validation de chaque transaction ou retrait, que son détenteur dispose bien des fonds nécessaires sur le compte. À défaut, le paiement est tout simplement rejeté ! Le fonctionnement diffère donc de celui d’une carte classique, avec laquelle la somme aurait été inscrite en découvert et aurait donné lieu à des frais et pénalités.

Il n’existe, en toute logique, aucune possibilité de débit différé avec une carte à autorisation systématique. Le principe retenu est toujours celui du débit immédiat. Cette carte constitue la formule de paiement la plus recommandée pour les utilisateurs dépensiers ou simplement distraits. En théorie, elle élimine tout risque de découvert et peut donc constituer un excellent outil d’éducation à la responsabilité budgétaire, chez les plus jeunes notamment.

Dans les faits, il s'agit d'être prudent. Comme le note Jérôme Krausz, expert Banque & Crédit chez JeChange.fr, « cette carte n'est pas voyante, elle ignore tout des prélèvements ou opérations bancaires à venir ». Autrement dit, l'utilisation d'une carte à autorisation systématique n’exclut pas un minimum de bon sens. En effet, il n’est jamais agréable de se retrouver sans aucune ressource dès le 15 du mois, et de ne plus pouvoir payer l’essence ou la nourriture !

Gardez aussi à l’esprit que ces cartes ne fonctionnent pas chez tous les commerçants, et ne sont pas non plus utilisables dans certains automates comme les bornes de parking ou de péage autoroutier.

Le saviez-vous ? Une carte à autorisation systématique est très souvent la formule privilégiée, voire imposée par les banques pour les clients faisant l’objet d’une interdiction bancaire ou faisant valoir leur droit opposable à un compte bancaire.
Aucun commentaire - Soyez le premier à réagir
  • (obligatoire)
  • (obligatoire)