Quels rendements pour les contrats d'assurance-vie en 2015 ?

  • Publié le 12/01/2016
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rendement de l'assurance-vie en 2015
Malgré la baisse de leurs rendements, les fonds en euros des assurances-vie comptent toujours parmi les meilleurs produits d’épargne 100 % sécurisés.

Sans surprise, les fonds en euros des contrats d’assurance-vie devraient faire bien pâle figure en 2015. À quel taux seront-ils finalement rémunérés ?

Alors que leurs rémunérations commencent progressivement à être dévoilées au cours du mois de janvier par les différents groupes d'assurance, les fonds en euros des offres d'assurance-vie affichent des chutes assez nettes par rapport à 2014, qui avait pourtant déjà connu une performance plus que médiocre.

La faute est bien évidemment imputable à l'environnement économique actuel qui se caractérise par une inflation très basse, voire des périodes de déflation, et un taux directeur toujours maintenu au plancher par la banque centrale. Difficile, dans ces conditions, de proposer aux clients une rémunération à la fois attractive et sécurisée pour leur épargne ! La situation pourrait même continuer à se dégrader en 2016, si bien que de nombreux assureurs font le choix stratégique de renforcer leurs provisions dès maintenant.

Fonds euros : vers une baisse moyenne de 0,30 % en 2015

Les détenteurs de contrats d'assurance-vie attendent toujours le mois de janvier avec une certaine impatience. C'est en effet au cours de cette période que les assureurs dévoilent la rémunération définitive de leurs fonds en euros pour l'année précédente. Les premières nouvelles pour le cru 2015 ne sont guère réjouissantes : la baisse de rendement est généralisée, et s'échelonne selon les contrats de 0,15 à 0,35 %. Un constat inquiétant alors même que le rendement moyen des fonds en euros en 2014, établi à 2,54 %, constituait déjà un plus bas historique.

Bien que tous les rendements ne soient pas encore connus, le cabinet d'analyse Facts&Figures s'aventure à prédire un taux moyen de 2,25 % pour les fonds en euros en 2015. Ce taux équivaudrait à une rémunération d'environ 1,90 % net en tenant compte des cotisations sociales sur l'assurance-vie qui s'élèvent à 15,5 % des intérêts générés. On est donc bien loin de la situation qui prévalait il y a moins d'une dizaine d'années, à une époque où de nombreux fonds affichaient sans rougir des rendements de 4 à 5 % par an.

Tous les contrats sont plus ou moins touchés

Il était possible, jusqu'à présent, d'ignorer la dégradation des fonds en euros en orientant son épargne vers les contrats les plus compétitifs. Cependant, même les meilleures assurances-vie du marché marquent le pas en 2015 ! Nombreuses sont notamment celles qui ont décidé de passer sous le seuil symbolique des 3 % de rendement. C'est le cas de la MAIF (2,75 %), de la GMF (2,80 %) ou encore de la MACSF, dont les clients devront revoir leurs ambitions à la baisse et se contenter d'un taux – loin d'être mauvais – de 2,85 %.

À noter les cas exceptionnels des « Comptes Épargne » de la Mutuelle d'Ivry La Fraternelle (MIF), qui affichent encore 3,30 %, et surtout du fonds Sécurité Pierre Euro, investi dans l'immobilier tertiaire, qui affichait même 4 % en 2014. Ce dernier, toutefois, est présent exclusivement dans le contrat Sérénipierre qui exige une allocation importante du capital en unités de compte.

Le gros du marché devrait proposer un rendement compris entre 2 et 2,5 % (MMA, AG2R La Mondiale…), quand les moins performants iront même sous la barre des 2 % (1,80 % pour le Livret Vie chez la MACIF, par exemple).

À la clé, des arbitrages très délicats pour les assureurs

Continuer à satisfaire les assurés pour éviter des rachats massifs, s'adapter aux conditions actuelles du marché, ne pas se laisser distancer par la concurrence des autres fonds… Pour les assureurs, la fixation annuelle du taux de rendement des fonds en euros s'apparente de plus en plus à un numéro d'équilibriste, pour ne pas dire à la quadrature du cercle. En offrant un taux trop attractif, un assureur court le risque d'attirer des capitaux en trop grand nombre, et devra alors les rémunérer de sa poche puisque les obligations d'État ont actuellement un rendement très faible. En le baissant de façon excessive, évidemment, il fera fuir les épargnants vers d'autres contrats plus rémunérateurs.

Pour l'année 2015, de nombreux assureurs ont fait le choix de sacrifier un peu plus le rendement offert afin de renforcer leurs réserves. Cette décision stratégique vise à garantir un taux pas trop dégradé au cours des années à venir, qui ne devraient pas connaître une amélioration franche de la situation. La fameuse « provision pour participation aux bénéfices » (PPB) représente ainsi désormais 3,85 % des encours sur le contrat MMA Vie, contre 2 % en 2014. Même tendance chez Mutavie, filiale de la MACIF, qui fait passer cette réserve de 1,90 % à 2,47 % des encours. Il s'agit d'une gestion jugée raisonnable et prudente par la plupart des observateurs au vu des nombreuses incertitudes sur l'évolution future des marchés financiers…

Les fonds en euros restent compétitifs malgré tout

Malgré la baisse inexorable de leur rendement année après année, les fonds en euros des assurances-vie affichent toujours l'une des meilleures performances parmi les produits d'épargne 100 % sécurisés. Rappelons en effet que les livrets réglementés et entièrement défiscalisés, comme le livret A et le livret de développement durable, n'offrent plus que 0,75 % depuis le 1er août 2015. Le plan épargne logement (PEL) continue quant à lui à offrir 2 % avant prélèvements sociaux, soit 1,69 % net. Enfin, les « super-livrets » s'en tiennent à des taux promotionnels qui ne durent au mieux que quelques mois et doivent en plus subir le poids de la fiscalité.

Un fonds en euros à la performance moyenne, qui affiche par exemple 2,30 % en 2015 (soit 1,94 % après prélèvements sociaux), reste donc plus attractif au final, surtout si vous avez souscrit un contrat de plus de huit ans. Dans ce cas, vous bénéficierez pour tout rachat partiel d'un abattement annuel sur la plus-value de 4 600 € pour un célibataire et 9 200 € pour un couple. De quoi échapper à toute taxation pour la plupart des épargnants non pressés ! Il est enfin recommandé d'arbitrer une partie du capital investi en fonds euros vers des unités de compte pour améliorer la performance globale d'un contrat d'assurance-vie. Une allocation de 20 à 30 % de votre épargne vers ce type de fonds constitue une bonne base pour dynamiser votre épargne sans prendre des risques inconsidérés.

À savoir : Depuis le 1er janvier, les organismes proposant des contrats d'assurance-vie ont l'obligation de déclarer les détails de ces contrats afin d'alimenter le fichier FICOVIE. Gare aux redressements fiscaux pour ceux qui omettaient jusque-là de déclarer les revenus liés à cette solution d'épargne !
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