Nombre d'anomalies peuvent se glisser derrière une belle façade... Des anomalies qui pourraient freiner un acquéreur dans son achat. C'est à partir de ce constat qu'ont été conçus les diagnostics immobiliers : à travers différentes mesures (surface au sol, présence d'amiante, de thermites, ou bien encore installation gazière obsolète) ils sont censés établir la viabilité du bien vendu. Du simple au double pour un même diagnostic Pour un bien immobilier donné, le prix d'un diagnostic connaît des variations « extrêmes ». À la Rochelle - une des trois villes d'investigation de l'association - le moins cher coûtait 395€ contre 560€ pour le plus onéreux. Soit 42% d'écart, moins qu'à Besançon où avec des prix variant de 271€ à 410€, l'écart mesuré est de 51%. Des différences de prix mais aussi de durée Deuxième point intéressant de cette enquête, le temps passé à effectuer le diagnostic. Que ce soit à la Rochelle, à Besançon ou encore à Clermont-Ferrand, le temps minimum constaté a été de 30 minutes... pour un temps maximum oscillant autour des 2 heures. Une différence de durée qui n'a aucun rapport avec la qualité du diagnostic : en passant 2 heures dans une maison, une équipe de diagnostiqueur estime sa surface habitable à 250m², alors qu'en réalité celle-ci ne dépasse pas les 130m² ! Au contraire, en passant 50 minutes dans une maison un diagnostiqueur de Clermont-Ferrand a réussi à en établir la consommation énergétique à l'euro près... Des résultats le plus souvent erronés Toujours pour un même bien les conclusions de ces différents diagnostics se contredisent fortement. • En ce qui concerne l'amiante : à Besançon aucun des diagnostiqueurs n'aura décelé la présence de deux points « sensibles » mis en avant par la contre-expertise de l'UFC-Que Choisir. À la Rochelle seul un des deux endroits a été identifié par les professionnels...
- En ce qui concerne les thermites : Aucune thermite détectée, et pour cause : seul un des six diagnostiqueurs mandatés à la Rochelle a effectué le sondage des murs, seul test capable de repérer ou non la présence des parasites.
- En ce qui concerne le gaz et la consommation énergétique : Pour l'UFC-Que Choisir la mauvaise tenue de ces diagnostics immobiliers réside principalement dans une trop grande proximité entre les agents certificateurs et les professionnels de la vente. L'association parle même de commissions versées par les diagnostiqueurs aux agents immobiliers si ceux-ci leur envoient régulièrement de la clientèle.
Voilà comment un acquéreur rassuré par l'intervention d'un technicien « impartial » se voit en réalité trompé. Une situation considérée intolérable par l'association de consommateurs qui a assigné en justice une agence de certification à l'issue de son enquête. Source : UFC Que Choisir, Les Échos